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Fouilles du 1er au 4ième siècle: d'Argentoratum à Strasbourg ... ...

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www.musée-strasbourg.eu  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

STRASBOURG-ARGENTORATE

UN CAMP LÉGIONNAIRE SUR LE RHIN

(1e

 

R- 4E

SIÈCLE APRÈS J.-C.)

 

SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8

MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE

DE LA VILLE DE STRASBOURG

16 OCTOBRE 2010 / 31 DÉCEMBRE 2011

Relations avec la presse

Service communication des musées

Julie Barth

julie.barth@cus-strasbourg.net

Tel.: +33/(0)3 88 52 50 15

Fax: +/33(0)3 88 52 50 42

www.musees-strasbourg.org

DOSSIER DE PRESSE « STRASBOURG-ARGENTORATE, UN CAMP LEGIONNAIRE SUR LE RHIN

(1

 

 

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SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8 »

MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG, 16 OCTOBRE 2010 - 31 DÉCEMBRE 2011

1

1. RENSEIGNEMENTS PRATIQUES PAGE 2

2. LE PROJET PAGE 3

3. UN PARTENARIAT TRANSFRONTALIER PAGE 4

4. TROIS SITES POUR UNE HISTOIRE COMMUNE PAGE 5

Les fouilles du « Grenier d’Abondance »

Les fouilles de la rue Brûlée

Les fouilles de la rue de la Mésange

5. LA VIII

 

 

e

LÉGION AUGUSTE PAGE 7

La VIII

 

e

légion avant Strasbourg

La VIII

 

e

légion à Strasbourg

6. DÉCOUVRIR LA VIE QUOTIDIENNE DES LÉGIONNAIRES PAGE 8

7. LE LÉGIONNAIRE, UNE FIGURE MYTHIQUE PAGE 9

De la publicité à la bande dessinée

Le regard contemporain de Bernard Latuner

8. AUTOUR DE L’EXPOSITION PAGE 10

9. LISTE DES VISUELS DISPONIBLES PAGE 11

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MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG, 16 OCTOBRE 2010 - 31 DÉCEMBRE 2011

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1. Renseignements pratiques

Lieu :

Musée Archéologique de la Ville de Strasbourg

(salle d’expositions temporaires et parcours dans toute la section gallo-romaine du musée)

Palais Rohan, 2 place du Château, Strasbourg

Tél. : 03 88 52 50 00

Horaires :

Les lundi, mercredi, jeudi, vendredi de 12 h à 18 h

Les samedis et dimanches de 10 h à 18 h

Fermé le mardi

Fermé le 1

 

 

er Janvier, Vendredi Saint, 1er Mai, 1er

et 11 novembre et le 25 décembre.

Accueil des groupes :

Réservation obligatoire auprès du Service Educatif des Musées de la Ville de Strasbourg.

Tél. : 03 88 52 50 50 (du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 30)

Pour les visites scolaires, consulter la brochure des actions éducatives

(

 

 

www.musees-strasbourg.org/visites

, ateliers/ actions éducatives)

Pour toute information : du lundi au vendredi, de 14 h à 17 h au 03 88 52 50 04

Fax : 03 88 52 50 41.

Prix d’entrée :

Tarif normal : 5 euros

Tarif réduit : 2, 50 euros

Gratuité :

- moins de 18 ans

- carte Culture

- carte Atout Voir

- carte Museums pass Musées du Rhin supérieur

- carte Éduc’Pass

- visiteurs handicapés

- étudiants en histoire de l’art et en archéologie

- personnes en recherche d’emploi

- bénéficiaires de l’aide sociale

- agents de la CUS munis de leur badge

- pour tous, le 1

 

 

er

dimanche de chaque mois.

Pass 1 jour : 8 euros, tarif réduit : 4 euros

Pass 3 jours : 10 euros, tarif unique (accès à tous les musées de Strasbourg et à leurs expositions

temporaires)

Museums Pass Musées - 1 an, 180 Musées : tarif individuel 69 euros ; tarif familial 119 euros (accès

à plus de 180 musées en Alsace, Suisse et Allemagne).

Catalogue :

Un catalogue d’environ 250 pages, abondamment illustré, accompagne l’exposition.

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2. Le projet

De nombreuses fouilles archéologiques ont été menées au cours des dernières années sur le site du

camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate et de ses abords immédiats : place du Petit-Broglie

(Grenier d’Abondance), rue Brûlée, rue de la Mésange… à l’occasion de travaux de rénovation de

bâtiments anciens ou d’implantation de nouvelles infrastructures urbaines. Ces recherches ont

permis de recueillir d’innombrables informations sur la topographie de la zone nord du camp et sur

son évolution au fil du temps.

L’histoire du camp légionnaire est aussi celle des troupes qui y ont été cantonnées durant près de

cinq siècles, ainsi que celle des habitants venus s’établir dans les quartiers civils proches du camp,

attirés par l’important centre de consommation que représentait la légion. La VIII

 

 

e

légion Auguste,

qui est restée stationnée à Argentorate durant quatre siècles et est ainsi devenue la légion

strasbourgeoise par excellence, a fortement marqué l’histoire antique de l’Alsace. Des éléments

chronologiques nouveaux sont venus préciser son histoire et la date de son transfert à Strasbourg,

grâce en particulier aux fouilles du camp de Mirebeau en Bourgogne dirigées par le professeur

Michel Reddé.

Le huitième volet de la série d’expositions « Fouilles récentes » s’est donc donné pour objectif de

présenter une synthèse actualisée sur l’histoire du camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate et de

faire découvrir au public la vie quotidienne des légionnaires cantonnés sur la frontière rhénane

jusqu’au V

 

 

e

siècle après J.-C.

Exposition organisée par les Musées de la Ville de Strasbourg

Roland Ries

Sénateur, Maire de la Ville de Strasbourg

Daniel Payot

Adjoint au Maire chargé de l’Action culturelle

Joëlle Pijaudier-Cabot

Directrice des Musées de la Ville de Strasbourg

Commissaires de l’exposition :

Bernadette Schnitzler, Conservateur en chef du Musée Archéologique de Strasbourg

Gertrud Kuhnle, archéologue à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives

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3. Un partenariat transfrontalier

La participation de spécialistes allemands et suisses est venue compléter la petite équipe mise en

place pour la conception scientifique du projet, autour du Musée Archéologique et de l’Inrap.

Le développement de l’archéologie préventive a été favorisé par la multiplication des grands travaux

d’aménagement et d’urbanisme et par la prise de conscience d’une destruction accélérée et

irrémédiable d’innombrables sites archéologiques. La naissance de l’Institut National de Recherches

Archéologiques préventives (Inrap) est venue répondre en 2001 à ces besoins nouveaux de la

recherche. À une archéologie de sauvetage souvent précaire, s'est substituée ainsi dans les

dernières décennies du XX

 

 

e

siècle, une archéologie contractualisée entre aménageurs et opérateurs

de fouille. Des conventions sont établies sous l'égide des Services Régionaux de l'Archéologie et la

fouille prend désormais place dans la planification des grands chantiers. Cette politique concertée a

permis des progrès considérables pour la connaissance du passé, tout en conciliant activité

économique et nécessaire prise en compte du patrimoine archéologique avant sa destruction.

L’Inrap est ainsi devenu l’un des partenaires privilégiés du Musée Archéologique pour la valorisation

des résultats des recherches archéologiques menées en Alsace. Un partenariat spécifique a été plus

particulièrement développé dans le cadre de cette exposition, dont l’un des commissaires est

Gertrud Kuhnle, archéologue et responsable scientifique à l’Inrap, qui a dirigé les fouilles de deux

des trois principaux chantiers présentés. Plusieurs autres archéologues de l’Inrap ont également

collaboré au projet par la présentation de leurs travaux sur des thèmes plus spécialisés : pièces

d’équipement militaire, carrières, alimentation,…

Outre la participation de Michel Reddé, professeur à l’École pratique des Hautes Études et

spécialiste de l’histoire militaire antique, des archéologues suisses (Jürgen Trumm) et allemands

(Alexander Heising, Martin Wieland) travaillant sur l’histoire du

 

 

limes

réto-danubien et des camps de

Mayence (Allemagne) et de Vindonissa (Suisse) se sont joints également à l’équipe scientifique

réunie autour de l’exposition. Plusieurs prêts importants ont été consentis, par ailleurs, par les

partenaires de l’exposition.

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4. Trois sites pour une histoire commune

Si le tracé de l'enceinte du camp d'Argentorate est relativement bien connu grâce aux observations

faites depuis le XVIII

 

 

e

siècle, sa topographie interne reste beaucoup plus incertaine. La continuité de

l'occupation de l'époque romaine à nos jours rend en effet difficile l’étude de la trame spatiale

antique, malgré d'innombrables observations ponctuelles effectuées depuis le milieu du XIX

 

 

e

siècle.

Les vestiges de bâtiments partiellement mis au jour ont donc été identifiés jusqu’alors surtout par

comparaison avec le plan-type d’autres camps légionnaires fouillés sur de larges superficies en

Allemagne ou en Suisse.

Les fouilles du « Grenier d’Abondance »

La réhabilitation du « Grenier d’Abondance », un remarquable édifice médiéval situé place du Petit-

Broglie, a été effectuée pour accueillir des services de l’Opéra national du Rhin tout proche. Cette

opération a fourni l’occasion d’étudier ce très original grenier à blé du XV

 

 

e

siècle (l’un des plus grands

d’Europe et le seul conservé presque intact aujourd’hui), ainsi que le sous-sol de ce secteur situé sur

le tracé du rempart antique.

Les fouilles menées par l’Inrap de novembre 1999 à mai 2000 (direction : G. Kuhnle) ont permis

d’analyser la chronologie détaillée des installations militaires romaines de ce secteur du camp. Les

premiers ouvrages en relation avec l’armée sont mis en place vers la fin du I

 

 

er

siècle après J.-C., dès

que la VIII

 

 

e

légion Auguste est arrivée à Strasbourg ; il s’agit d’un rempart construit en terre et en

bois, avec son fossé et une voie de circulation interne, la

 

 

via sagularis

, établie à 6 m de distance du

rempart.

Un bâtiment de 14,80 x 4,40 m est construit vers 100 après J.-C. dans l’

 

 

intervallum

, entre la voie et

le rempart : il s’agit d’un atelier comprenant une dizaines de fours à pain. Ce fournil légionnaire a

fonctionné dans la première moitié du II

 

 

e

siècle, avant qu’un atelier plus grand ne soit construit vers

140-150.

Un rempart en pierres calcaires avec triple chaînage de briques est édifié au cours du II

 

 

e

siècle,

adossé contre le rempart en terre et en bois. Cette enceinte du Haut-Empire est enchemisée à son

tour dans une nouvelle courtine dotée d’une tour rectangulaire au IV

 

 

e

siècle. Les fondations et les

techniques de construction de ces fortifications successives ont pu être examinées de façon

détaillée.

Les fouilles de la rue Brûlée

La construction de l’École régionale des Avocats du Grand Est a fourni une nouvelle occasion

d’explorer un secteur important du camp légionnaire. Des fouilles archéologiques préventives ont été

menées par l’Inrap en 2008 dans la cour de cette ancienne annexe du Conservatoire de musique

(direction : G. Kuhnle). L’exploration en profondeur du sous-sol sur 400 m² a permis d’appréhender

sur la longue durée

 

 

- du Ier siècle après J.-C. à nos jours -

l’histoire de ce site proche de l’enceinte du

camp romain. Pour la période romaine, l’intérêt majeur réside dans la découverte de vestiges d'un

baraquement militaire et d’une rue parallèle à la

 

 

via sagularis

.

La première tentative de viabilisation du site, perceptible à travers quelques tranchées, est victime

d’inondations. Suit, à partir de 40 de notre ère, une occupation caractérisée par des tranchées selon

un tracé orthogonal similaire au précédent, indices de l’installation d’un bâtiment en terre et en bois.

D’importants travaux de nivellement du site lui succèdent pour assainir et préparer le terrain pour

l’installation d’un camp fixe pour la VIII

 

 

e

légion vers la fin des années 90 de notre ère.

Une ruelle antique, large de 4 m et parallèle à la

 

 

via sagularis

(qui fait le tour intérieur de l’enceinte

d’un camp), était bordée de portiques. Un vaste bâtiment aux rangées de pièces de taille identique

disposées en enfilade, correspond à une grande baraque double légionnaire. Il abrite les

contubernia

 

 

, chambrées de huit soldats constituées de deux pièces conjointes : une petite

antichambre (

 

 

arma) et une grande chambre (papilio)

à l’arrière. Cet édifice est régulièrement

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entretenu entre la fin du I

 

 

er et le début du IVe

siècle après J.-C. Sa fouille a livré vaisselle, meules,

pièces d’armement et objets quotidiens appartenant à l’équipement personnel des légionnaires.

La continuité de l’occupation du site durant le Moyen Âge se traduit, en particulier, par la présence

d’une cabane semi-enterrée à six poteaux datée de la deuxième moitié du VI

 

 

e et du VIIe

siècles. Elle

constitue une découverte tout à fait exceptionnelle, car il s’agit là de la première habitation du haut

Moyen Âge fouillée dans l’emprise même du camp légionnaire de Strasbourg !

Les fouilles de la rue de la Mésange

La maison en terre et bois dégagée en 1999 à l’intersection de la place Broglie et de la rue de la

Mésange, lors des travaux de la ligne B du tramway (fouilles J. Baudoux), représente un remarquable

exemple de construction de type de « maison longitudinale », installée dans les

 

 

canabae legionis,

au

plus près du camp au moment de sa construction par la VIIIe légion. C’est la première fois qu’un tel

exemple est mis en évidence avec certitude à Strasbourg.

Enfoui à 2,50 m en moyenne sous la chaussée actuelle, cet ensemble dont les éléments en bois

étaient très bien préservés par le milieu tourbeux, était implanté sur une parcelle longitudinale

perpendiculairement à l’axe de la voirie. Le bâtiment, couvert d’une toiture en roseau, s'ouvrait sur le

prolongement de la

 

 

via principalis du camp qui menait vers Brocomagus

-Brumath. Il était constitué

d’un portique donnant sur la rue et d’une enfilade de six pièces à l’arrière (munies de fours

maçonnés et de plusieurs foyers domestiques), dont le mur sud a été observé sur près de 22 m de

long.

L’analyse dendrochronologique des bois, effectuée par le laboratoire Archéolabs, indique les années

78 et 85-87 après J.-C. pour l'abattage des arbres utilisés pour la construction de cette maison.

L’abondante céramique recueillie lors de la fouille montre que l’activité au sein de la parcelle s’est

pleinement développée entre les années 90 et 130-140 après J.-C.

Ces bâtiments témoignent d’une activité particulière, certainement tournée vers la « restauration

rapide » liée à la clientèle militaire toute proche : distribution de vin et activité culinaire. Le sol de

l’une des pièces a livré en effet en abondance des pollens de la famille des carottes, céleris,

cerfeuils, livèches, mais aussi de celle des laitues et des scaroles. Une grande quantité de résidus

osseux retrouvés dans une fosse témoigne d’une activité bouchère, ainsi que de la production

occasionnelle de pendeloques en bois de cerf, très prisées par les soldats. C’est donc un

échantillonnage relativement complet des services de préparation et de vente alimentaire qui a été

mis en évidence dans cette échoppe des

 

 

cabanae legionis

, tenue par des commerçants dont la

prospérité était dépendante de la présence de la garnison et qui sont sans doute arrivés dans le

sillage de l’armée.

Dans les années 130-140, l’arasement total du secteur a été programmé : l’ensemble a été nivelé

par une couche de graviers et un réseau de voies plus complexe prend la place des maisons

longitudinales. Des travaux d’une telle ampleur procèdent sans aucun doute de l’autorité militaire,

dans la volonté de créer une esplanade devant la fortification et de réorganiser l’espace occupé par

les

 

 

canabae legionis

à proximité du camp.

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5. La VIII

 

 

e

légion Auguste

La VIII

 

 

e

légion avant Strasbourg

Au moment où elle arrive à Strasbourg-Argentorate, la VIII

 

 

e

légion Auguste a déjà une longue

histoire. En 59 avant J.-C., elle est l’une des trois garnisons mentionnées à Aquilée en Italie du Nord

et est affectée à César au début de la Guerre des Gaules, d’où son surnom de

 

 

Gallica

. Elle participe

ensuite à de nombreuses batailles avant de retourner en Italie et de prendre le surnom d’

 

 

Augusta

. En

14 après J.-C., on la retrouve au sein de l’armée d’Illyrie (Slovénie et Croatie actuelles), car elle

participe aux mutineries qui marquent l’avènement de l’empereur Tibère. Des inscriptions attestent

sa présence en Autriche et en Slovénie. Vers 45 après J.-C., la VIII

 

 

e

légion semble être en poste en

Mésie (actuelle Bulgarie) où un de ses camps, édifié en terre et en bois, a été fouillé à

 

 

Novae

sur le

Danube inférieur.

Après une période plus obscure, les textes des historiens romains signalent son rôle dans les guerres

civiles qui suivent la mort de Néron en 68-69. Après avoir soutenu un temps l’un des prétendants au

trône, Othon, et fait marche vers l’Italie, elle se range aux côtés du futur empereur Vespasien et

participe à la bataille de Crémone. Afin de rétablir l’autorité romaine face aux révoltes qui menacent

la Gaule durant cette vacance du pouvoir, Vespasien y envoie ses troupes au nombre desquelles

figure la VIII

 

 

e

légion. Une fois la paix rétablie, cette dernière installe son camp à Mirebeau, près de

Dijon. Les importantes fouilles dirigées par le professeur M. Reddé ont révélé que la VIII

 

 

e

légion reste

stationnée en Bourgogne jusque dans les années 83-84 après J.-C., peut-être même jusqu’en 89-90.

Est réfutée ainsi, grâce à ces travaux novateurs, la thèse traditionnelle qui prévalait jusque-là de son

arrivée à Strasbourg dès 70 après J.-C.

La VIII

 

 

e

légion à Strasbourg

Avec le règne de Vespasien, un changement important intervient dans la politique romaine en

Germanie. Dès 73-74 après J.-C., l’armée romaine investit la Forêt-Noire et la vallée du Neckar. La

position stratégique de Strasbourg lui vaut probablement d’être l’un des points de départ de

l’offensive au-delà du Rhin, avec la construction d’une route directe vers le Danube, jalonnée de

petits postes militaires. Rien ne prouve que Strasbourg était alors le siège d’une garnison

permanente : les bases militaires de la province reposaient principalement sur les deux légions

établies à Mayence, ainsi que sur celle de Windisch en Suisse et sur la VIII

 

 

e

légion cantonnée à

Mirebeau en Bourgogne.

Après la révolte du légat Saturninus en 89 après J.-C., le dispositif militaire de Germanie supérieure

est profondément réorganisé. C’est à cette période que la VIII

 

 

e

légion quitte Mirebeau pour

Strasbourg où elle installe son nouveau camp. En 101 après J.-C., seules deux légions restent

présentes dans la province : la XXII

 

 

e légion à Mayence et la VIIIe

légion à Strasbourg. Le rôle de base

arrière de Strasbourg se trouve ainsi conforté : la VIII

 

 

e

légion participe activement au contrôle sur les

nouveaux territoires et intervient dans la surveillance du glacis (

 

 

limes

) au-delà du Rhin.

Un remarquable élément de bouclier décoré découvert à South Shields dans la rivière Tyne, à

l’extrémité orientale du Mur d’Hadrien, témoigne également de la participation de la VIII

 

 

e

légion aux

expéditions militaires menées en Grande-Bretagne sous le règne de Septime Sévère à la fin du II

 

 

e

et

au début du III

 

 

e

siècle après J.-C.

Avec l’abandon par les Romains de tous les territoires à l’est du Rhin après 260 après J.-C. sous la

menace des incursions germaniques, la frontière de l’empire revient sur le Rhin. Désormais en

première ligne, Strasbourg va occuper durant plus d’un siècle une place stratégique majeure dans le

dispositif de défense de la frontière rhénane et le rôle de la VIII

 

 

e

légion s’en trouve renforcé d’autant.

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6. Découvrir la vie quotidienne des légionnaires

L'armée romaine a connu une longue évolution pour parvenir, au début du I

 

 

er

siècle après J.-C., à une

véritable armée de métier, exclusivement composée de citoyens romains. Elle s'ouvre ensuite peu à

peu aux provinciaux, d'abord dans les régions les plus romanisées, puis dans les provinces frontières

où l'armée constitue un important creuset de romanisation. Avec la crise du III

 

 

e

siècle après J.-C., les

réformes de Dioclétien et de Constantin vont y intégrer progressivement des peuples étrangers (qui

sont appelés

 

 

foederati

, fédérés) pour mieux assurer la défense des zones frontières.

Sous Auguste, l'armée romaine compte 25 légions, soit environ 150 000 hommes ; s’y ajoutent les

troupes auxiliaires à peu près de même importance numérique. La durée de service augmente et

devient très longue : 20 ans dans la légion, 25 ans dans les troupes auxiliaires, 28 ans dans la

marine. L'esprit de corps est fortement marqué : chaque légion constitue une unité permanente,

dotée d’un nom et d’un numéro qui lui sont propres.

L’incorporation dans la légion commence par la

 

 

probatio

, un entretien préalable qui correspond à

nos modernes conseils de révision. Elle permet de s'assurer que l'engagé remplit toutes les

conditions : être un homme libre et un citoyen romain, avoir dix-sept ans au minimum et présenter

toutes les aptitudes physiques nécessaires. Il faut aussi savoir parler latin pour comprendre les

ordres donnés.

Après que son nom ait été porté sur les rôles de son unité d'affectation, le nouveau soldat reçoit sa

plaque d'identité et prête serment à l'empereur et aux enseignes. Commence alors un dur

entraînement physique de quatre mois. L'apprentissage de la marche en rang en constitue le

premier élément : chaque soldat a une place précise à maintenir dans le rang quelque soient les

circonstances.

Le maniement du glaive, puis du javelot (

 

 

pilum

), s’effectue sous la conduite d'instructeurs

spécialisés. La jeune recrue doit aussi apprendre à distinguer les grades et les signaux employés

pour la transmission des commandements. Puis vient le temps de l'exercice en campagne : les

soldats sont entraînés à de longues marches, munis de tout leur équipement qui peut atteindre un

poids proche de 30 kg. Ils apprennent aussi à construire et installer rapidement leur camp.

S’il a survécu à ses longues années de service, le légionnaire peut alors retourner à la vie civile et

prend le statut de vétéran. Il conserve son épée, récupère l’argent qu’il a économisé et reçoit une

prime de démobilisation de 3000 deniers ou des terres dans une colonie romaine. Le vétéran

bénéficie également d’avantages juridiques appréciables ; il est exempté de toutes charges civiques

et du paiement de diverses taxes. S'il est marié, son mariage devient désormais légal et sa femme

et ses enfants obtiennent la citoyenneté romaine.

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7. Le légionnaire, une figure mythique

De la publicité à la bande dessinée

Le légionnaire romain occupe une place à part dans l’imaginaire collectif et le cinéma n’a pas

manqué, dès ses origines, de lui accorder une place de choix. La puissance des légions romaines,

leurs brillantes conquêtes, l’aura des chefs militaires antiques ont nourri nombre de « peplums ».

 De

Quo vadis

 

 

à Gladiator, de La Chute de l’Empire romain à Spartacus

, les grandes frises historiques

antiques mettent fréquemment en scène les exploits et le sens stratégique des légions.

C’est pour ces mêmes valeurs de force, de ténacité et de courage que la publicité s’est emparée de

leur image. « Esso » en a fait l’auxiliaire d’une de ses campagnes de publicité d’avant-guerre pour

vanter la puissance et la vitesse que cette marque d’essence

 

 

-

symbolisée par un légionnaire en

mouvement

 

 

-

confère aux véhicules. La marque « Banania » associe sa boisson vitaminée à un

soldat romain armé et casqué, prêt au combat. L’eau minérale « Perrier » s’est servie pour sa part de

l’image du légionnaire remplissant son casque d’eau de pluie après une longue marche sous le

soleil, car il ne connaissait pas encore, bien sûr, la source de la célèbre eau minérale !

La bande dessinée n’est pas en reste : d’Alix et des légions de César aux légionnaires romains

stationnés dans les camps de Petitbonum et Babaorum autour d’un célèbre village gaulois, en

passant par les batailles contre les Celtes magistralement mises en scène dans

 

 

Vae Victis

par Rocca

et Mitton dans leur récit de la conquête de la Grande-Bretagne, les légions sont partout.

Avatar le plus récent : le légionnaire

 

 

Play Mobil

et les nombreuses reconstitutions de la vie des

Romains qui accompagnent cette nouvelle édition de la célèbre marque de jouets allemande. Le

mythe du légionnaire n’est pas près de disparaître !

Le regard contemporain de Bernard Latuner

L’artiste alsacien Bernard Latuner nous livre, quant à lui, une vision très personnelle de l’Antiquité à

travers ses créations sur le thème du « peplum ». Peintures, dessins, photos, vidéos proposent autant

d’expressions artistiques complémentaires pour découvrir des fragments de notre univers

contemporain mis en scène selon les codes du « peplum » :

« … depuis sa naissance cinématographique, le PÉPLUM ne traite en réalité que de l’Empire et du

Pouvoir, et le nom de Rome n’est qu’un paravent derrière lequel se dissimulent des cités

contemporaines qui ont, à l’image de la Rome antique, rêvé de créer un nouvel empire et de

dominer le monde.

Mais avant que l’énorme machine hollywoodienne ne s’en empare, le Péplum est avant tout italien,

sorti tout droit des opéras de Verdi, des chansonnettes entendues dans les rues de Naples, de Rome

et des studios de Cinecitta créés par Mussolini.

À chaque fois qu’au cours du 20

 

 

e siècle (et peut-être 21e

siècle) un Empire se fait ou se défait,

ressurgit sur nos écrans un péplum pour délivrer son message de conquête et de domination. Force

et efficacité sont célébrées à travers des images grandioses et spectaculaires, parfois subliminales,

traitant du pouvoir et de l’oligarchie.

L’Antiquité reste inscrite dans notre société contemporaine : langage, symbole. Le péplum, ou miroir

du narcissisme, de la violence et de la perversion, est plus que jamais d’actualité ».

Bernard Latuner, 2004

La figure symbolique du légionnaire apparaît à de nombreuses reprises dans l’univers créé par

Bernard Latuner ; l’artiste a bien voulu mettre à la disposition du musée quelques-unes de ses

oeuvres récentes, dont la force et la puissance suggestive sont révélatrices de sa vision d’une Rome

(et d’une « nouvelle Rome » bien contemporaine) guerrière et conquérante.

DOSSIER DE PRESSE « STRASBOURG-ARGENTORATE, UN CAMP LEGIONNAIRE SUR LE RHIN

(1

 

ER- 4E SIÈCLE APRÈS J.-C.)-

SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8 »

MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG,

16 OCTOBRE 2010 - 31 DÉCEMBRE 2011

 

8. Autour de l’exposition

a) Des visites pour tous les publics

Visites commentées (à partir du 16 octobre 2010)

Les 1

 

ers et 3e samedis de chaque mois à 15h (sauf le 1er janvier)

La visite du samedi 19 mars est interprétée en LSF

Visites commentées en allemand

Les 1

 

ers samedis de chaque mois à 11h (sauf le 1er janvier)

Une Heure/Une OEuvre

Jeudi 12 mai à 12h30 et mercredi 18 mai à 14h30

« Argentorat

 

e en chiffres »

Le Temps d’une rencontre

- Samedi 12 février à 14h30

« Armes en tous genres ! A la découverte de l’armement légionnaire » en compagnie de Bernadette

Schnitzler, conservateur du Musée Archéologique

- Samedi 9 avril à 14h30

« Le camp romain d’Argentorate à la lumière des fouilles récentes » en compagnie de Gertrud

Kuhnle, archéologue à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP)

- Samedi 28 mai à 14h30

« L’art de sculpter la pierre à l’époque gallo-romaine » en compagnie d’un sculpteur à la Fondation de

l’OEuvre Notre-Dame, dans le cadre du cycle inter-musées « Sculpter la pierre de l’Antiquité au Moyen

Âge ».

« Voir » les musées autrement

Les samedis 19 et 26 mars à 10h

Visites adaptées pour les les visiteurs voyants, mal voyants et non-voyants

Réservation indispensable au:

 03 88 88 50 50 du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30

Strasbourg au fil du temps

Prolonger la visite thématique du musée par un parcours en ville

(consulter la brochure trimestrielle ou le site Internet des Musées de la Ville de Strasbourg).

b) Musées en famille

Parcours en famille

Les dimanches 24 octobre, 12 décembre et 30 janvier à 15h

« Jouer comme les légionnaires ! » dans le cadre du cycle inter-musées

« Le Musée comme plateau de jeux

 

»

Les dimanches 13 février, 13 mars, 10 avril, 8 mai et 19 juin à 15h

« Sur les pas de Quintus, fils de légionnaire » avec Colette Uguen, conteuse.

À partir de 6 ans accompagnés d’adultes.

Deux nouveaux « Musées de poche » disponibles à l’entrée du Musée Archéologique :

- « Le camp légionnaire d’Argentorate »

- « Le faubourg gallo-romain de Koenigshoffen »

pour prolonger la visite du Musée Archéologique par une promenade en ville.

c) Ateliers

Les ateliers des vacances

Des ateliers seront proposés durant les vacances de février et d’été pour les jeunes visiteurs

individuels

(consulter la brochure trimestrielle ou le site Internet des Musées de la Ville de

Strasbourg).

d) Visites de groupes

Sur réservation uniquement au :

03 88 52 50 50,

du lundi au vendredi de:

 8h30 à 12h30.

 

 

 

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