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    L'histoire continue...de Napoléon aux Institutions européennes ...

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    L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 www.musees.strasbourg.eu « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 1 1. AVANT-PROPOS PAGE 2 2. COMMUNIQUÉ DE PRESSE PAGE 3 3. HISTORIQUE DU BATIMENT DES GRANDES BOUCHERIES PAGE 4 4. HISTORIQUE DU MUSÉE PAGE 4 5. PARCOURS DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE ET RÉPARTITION DES ESPACES PAGE 5 6. OEUVRES PHARE DE LA COLLECTION PAGE 8 7. CONCEPT MUSÉOGRAPHIQUE PAGE 13 8. COMITÉ SCIENTIFIQUE PAGE 16 9. DE NOMBREUX ET GÉNÉREUX DONATEURS PAGE 17 10. PLAN DES NOUVELLES SALLES PAGE 18 11. INAUGURATION PAGE 19 12. AUTOUR DE L’OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES PAGE 19 13. INFORMATIONS PRATIQUES PAGE 20 Annexe : LISTE DES VISUELS DISPONIBLES POUR LA PRESSE PAGE 21 DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 2 1. Avant - propos L’histoire continue ! Le Musée Historique de la Ville de Strasbourg, fondé en 1920, achève sa mue et ouvre entièrement ses portes en novembre 2013, dans le monument historique au destin muséal des anciennes Grandes Boucheries, où il était précédemment abrité et où le premier musée des Arts décoratifs avait été accueilli dès 1887. Le musée propose à présent un parcours complet à travers l’histoire de la ville, du Moyen-âge au XXe siècle, développé sur 1700m² et désormais décliné en 10 sections. OEuvres d’art, documents, armes et uniformes, costumes civils, maquettes architecturales, objets de la vie quotidienne,…ponctuent ce parcours. Celui–ci évoque ainsi tour à tour le phare intellectuel que fût Strasbourg sous le Saint Empire romain germanique, son premier âge d’or, à la Renaissance, marqué par le développement de l’imprimerie et le rayonnement de l’humanisme alsacien, qui font de la ville une des grandes capitales de l’Europe. Il retrace ensuite son deuxième âge d’or, celui de la ville libre royale et française et son intense vie intellectuelle et artistique, puis la période révolutionnaire, dont Kléber est le héros emblématique. Dans les nouvelles salles, sont désormais présentés l’époque napoléonienne, qui met en avant le rôle d’interface alors joué par Strasbourg, les évènements déchirants et complexes que furent l’annexion par le Reich allemand en 1870 et le siège de la ville, les deux guerres mondiales et leurs impacts sur les destins individuels, la transformation urbaine et architecturale de la ville au XIXe et XXe siècle, la vie économique et les transports, le rayonnement de l’Université et la vie intellectuelle, l’installation des institutions européennes à Strasbourg. Le parcours se clôt sur la maquette d’un utopique pont habité enjambant le Rhin, créée en 1989 par Gaetano Pesce, qui trace les ambitions et idéaux de l’Europe à venir. Cette histoire extrêmement dense résonne aujourd’hui fortement dans l’actualité, au moment où la Ville s’engage dans l’extension du périmètre de classement Unesco à la Neustadt (ou ville allemande), et à la veille des commémorations de la Grande Guerre. Elle fait également écho au quotidien de la présence du Parlement européen qui fait de Strasbourg la ville où les politiques européennes se discutent et se décident. Ainsi s’affirme le double rôle du Musée Historique, espace de découverte, d’instruction et de mémoire, ainsi que laboratoire dynamique d’une ville en mouvement. Les musées d’histoire connaissent aujourd’hui un regain de vitalité, portés par le fort engouement pour les époques passées, qui marque nos sociétés en mutation. Différents des mémoriaux, des lieux de célébrations, ils se situent à la croisée des champs de savoirs aussi divers qu’anthropologie, ethnologie, archéologie, beaux-arts, arts décoratifs, sciences et techniques, et ont connu une évolution parallèle à celle de la science historique. Conservatoires, dès leur origine, de la mémoire et des identités collectives et de leurs représentations, ils sont devenus lieux d’explication et de pédagogie des évolutions sociétales. Aussi lient-ils en leur sein la nécessaire rigueur scientifique avec la part d’imaginaire que véhiculent les objets, amplifiée par l’apport des technologies actuelles. C’est dans cette perspective que s’est inscrit le projet du Musée Historique, aujourd’hui concrétisé, adossé à l’ensemble des collections des musées de la Ville de Strasbourg, avec lesquelles il dialogue, comme il converse avec la ville qui l’abrite et ses architectures remarquables. Il veut être fidèle à l’approche novatrice de l’anthropologie historique et de l’histoire des mentalités initiée à Strasbourg en 1929 par l’École des Annales et les grands historiens que furent Marc Bloch et Lucien Febvre, celle de « l’histoire des hommes dans le temps ». Joëlle Pijaudier-Cabot, conservateur en chef du patrimoine, directrice des Musées de la Ville de Strasbourg. « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 3 2. Communiqué de presse L’histoire continue… de Napoléon aux institutions européennes De nouvelles salles pour le Musée Historique de la Ville de Strasbourg Partiellement fermé pour travaux depuis l’automne 2012, le Musée Historique présente au public le prolongement du parcours de ses collections à compter du samedi 16 novembre 2013. Dans de nouvelles salles d’une superficie de 425m², l’histoire de la Ville de Strasbourg de Napoléon à la création des institutions européennes est présentée à travers un parcours à la fois chronologique, thématique et événementiel au gré de sections consacrées à la vie économique, militaire et culturelle. A l’époque napoléonienne, le rôle d’interface joué par Strasbourg est mis en avant. Ensuite, l’impact de l’essor des transports (chemins de fer et canaux) sur le paysage et l’économie strasbourgeois est démontré. La présentation d’obus, d’uniformes et de documents iconographiques évoque le siège de 1870 et ses conséquences sur la ville. Devenue capitale du Reichsland, Strasbourg voit sa superficie s’agrandir et sert de vitrine symbolique, notamment grâce à la construction d’un campus universitaire d’excellence. S’ensuit une évocation des choix auxquels sont confrontés les Alsaciens de l’époque : rester ou partir, et avec quelles conséquences ? Pendant la Première Guerre mondiale, Strasbourg est une ville allemande à l’arrière du front. L’entre-deux-guerres voit de nombreux grands chantiers se poursuivre : logements sociaux, développement portuaire, avec en filigrane les transformations liées au changement de nationalité. Pour finir, une place importante est réservée à l’évocation de la vie à Strasbourg au cours de la Seconde guerre mondiale puis à la création des institutions européennes qui justifient le rôle actuel de capitale européenne dévolu à Strasbourg. En fin de parcours, une maquette de Gaetano Pesce situe les ambitions et idéaux de l’Europe en 1989 et fait le lien avec le plan-relief de 1727. Ces travaux dans la partie jusqu’à présent fermée au public ont permis de nombreux aménagements techniques (amélioration de l’isolation du bâtiment, filtres sur les fenêtres, nouvelles cloisons…). Les collections ont également été mises en valeur grâce à des aménagements muséographiques tels que la création de socles et de vitrines adaptés, la mise au point d’un éclairage muséographique de qualité, complétés par une campagne de restauration d’oeuvres. Cette nouvelle présentation des collections est le fruit d’une collaboration entre les équipes du Musée Historique et un comité scientifique. La muséographie est signée Laurent Marquart de GSMProject de Montréal associé à Martial Frey de AEA Architectes. Grâce à la générosité et à la mobilisation de plus de 115 donateurs et d’une vingtaine d’institutions, les collections du Musée Historique ont pu être considérablement enrichies. Fort de ces nouvelles salles, le Musée Historique présente dorénavant un panorama complet de l’histoire de la ville de Strasbourg du Moyen-âge à nos jours. Ses collections se déploient à présent sur plus de 1700m² et montrent les particularités et richesses de l’histoire de la ville de Strasbourg. La dernière section consacrée à l’époque contemporaine étant conçue de manière à évoluer, le Musée Historique se présente comme un musée vivant et témoin de l’histoire de Strasbourg. En un mot, l’histoire continue. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 4 3. Historique du bâtiment des Grandes Boucheries Construit en 1587 par la Ville de Strasbourg, ce bâtiment a conservé au rez-de-chaussée sa vocation de boucherie jusqu’au XIXe siècle. Le premier étage était affecté aux foires mais des représentations théâtrales s’y déroulaient aussi ponctuellement. Au XIXe siècle, le bâtiment a connu plusieurs usages : marché, dépôt d’incendie, école industrielle mais aussi école des arts décoratifs et dépôt lapidaire municipal. Il abrite dès la fin du XIXe siècle les collections des musées. De 1887 à 1918, le Musée des Arts Décoratifs (Kunstgewerbemuseum), dénommé Hohenlohemuseum y est installé en 1897 ; il est déplacé en 1919 au Palais Rohan, date à laquelle est créé le Musée Historique installé en 1920 aux Grandes Boucheries. De 1924 à la Seconde Guerre mondiale, un musée social occupe également une partie des lieux. Jusqu’en 1994, plusieurs expositions temporaires sont présentées au rez-de-chaussée. Dans les années 1970, Jean-Pierre Klein, alors conservateur, souhaite repenser le musée et propose deux projets muséographiques. La mise en oeuvre du second est interrompue en 1994 par l'architecte en raison de fissures inquiétantes dans le bâtiment. Une étude révèle d’importants désordres au niveau des fondations, nécessitant une consolidation des pilotis et des façades. De nombreuses observations archéologiques, croisées avec les renseignements des archives municipales, ont été réalisées à cette occasion. Elles ont permis de préciser l’aspect de ce bâtiment en 1587 et dans les années qui ont suivi, mais aussi de découvrir des traces d’usage : évier, armoires murales, traces de cloisons qui ont été mises en valeur dans la nouvelle présentation du musée lors de sa réouverture au public en 2007. 4. Historique du musée Fondé en 1920, au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Musée Historique est créé à Strasbourg à la suite d’une exposition consacrée en 1919 à l’histoire de la ville. A son ouverture, les collections évoquaient principalement l’origine et le passé militaire glorieux de Strasbourg redevenue française et mettaient en valeur ses liens avec la France. Depuis les années 1970, la présentation des collections historiques s’est enrichie d’éléments illustrant la vie civile et la période médiévale. Plusieurs pièces sont issues des fouilles effectuées ces dernières décennies à Strasbourg, dans le cadre de la reconversion d’immeubles ou à l’occasion des travaux du tramway. Elles ont considérablement amélioré la compréhension de la vie quotidienne au Moyen Âge et dans les temps modernes. En 2007, une grande campagne de travaux a permis le réaménagement du rez-de-chaussée et du premier étage pour la présentation des collections représentatives du Moyen Âge à 1800. Les 1er et 2e combles ont été également aménagés pour recevoir l’administration du musée et un sous-sol a été créé pour les locaux techniques. La deuxième tranche des travaux, qui voit sa finalisation en novembre 2013, achève le parcours en présentant les collections des XIXe et XXe siècles. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 5 5. Parcours des nouvelles salles du musée et répartition des espaces « Ce n’est pas le passé lui-même qui nous domine, …. Ce sont les images du passé. » George STEINER, Dans le château de Barbe-Bleue, Notes pour une redéfinition de la culture, 1971. En 2007, le Musée historique ouvrait une première tranche consacrée à l’histoire de la ville de Strasbourg du Moyen Age à la fin de la Révolution française. Le public y découvrait la ville libre du Saint-Empire où Gutenberg avait travaillé à la mise au point des caractères mobiles d’imprimerie et où l’Humanisme et surtout la Réforme avaient trouvé un terreau favorable grâce aux nombreux éditeurs imprimeurs qui y avaient ouvert une officine. Les édits somptuaires associant classes sociales et droits en matière de vêtements et de vie sociale concluaient cette riche période pour Strasbourg avec des portraits et le costume d’une « belle » strasbourgeoise. Au cours du XVIIe siècle, l’ambition de Louis XIV d’une part, et de l’autre le péril turc qui menaçait l’empire habsbourgeois, eurent pour conséquence le rattachement de Strasbourg au Royaume de France en 1681. Devenue garnison et citadelle aux frontières du royaume, la cité du début du 18e siècle sera figée en planrelief par l’ingénieur François de Ladevèze. Après bien des vicissitudes liées à l’histoire de la ville, ce plan-relief devenue propriété de la ville constitue l’un des joyaux de la ville royale dont l’histoire s’achève sur la Marseillaise et la vie de Kléber. Six années plus tard, et après l’aménagement et le déménagement d’une nouvelle réserve pour les 200 000 items de la collection, le Musée historique ouvre un autre chapitre de son histoire consacré aux XIXe et XXe siècles, sous le titre générique : « 1800-1949 : Ville symbole confrontée à des changements de nationalité ». Strasbourg au coeoeoeoeur de l’Europe (1800-1870) Les premières années du XIXe siècle sont marquées par les visites de Napoléon, en route pour l’Allemagne, et celles de Joséphine puis de Marie-Louise. Plate-forme à la fois pour les troupes et pour le matériel militaire, Strasbourg voit défiler toutes sortes d’unités que les Strasbourgeois peindront sous forme de soldats en papier dits figurines de cartes. Le musée en possède 60 000, consacrées pour l’essentiel à la période napoléonienne. Strasbourg adhère à la Révolution de 1848 et aux idées républicaines, ce qui lui coûta sa Garde Républicaine dissoute à maintes reprises au cours du XIXe siècle. Mais cette période voit aussi les transformations de la ville : reconstruction d’un théâtre place de la République. Ce chantier interminable est l’occasion de réaliser une maquette. Cet équipement culturel permet d’encourager la pratique du français tout en offrant des divertissements à la garnison. C’est aussi pour développer la pratique du français que le préfet Lezay-Marnésia crée la première École normale en France à Strasbourg sur le modèle rhénan. Outre le français on y enseigne également l’allemand qui continue à être pratiqué par la population sous sa forme dialectale. Depuis la Révolution, la population se sent sans aucun doute française : comme le dit A. Stoeber : « Ma lyre est allemande, elle résonne de chants allemands ; / Aimant le coq gaulois, mon épée est fidèle à la France ; / Puisse ce cri passer le Rhin et les Vosges ; / L’Alsace est mon pays, Alsace mon coeur est à toi ! ». Après la réorganisation de 1808-1810, l’université compte 5 facultés : droit, sciences (mathématiques, chimie), théologie protestante, lettres, médecine dont la célèbre école d’obstétrique depuis le 18e siècle. Les professeurs y enseignent en français ou en allemand et publient dans les deux langues. Pour des raisons d’hygiène le fossé des Tanneurs commence à être comblé du côté de la place Broglie puis progressivement jusqu’à la place Benjamin Zix au cours du XIXe siècle. Grâce à Nicolas Koechlin (1781-1852), Strasbourg bénéficie d’une ligne ferroviaire vers Bâle dès 1841, puis en 1852 vers Paris et enfin grâce à la construction d’un pont métallique sur le Rhin la liaison ferroviaire s‘ouvre vers Kehl, le Pays de Bade et l’Europe. Parallèlement le canal de la Marne au Rhin et celui du Rhône au Rhin sont poursuivis à Strasbourg. La ville se développe et voit naître la future SACM (Société alsacienne de construction mécanique) grâce à Jean-Baptiste Rollé et Frédéric Schwilgué. Malgré toutes ces transformations, Strasbourg reste une ville provinciale dont les murs n’ont plus bougé depuis la fin du XVIIe siècle. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 6 Strasbourg, une capitale et une nouvelle frontière (1870-1918) La guerre franco-prussienne de 1870 est fatale à Strasbourg : la ville est assiégée par 60 000 soldats allemands et défendue par 20 000 hommes, elle est bombardée, perdant de nombreux immeubles et sa bibliothèque avec le célèbre manuscrit Hortus Deliciarum ; la cathédrale est sévèrement endommagée. Ce bombardement meurtrier est à l’échelle européenne l’un des premiers bombardements modernes qui affectent la population civile. La capitulation de Strasbourg en septembre puis le traité de Francfort en 1871 vont conduire Strasbourg à devenir la capitale de la Terre d’Empire Alsace-Lorraine (Reichsland Elsass-Lothringen) jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Ce bouleversement pose durablement des problèmes d’identité : faut-il rester dans la petite patrie (l’Alsace) ou la quitter pour conserver la nationalité française ? Cette question impose des choix douloureux. A ceux qui restent se pose la question : faut-il collaborer avec le nouveau pouvoir mis en place pour défendre les intérêts de l’Alsace (attitude des autonomistes) ? ou se faire élire, mais refuser de siéger, pour rappeler son attachement à la France et son opposition au régime, au risque de faire le jeu des intérêts allemands, tout en provoquant la méfiance du nouveau pouvoir à l’égard des autochtones (attitude des protestataires) ? L’immigration massive d’Allemands qui occupent les postes clés de l’administration, développent la garnison militaire (la plus importante d’Allemagne), occupent les chaires de l’université nouvellement construite sur un campus à l’écart de la vieille ville, nécessitent un agrandissement de la ville. Ceci est acté en 1880 sur la base du plan du Strasbourgeois Jean-Geoffroy Conrath qui crée un nouvel axe en lisière de la place Broglie, à l’extérieur de la vieille ville. La place de la République est entourée des nouveaux sièges du pouvoir : Palais impérial (palais du Rhin), bibliothèque universitaire, Landesausschuss (actuel TNS) et reliée par une belle avenue (aujourd’hui avenue de la Liberté) au Palais universitaire et au campus qui s’y développe avec des instituts dotés des moyens les plus modernes attirant de jeunes et brillants professeurs, futurs Prix Nobel comme Wilhelm Conrad Röntgen par exemple. L’agrandissement de la ville augmente la superficie de celle-ci de plus des deux tiers avec de nouveaux quartiers résidentiels construits au bord d’avenues plantées d’arbres au nord et à l’est de la ville (appelés aujourd’hui Neustadt ou ville allemande). Un axe de circulation traverse la vieille ville à partir de 1911. La construction de la rue du 22 Novembre est associée à une opération de relogement d’une partie de la population à la citéjardin du Stockfeld. Cette Grande Percée se prolonge jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale jusqu’à la place de la Bourse. Durant la Première Guerre mondiale, Strasbourg est une ville à l’arrière du front. Les Strasbourgeois (sauf à avoir quitté l’Alsace au début du conflit comme Pierre Bucher qui s’engage du côté français) sont incorporés dans l’armée allemande et envoyés la plupart du temps sur les fronts de l’est, car malgré 48 années d’occupation, la méfiance envers les autochtones perdure et connaît un regain précisément durant ce conflit. Une exposition temporaire à la Galerie Heitz en 2014 permettra de découvrir les destinées de ces Strasbourgeois dans le cadre d’un projet d’exposition européen interrégional auquel le Musée Historique est associé. Durant la guerre et grâce à la clairvoyance du maire Rudolf Schwander, un système de cartes de rationnement mis en place permet de gérer de manière égalitaire et sans surenchère la pénurie en matière d’alimentation. Strasbourg connaît durant une très courte période à la fin de la guerre les conseils d’ouvriers et de soldats. L’accueil réservé à l’armée française tient lieu de plébiscite. Strasbourg redevient française (1919-1939) Durant l’entre-deux guerres de nombreux chantiers commencés avant 1918 se poursuivent : construction de logements sociaux comme la cité Ungemach, développement du port sous la forme d’un Port Autonome avec de nouveaux bassins et de nouveaux entrepôts, essor industriel avec l’agrandissement et le succès de l’entreprise Mathis, un des plus grands employeurs de la ville avant 1939. Maquettes d’époque, une Torpedo et des éléments construits par Mathis et promus par du matériel publicitaire en rendent compte. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 7 Continuité aussi d’une université d’excellence, mais avec des professeurs français traités sur le même pied que les professeurs à Paris, création de nouvelles revues universitaires comme la Revue des Annales par Marc Bloch et Lucien Febvre en histoire. Avant 1914, les Allemands avaient honoré la mémoire de Goethe, après 1918 les Français rappellent que Pasteur avait enseigné à Strasbourg en érigeant une fontaine en son honneur devant le même Palais, dont l’un des éléments est exposé au musée. Le français redevient obligatoire, mais tous les actes officiels sont rédigés dans les deux langues. L’Alsace ayant connu une évolution différente en matière sociale (assurances maladie, retraites), un droit local voit le jour qui permet de conserver les acquis. Néanmoins certaines maladresses, la découverte d’une province française parlant majoritairement « autrement », provoquent une vague de malaise qui se traduit par la naissance de mouvements autonomistes, parfois subventionnés côté allemand. Sous la domination nazie (1939-1944) Au début de la Seconde Guerre mondiale, les Strasbourgeois sont évacués en Dordogne, l’université de Strasbourg est évacuée à Clermont-Ferrand et l’hôpital civil à Clairvivre en septembre 1939. Puis avec l’armistice, le gouvernement de Vichy encourage le retour des Alsaciens dans leur province (sont exclus du retour les francophiles, les fonctionnaires français, les juifs). Ceux qui rentrent découvrent progressivement un régime de haute surveillance et de terreur. Puis intervient l’incorporation de force alors que le statut de l’Alsace n’a pas fait l’objet d’un texte au moment de l’armistice. Strasbourg est bombardée alternativement par les alliés, puis par les Allemands durant la guerre, épargnant toutefois la cathédrale. Différents aspects de la guerre à Strasbourg sont présentés et un espace particulier est consacré aux choix (ou non-choix) des Alsaciens à cette période. Le retour à la France Libérée dès novembre 1944 grâce à l’audacieuse équipée de général Leclerc, Strasbourg est sauvée d’une réoccupation grâce aux batailles menées autour de la ville en janvier 1945 notamment entre Gambsheim et Killstett. Strasbourg, capitale européenne Quelques années après la libération, Strasbourg devient capitale européenne avec le siège du Conseil de l’Europe et l’installation de nombreuses institutions européennes et organismes francoallemands. Quelques pièces de mobilier, une robe de juge et la maquette de Gaetano Pesce sur le Pont du Rhin rendent compte du rôle de l’Europe à Strasbourg. L’histoire de Strasbourg ville frontière est-elle unique ? Oui et non, en fin de parcours le public est invité à se pencher sur le sort d’autres villes européennes qui ont connu des circonstances analogues à certains moments de leur histoire. LA RÉPARTITION DES ESPACES Accueil et boutique : 155m² Espace d’introduction : 134m² «La Ville libre du Saint-Empire » (Moyen Âge à 1681) : 467m² « La Ville Royale puis révolutionnaire » (1681 à 1800) : 439m² Salle du plan-relief 197m² « Une ville symbole confrontée à des changements de nationalités » (1800 à nos jours) : 425m² Locaux du personnel et espaces techniques : 300m² Total : 2117m² DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 8 6. OEOEOEOEuvres phare de la collection Petits soldats ou figurines de cartes Avec 60 000 figurines allant de la fin du XVIIIe siècle au XXe siècle, le Musée Historique possède la plus importante collection de « petits soldats de Strasbourg » en France. Cette dénomination est due au fait que la plupart de ces figurines ont été réalisées à Strasbourg ou par des Strasbourgeois d’origine. Dessinées ou imprimées, parfois coloriées à la main, elles représentent presqu’exclusivement des unités françaises, et essentiellement des militaires de l’époque napoléonienne. Fragiles car sensibles à la lumière, elles sont présentés en rotation à plusieurs endroits du musée. Plusieurs unités du Premier Empire provenant principalement de la collection Kieffer sont exposées : division Oudinot, Garde d’honneur de Strasbourg, Confédération du Rhin, etc. Les figurines imprimées de Silbermann trouvent pour partie place dans la vitrine de 1848. Pour illustrer la défense lors du siège de 1870, des pompiers, des zouaves, etc. sont présentés. De nombreuses figurines ont été peintes et imprimées après 1870, pour entretenir l’attachement des Alsaciens à la France, quelques unités sont exposées dans la vitrine consacrée à la francophilie au temps du Reichsland. Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814) - Philippe Grass (1801-1876), Maquette du monument à Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814), 1857 - Jacques Frédéric Kirstein (1765-1838), Coupe offerte à Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814), 1814 Préfet de Strasbourg de 1810 à 1814, Adrien de Lezay-Marnésia étudie à Brunswick et Göttingen, fonde la première École Normale à Strasbourg et joue un rôle à la fois dans l’enseignement de l’allemand et dans celui du français. Il s’implique également dans la remise en état des routes et dans le développement de l’agriculture. Une très belle coupe réalisée par l’orfèvre J.F Kirstein en 1814 lui fut offerte par les Strasbourgeois en reconnaissance de son action durant le blocus de 1814. De retour d’une tournée d’inspection, sa calèche versa et il fut gravement blessé. Arrivé après la fermeture des portes de la ville, Lezay-Marnésia ne put être soigné que le lendemain, le planton n’ayant pas osé déranger le gouverneur pour obtenir l’autorisation de rouvrir la porte de la ville. Il en mourut. La maquette en plâtre du monument qui lui fut consacrée en 1857 par Grass (érigée à proximité de l’hôtel du Préfet) témoigne de l’attachement des habitants à ce préfet. Modèle de turgotine, vers 1820 « Lourde voiture de transport en commun utilisée pour les longs voyages, elle comporte une caisse de berline et, à l’avant, un cabriolet pour deux personnes. L’ensemble est suspendu de manière archaïque par deux longues soupentes sur un train à flèche très robuste. A l’arrière une plate-forme supporte une grande corbeille d’osier pour les bagages. » Libourel Jean-Louis, Voitures hippomobiles, Paris, 2005. Créées en 1775 par Turgot, les turgotines sont construites sur le même modèle et servirent de diligences aux messageries. Elles étaient prévues à 8, 6 ou 4 places. Ce sont les turgotines qui assurent les transports en commun sur les routes de la poste avant l’arrivée du chemin de fer. Ainsi pouvait-on en voir ou en utiliser dans la Cour du Corbeau, ancien relais de poste qui desservait Karlsruhe, Colmar ou Belfort par exemple. En 1819, Auguste Ratisbonne, maître de poste, utilisa des turgotines au départ du 16 rue des Juifs. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 9 Maquette du théâtre, côté Jardin, 1813, réalisée au 1/30e par le menuisier Bertat sur les plans de Jean Villot Cette maquette a été commandée alors que la construction du théâtre en pierre piétinait, 13 ans après qu’un incendie ait détruit l’ancien théâtre rue de la comédie en mai 1800. Trois architectes avant Villot avaient déjà oeuvré à sa construction, des doutes sur les dimensions de la cage de scène et des volumes fonctionnels, une décoration coûteuse et de perpétuelles intrigues avaient entrainé des dépassements de budget et considérablement ralenti la construction de l’édifice. En 1812, de nouveaux plans furent validés, le tracé de la salle étant de Bérigny (ingénieur en chef du département) et les détails d’exécution et de la décoration de Villot architecte municipal qui suivra le chantier jusqu’à son achèvement en 1821. Outre les travaux de démolition des murs intérieurs, Villot commanda alors à Bertat la réalisation d’une maquette du théâtre pour présenter la version définitive du projet aux élus municipaux. La maquette sera construite en 2 parties, côté cour et côté jardin, afin de pouvoir ouvrir le bâtiment sur l’axe médian pour mieux en observer l’architecture intérieure. Seul le côté jardin est aujourd’hui présenté au public. On y voit le demi-péristyle couronné d’un fronton triangulaire, jamais réalisé, finalement remplacé en 1818 par la terrasse moderne ornée des 6 muses que nous connaissons. Après le hall d’accueil, le spectateur entre dans un vestibule relativement petit surmonté du foyer (salle Bastide) orné d’une mezzanine et d’appareils de chauffe représentés dans les angles. Pour se rendre aux étages, des escaliers en colimaçons sont situés à l’extérieur des galeries. Ils sont accessibles grâce à la mobilité d’un certain nombre d’éléments de cette maquette : salle de spectacle et loges d’artistes derrière la scène. A Strasbourg, la place des escaliers a été réduite pour gagner en espace dans la salle et augmenter le nombre de spectateurs. La maquette montre l’état initial des balcons, reliés d’un étage à l’autre par des colonnettes qui ont disparu lors des travaux de 1953-1954. L’aménagement de la scène n’a pas été réalisé en 1813, mais en 1820, on y voit cependant la fosse d’orchestre avec trace d’une modification, puis latéralement les poteaux construisant rues, fausses rues et costières, qui traversaient le plateau de jardin à cour. L’on constate également que la scène présente une pente offrant une meilleure courbe de visibilité pour les spectateurs du parterre, parterre lui-même incliné en sens opposé au plateau. Cette remarquable maquette a été réalisée en 8 mois et demi à Strasbourg. Mme Emilie Schmitt (1840-1898), cantinière du 3e régiment de Zouaves // 1870 Drap de laine bleu, rouge et jaune, tresses rouges, toile cellulosique blanche, dentelle, métal peint, métal jaune, cuir Emilie travaillait dans le même régiment que son mari, M. Schmitt, tailleur, et a participé activement à la campagne de 1870-1871. De coupe orientale, son uniforme se compose d'une calotte dite « chéchia » de couleur rouge, d’une veste-boléro et d’un gilet de forme arabe en drap bleu foncé avec passepoils et tresses garance. Le « tombo » de la veste, sorte de fausse poche dessinée par une arabesque formée par la tresse décorative, est jonquille, couleur de ce régiment affecté à la province de Constantine (confirmé par un tampon de l’armée sur la doublure du gilet). Le pantalon arabe, dit « sarouel » est d'une forme très ample, et de coupe plus féminine. Une ceinture de laine bleu indigo vient s'enrouler à la jonction du bas du gilet et du haut de la jupe et serait destinée à tenir les intestins au chaud pour lutter contre la dysenterie. Des souliers cloutés de cuir noir complètent sa silhouette. Les cantinières faisaient parfois preuve d’héroïsme, à la fin du siècle toutefois le ministre de la guerre supprima la cantinière du régiment. Emile Maechling (1878-1964), Maquette de la Grande Percée, avant (vers 1910) et après (vers 1916) Réalisées par Emile Maechling, ces deux maquettes, limitées au sud par la Grand Rue, permettent de mesurer les transformations du centre ville entre Saint-Pierre-le-Vieux et la place Kléber. Sur la maquette avant la Grande Percée, on repère à gauche Saint-Pierre-le-Vieux avec ses deux nefs : l’ancienne est réservée aux protestants, tandis que la nouvelle a été construite pour les catholiques en 1866 par l’architecte Conrath. Le quartier qui s’étend entre l’église et la place Kléber est un quartier de vieilles maisons devenues insalubres ; elles seront détruites, la ville récupérant un certain nombre de balcons et de boiseries pour ses musées par exemple. Les habitants de ces DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 10 maisons seront relogés à la cité-jardin du Stockfeld, construite pour eux et accessible via les transports en commun qui se développent. Le Fossé des Tanneurs est comblé de 1836 à 1840 entre le Fossé des Faux-Remparts et la Grand Rue. Une école est construite le long de la rue avant 1850 : elle est formée d’un corps principal et de deux petites ailes latérales. La place Kléber est agrémentée de parterres verts et d’arbres et fermée par l’hôtel de la Maison Rouge construit en 1900-1901. La maquette après la Grande Percée montre les façades des immeubles bordant la nouvelle rue du 22 Novembre, avec par exemple le bâtiment consacré à l’Electricité de Strasbourg (en face de Saint- Pierre-Le-Vieux) ou, à l’autre extrémité, les façades des actuelles Galeries Lafayette, connues autrefois sous le nom de Magmod (dont les premiers décors intérieurs de Hans Thomas sont montrés en vidéo) ; sur la place Kléber, la maquette présente le projet destiné à remplacer l’hôtel de la Maison Rouge, pourtant récemment construit (à l’emplacement de l’actuel bâtiment abritant la FNAC). La restauration de la maquette a mis en évidence de nombreux détails : enseigne de cinéma ou de magasins, etc. Leopold et Rudolf Blaschka, Développement de mollusques, verre, Dépôt du Musée Zoologique Comme tout responsable de muséum de cette époque, Ludwig Döderlein, directeur du Musée Zoologique, se devait de présenter au grand public le panorama le plus large de la faune mondiale. Si présenter des espèces naturalisables ou à squelette externe comme les insectes ou les crustacés ne posait pas de problème particulier de conservation, il n’en n’était pas de même avec les animaux à corps mou comme les méduses, les calmars et autres mollusques. Nul autre moyen de conservation pour ces spécimens que l’alcool, milieu dans lequel ils perdaient leurs couleurs, leurs formes et ne reflétaient plus l’apparence de la vie. Les modèles en papier mâché, en plâtre de Paris ou en cire, déjà réalisés à l'époque, ne pouvaient en aucun cas refléter la translucidité et la transparence de ces organismes ; seul le verre le permettait. Ainsi, les modèles réalisés par Leopold et Rudolf Blaschka, verriers originaires de Bohème, furent une splendide réponse au problème posé. Reflétant la réalité, ils offraient au public un spectacle bien réaliste de ce monde peu connu. Alexander Goette, professeur d’embryologie et d’anatomie comparée à l’Université Impériale Allemande de Strasbourg, collègue de Ludwig Döderlein, utilisait à des fins d’enseignement des modèles anatomiques et des séries de stades embryonnaires agrandis que les Blaschka commencèrent à fabriquer dans les années 1877-1878. Cette utilisation pour de l’enseignement scientifique forcera les Blaschka à se baser sur des publications reconnues et à élever eux-mêmes des espèces en aquariums. La reproduction fut ainsi la plus fidèle possible. Recommandés au début pour la décoration des salons élégants, les modèles acquirent au cours du temps le statut d’objet scientifique à part entière. Affiche de propagande, Und Ihr ?…Zeichnet Kriegsanleihe, Souscrivez à l’emprunt de guerre !, 1917 Lorsque la Première Guerre mondiale débute, on s’accorde à penser que la guerre ne durera que quelques semaines. Les pays belligérants n’avaient guère programmé de moyens financiers sur le long terme ; il fallut par conséquent trouver des fonds par le biais de dons ou d’emprunts. L’Allemagne en lança neuf durant la guerre de 1914-18. Les affiches de Fritz Erler, peintre officiel de la Grande Guerre, connaissent un grand succès. Erler présente ici un aviateur debout, regardant le spectateur. L’aspect humain domine, l’aéroplane et l’arme sont à peine visibles, seule compte la figure de l’homme qui se dresse tel un commandeur des temps modernes pour intimer au spectateur de participer à l’effort de guerre. Outre les affiches illustrées pour les emprunts, cette période voit le développement de très nombreuses affiches pour les oeuvres sociales, pour les mutilés, etc. Ces affiches relèvent d’une production envoyée uniformément dans toute l’Allemagne y compris en Alsace-Lorraine. Mathis 5 CV type P, torpedo 3 places, 1925 Cette voiture, ainsi que les objets publicitaires ou éléments de voitures donnés par la dynamique Association des Amis Mathis ou par leurs membres, rappelle qu’une page de l’industrie automobile DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 11 s’est écrite à Strasbourg avec entre autres les usines Mathis de la Meinau durant l’entre-deuxguerres. Ce véhicule présente une version peu courante de voiture trois places, le modèle le plus courant étant une deux places. Comme nous l’apprennent les publicités, cette Torpedo correspond aux objectifs d’Emile Mathis : construire des voitures légères, robustes et économiques, ayant tous les avantages techniques des grosses automobiles de l’époque. Pour y parvenir, Emile Mathis avait fait construire dès 1912 des chaînes de montage à la Meinau (qui s'étendaient de l'actuelle Succursale Citroën jusqu'à la rue de la Plaine des Bouchers), conçues pour rationnaliser le montage des châssis et des moteurs. Les carrosseries réalisées en composite, bois et tôle, pouvaient être faites selon la demande du client. Mathis, qui avait ouvert en 1898, à 18 ans, un garage et un atelier de réparation, fut l’un des plus gros employeurs de Strasbourg de l’entre-deux-guerres. Contraint pour la continuité de l’entreprise, de passer des accords avec Ford en 1934 (sous la marque Matford), il dénonça le contrat et gagna le procès qui l’opposait à son associé américain. Contraint de quitter la France sous peine d’emprisonnement par l’occupant, Emile Mathis partit en Amérique durant le conflit et fit fabriquer des obus pour les Américains dans son usine Matam, ce qui lui valut le fanion E de la Navy (Marine américaine). Il fournit, de plus, toutes les indications nécessaires à l’aviation américaine pour qu’elle puisse bombarder ses usines strasbourgeoises réquisitionnées dès juin 1940 par les Allemands pour y faire fabriquer, mais aussi réviser, des moteurs d’avion Junkers. Après 1945, la guerre et les déboires qu’avaient connus ses clients avant guerre (impossibilité de trouver des pièces de rechange en dehors des Matford), ne lui permirent plus de retrouver le lustre d’antan. Colonnes de l’ancienne synagogue, marbre Construite en 1898 par l’architecte Ludwig Levy de Karlsruhe, la nouvelle synagogue consistoriale est la dernière des constructions religieuses menées à l’époque allemande. Edifiée quai Kléber, devant l’ancienne halle aux blés et juste à côté de l’ancienne gare transformée entre temps en marché couvert, elle fut financée par la communauté juive et subventionnée par la ville et la délégation provinciale d’Alsace-Lorraine. Elle était orientée d’est en ouest selon les prescriptions rituelles et se composait de deux espaces : une vaste nef permettant d’accueillir au rez-de-chaussée les hommes et sur des tribunes les femmes, ainsi qu’un choeur avec une estrade surélevée et un pupitre, une chaire et l’Arche sainte. Cette synagogue permettait d’accueillir 1639 personnes. En septembre 1939, la communauté juive fut évacuée avec le reste de la population. Ce n’est qu’en mai 1940 que furent emportés par l’aumônier militaire israélite Schuhl, les derniers rouleaux de la Torah de la synagogue du quai Kléber. Les juifs ne furent pas autorisés à revenir en Alsace après l’armistice du 22 juin 1940 et leurs biens strasbourgeois furent confisqués. Quant à la synagogue elle fut incendiée dans la nuit du 30 septembre au 1e octobre 1940. Abandonnée, elle est vouée à la démolition en mars 1941 et il n’en reste rien en 1945, à l’exception de ces 2 fragments de colonnes sauvées et conservés par un étudiant qui en fera don, bien plus tard, à la veille de sa mort, au Musée Historique, ainsi qu’un lion sculpté conservé dans la nouvelle synagogue construite avenue de la Paix. Projet de décor créé pour l’inauguration de l’université nazie Le 23 novembre 1941, une cérémonie marque l’ouverture de l’université nazie. Ce dessin fait partie d’un des projets proposés pour décorer le parvis du Palais universitaire à cette occasion. Drapeaux nazis et aigles décorent façade et parvis. Ernst Anrich, Alsacien émigré en Allemagne après 1918, nommé doyen, fut chargé de refonder l’Université de Strasbourg, devenue Reichsuniversität, Cette université devait répandre l’idéologie nazie, cultiver l’identité ethnique allemande (Deutschtum) et servir de rempart contre l’influence française. Aucune faculté de théologie n’y était autorisée et aucun des enseignants de l’université française n’y sera nommé. L’université française était évacuée depuis automne 1939 à Clermont-Ferrand ainsi que la bibliothèque nationale et universitaire. Mais en février 1941 le régime de Vichy donna raison aux DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 12 nazis qui exigeaient le retour des ouvrages de la BNUS à Strasbourg. En 1943, deux rafles tentent de mettre fin au foyer de résistance que représentaient professeurs et étudiants à Clermont-Ferrand. Drapeau dit de Koufra hissé au sommet de la cathédrale le 23 novembre 1944 En hissant ce drapeau sur la flèche de la cathédrale, le Spahi Maurice Lebrun, conducteur de chars du 1er peloton du 1er RMSM accomplit le serment de Koufra du général Leclerc. Le 21 décembre 1940, Philippe Leclerc avait lancé une expédition contre la Libye, la bataille de Koufra, avec 400 hommes et 56 véhicules. Le 16 février 1941, les Français mettaient en déroute les Italiens et, le 2 mars, le colonel Leclerc prêtait le serment suivant avec ses hommes : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Ce drapeau a été réalisé à partir de tissus trouvés dans le quartier de la cathédrale : le bleu vient d’un tablier de Madame Lorentz, commerçante de la place Saint-Etienne, le blanc d’un drap appartenant aux parents de Charles Mark et le rouge d’un drapeau nazi. La 2e DB, Division Leclerc, perce les lignes allemandes à partir du 16 novembre 1944 et lance ses groupements tactiques. Le 21 novembre, les unités arrivent près de Saverne et la Petite-Pierre, le 22 novembre, Saverne est prise. Le 23 novembre, c’est au tour de Strasbourg qui est approchée par cinq axes différents. Le message « Tissu est dans iode » c'est-à-dire « Rouvillois est dans Strasbourg », confirme le succès de la 2e DB. La surprise est générale, le général allemand Vaterrodt remet sa reddition au général Leclerc. Robe de juge de Jean-Paul Costa, années 1990 Cette robe a appartenu à Jean-Paul Costa, juge représentant la France à la Cour européenne des droits de l’homme entre 1998 et 2011 puis Vice-président de la Cour de 2001 à 2007. En 2012, il est élu président de l’Institut international des droits de l’homme René Cassin à Strasbourg. Cette robe permet d’évoquer le rôle de la Cour Européenne dont le siège est à Strasbourg. La Cour Européenne est une juridiction internationale qui veille au respect de la convention européenne des droits de l’homme. Elle accepte les plaintes contre un état membre du Conseil de l’Europe ayant ratifié la convention, après que le plaignant ait épuisé tous les recours au niveau national. Cette plainte doit porter sur un des droits de la convention et être déposée au plus tard 6 mois après le dernier jugement national, elle sera examinée à condition que le plaignant ait le statut de victime et que le préjudice soit important. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 13 7. Concept muséographique Par Laurent Marquart, scénographe/muséographe, gsmprjct°création. Un musée de savoirs, mais aussi un musée d’émotions et de découvertes ludiques Toute la muséographie et la scénographie tendent vers la création d’une médiation du contenu historique, d’une communication des thématiques abordées et d’une présentation de la collection qui puisse toucher les visiteurs tout autant sur les plans du cognitif, du sensoriel, du ludique que sur celui de l’émotif. Ce qui fait la force du concept muséographique et scénographique du Musée Historique de la Ville de Strasbourg, c’est qu’il s’inscrit dans une recherche d’utilisation optimale des médias contemporains de médiation pour présenter les thématiques et les oeuvres. Dans cette optique, la scénographie a été conçue comme une mise en scène véritablement théâtrale qui est l’expression de l’histoire de la ville. Elle révèle dans la deuxième tranche qui s’ouvre au public aujourd’hui une histoire mouvementée constituée de bouleversements majeurs. Quatre prises de pouvoir différents en 149 ans, mais aussi d’une étonnante continuité avec tous les métissages que cela sous-entend. Le concept fondamental de créer une scénographie qui soit l’expression de la thématique se déploie à tous les niveaux : pour la présentation des oeuvres de grande taille à l’échelle du volume de la bâtisse, aussi bien que pour ceux qui se situe à l’échelle de vitrines-niches ou de vitrines cloche, pour la conception des audiovisuels, de l’audio-guide gratuit, pour les jeux interactifs tout autant que pour ce que nous nommons les «Boîtes magiques» (rencontres virtuelles avec neuf personnes qui ont vécu la période de la Seconde Guerre mondiale d’une façon différente) . Une scénographie du dépaysement qui est l’expression de l’histoire de la ville Dépaysement par le parcours scénographique La deuxième et dernière tranche du Musée, de 1800 à 1949, couvre une période particulièrement mouvementée. Ce constat a conduit à la création d’une scénographie d’ouverture, de bouleversement, de contraste entre les périodes de paix et de guerre. Jusqu’en 1870, nous sommes toujours dans la ville moyenâgeuse et déambulons dans la continuité du dédale de parois-murailles dont les obliques contrastent avec l’architecture historique omniprésente de la bâtisse du XVIe siècle. Cependant après la prise de la ville par les allemands en 1870, la scénographie devient l’expression de la ville qui sort de ses murailles et les abat ! Une perspective d’ouverture alliée à la présence retrouvée de la lumière naturelle confère à la zone de la période allemande une dimension spatiale totalement nouvelle. Avec le retour à la France en 1918, la guerre de 39-45 et la libération de 1945 le traitement de l’espace rejoint le plan orthogonal de la bâtisse. Un ordre nouveau se dessine et amalgame les périodes des deux guerres mondiales. Dans la dernière zone, la forme de l’hémicycle a été choisie pour symboliser le passage de la ville à une nouvelle époque, celle de l’Europe. Comme finale, la Ville de Strasbourg établit des parallèles ou des liens entre son histoire et l’histoire des villes de Gdansk, Poznan, Bratislava, Trieste, Genève, Bruxelles. Une innovation née de la thématique. Des monolithes indépendants, «Quelles destinées ?», avec graphisme et objets, ponctuent la visite pour marquer les enjeux d’appartenance des Strasbourgeois qui doivent ou peuvent s’adapter de diverses façons à la présence d’un nouveau pouvoir ou au contraire choisissent de quitter la ville, ou encore en sont expulsés. Dans tous les cas le langage formel de la scénographie continue de s’affirmer en contraste avec la puissance de la structure de la bâtisse du XVIe siècle toujours omniprésente. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 14 Avant de quitter la dernière salle, deux derniers clins d’oeil thématiques : - une citation de Victor Hugo datant de 100 ans exactement avant la création du Conseil de l’Europe - donner la possibilité aux visiteurs d’envoyer une carte postale virtuelle à leurs parents et amis en choisissant une image inédite d’un graphisme original et ludique, tirée d’une série d’objets phares de leur visite. Présence d’objets phares Le concept scénographique vise à créer à chaque nouveau détour une surprise visuelle avec la mise en valeur d’objets phares ou la présence d’un choix scénographique marquant : Période française (1800-1870) - une grande vitrine consacrée à une partie seulement de la collection exceptionnelle des petits soldats en carton, que l’on continuera de retrouver en cours de parcours ; - un montage interactif qui permet aux visiteurs de voir des costumes de la collection ; - la maquette du grand théâtre présentée pour en voir l’intérieur de façon optimale ; - les objets pédagogiques fabuleux de l’université ou encore les dernières diligences d’une beauté remarquable. Période allemande (1870-1918) - les premiers obus de l’ère des bombardements auxquels l’on oppose symboliquement des fusils ; - des photographies en 3 dimensions des ruines de la ville après les bombardements ; - les deux maquettes de la Grande Percée, avant et après, avec jeu interactif. Maquettes qui symbolisent et illustrent avec force le développement urbain de cette époque; - la vitrine des merveilleux et surprenants objets pédagogiques de l’université allemande. Guerre (1914-1918) - un obus souvenir peint à la main; - les premiers tickets de rationnement créés à cette époque. Libération (1918) - la tête cabossée de Guillaume 1er ; - un montage audiovisuel avec le film de la libération (actualités Gaumont) Période française (1918-1939) - 21 petites maisons en plâtre, symbolisant le logement social de cette époque ; - une péniche en relation à l’échelle réelle avec le silo Seegmuller ; - une torpédo Mathis accompagnée d’un montage vidéo de publicités de l’époque ; - un portrait en médaillon du monument Pasteur. Guerre (1939-1945) - des insignes multicolores d’une diversité étonnante utilisés dans le cadre de collectes de fonds pour le régime nazi ; - des objets fabriqués par les prisonniers du camp de Tambov ; - une vidéo-projection des bombardements de 1944/45 avec immersion sonore ; - les boîtes magiques du thème des «Destins» avec images et objets ayant appartenus aux 9 personnages présentés, qui sont combinés avec la scénarisation de l’audiovisuel et vise à toucher les visiteurs par l’émotion. Libération (1945) - le képi et la veste de De Lattre Tassigny ; - le drapeau de la libération de Strasbourg ; - le faire-part ironique du décès annoncé de Hitler. L’Europe - montage audiovisuel sur le thème de la création du Conseil de l’Europe ; - la maquette «utopique» du pont du Rhin de Gaetano Pesce ; - un montage interactif sur le thème des Villes Soeurs. Un final conçu pour mettre d’une façon inédite la Ville de Strasbourg en relation avec des villes, qui comme elles, ont connu des destins similaires ou dont leur histoire ont croisé la sienne ; - extrait du discours inaugural de Victor-Hugo au congrès de la Paix, 21 août 1849, Paris, qui parle de démocratie à l’échelle de l’Europe et du monde DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 15 Dépaysement par la couleur Ce parti-pris fondamental d’utilisation de couleurs vives et expressives (rouge, bleu, noir), source de dépaysement visuel affirmé avec force, a été conservé dans la deuxième tranche qui s’ouvre au public aujourd’hui. Symbolique de la continuité de l’histoire de la ville malgré les changements de nationalités. Seul changement radical, la couleur de la dernière zone, celle de l’Europe se fond avec la couleur intérieure de la bâtisse, un beige/blanc très doux symbolise le passage à une dimension totalement nouvelle de l’histoire de la ville. Dépaysement par la lumière Dans la deuxième tranche et après 1870, l’utilisation de vitrines cloches tout en verre conduit à la mise en lumière des objets qui y sont présentés au moyen de l’éclairage scénique installés au plafond. Une autre façon de marquer d’une manière subliminale tout autant que concrètement le passage de la ville moyenâgeuse à celle de la cité moderne. Le système d’éclairage par la fibre optique qui met en valeur les pièces de la collection présentées dans les vitrines-niches, fournit l’occasion de son côté de réaliser un travail de ciselage de la lumière comparable, mais à échelle moindre, à celui d’un éclairage théâtral. Cette fois-ci, ce ciselage révèle les aspects les plus significatifs ou intéressants des oeuvres, grâce à l’utilisation de volets mobiles minuscules fixés aux têtes de la fibre optique. Les vitrines sont oubliées, seul le contact visuel avec les objets domine et fascine. Dépaysement par les vitrines Les vitrines participent au langage symbolique des espaces. Elles sont intégrées dans les parois (niches de lumière colorées contenant de précieux objets) pour la période de 1800 à 1870 ou de style vitrines cloches en verre qui sont utilisées dans les zones de paix après 1870. Un audio guide convivial Le Musée Historique de la Ville de Strasbourg offre une visite guidée personnelle au moyen de casques d’écoute ouverts permettant également une communication facile entre les membres d’une même famille ou entre amis. Le déclenchement par ondes magnétiques des messages audio (voix, sons, musique) énoncés dans la langue du visiteur -français, allemand ou anglais- est automatique et se fait au rythme de la visite de chacun. Pour ceux qui désireraient en savoir plus ou voudraient s’amuser avec la petite histoire, une série de messages complémentaires -saynètes, anecdotes, etc.- est offerte, et ceci grâce à l’utilisation d’un seul bouton-poussoir. Une narratrice joue le rôle de guide personnel. Cependant, son message est soit complété, soit interrompu ou même questionné par un historien qui apporte recul, actualisation, diversité de vision ou d’interprétation de l’histoire… En d’autres mots, il donne matière à réflexion. Interactivité ludique et animation Jouer pour apprendre, jouer pour découvrir Pour les enfants d’abord, mais très souvent aussi pour les adultes. Il s’agit de manipuler, d’interagir d’une façon tactile, sensorielle. Des gestes mémorables, comme dans la première tranche. Et pour approfondir un sujet, une série de bornes interactives sont localisées tout au long du parcours. Ce medium est également utilisé dans le cas des rencontres des «Destins» (Seconde Guerre mondiale), destins qui sont abordés au moyen de « boîtes magiques » où les images vidéo «virtuelles» sont combinées à la présence d’objets « réels » de la collection. Des espaces de regroupement ont été prévus pour une animation avec groupes scolaires par exemple. «Voir la ville avec de nouveaux yeux et une nouvelle intelligence» résume l’intention du concept muséologique, muséographique et scénographique du Musée Historique de la Ville de Strasbourg. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 16 8. Comité scientifique Monsieur le Professeur Georges BISCHOFF, Directeur de l’Institut d’histoire médiévale à l’Université de Strasbourg Madame Claudine CARTIER, Conservateur général, Direction générale des patrimoines, Service des musées de France, Ministère de la culture et de la communication Madame Monique FUCHS, Conservateur en Chef du Musée Historique de la Ville de Strasbourg Monsieur Alexandre KOSTKA, Professeur des Universités, Université de Strasbourg Monsieur Laurent MARQUART, Muséographe GSM Design Monsieur Hans OTTOMEYER, ancien Directeur du musée d’histoire allemande de Berlin Monsieur Daniel PAYOT, Adjoint à l'Action Culturelle, Ville de Strasbourg Madame Laurence PERRY, Conservateur en Chef du Patrimoine, Directrice des Archives Municipales de la Ville de Strasbourg Monsieur Simon PIECHAUD, Conservateur Régional des Monuments Historiques, DRAC Alsace Madame Joëlle PIJAUDIER-CABOT, Directrice des Musées de la Ville de Strasbourg Monsieur Freddy RAPHAEL, professeur émérite de sociologie à l’Université de Strasbourg Monsieur Sébastien SOUBIRAN, Mission culture scientifique et technique, Université Louis Pasteur, Strasbourg Madame Dominique TOURSEL-HARSTER, ancienne conseillère pour les musées, Direction régionale des affaires culturelles d’Alsace Monsieur Alfred WAHL, professeur émérite de l’université de Metz DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 17 9. De nombreux et généreux donateurs Le Musée Historique a bénéficié de tout temps de la générosité de donateurs strasbourgeois, alsaciens ou plus lointains. Pensons simplement à l’énorme collection de militaria offerte par Fritz Kieffer en 1934 à la Ville de Strasbourg pour le Musée Historique : 160 uniformes, plusieurs milliers de figurines de cartes, des diplômes et objets variés provenant de sa collection d’objets ethnographiques. Au cours des dix dernières années, le musée a continué de bénéficier de cet élan populaire. Cela va de l’envoi par la Poste par un couple de retraités du faire-part de décès de Hitler à la donation pléthorique de Louis Ludes qui, au fur et à mesure de rangements, offre le fruit d’une vie passée à recueillir les témoignages modestes, mais devenus ô combien précieux et rares avec le temps, de la vie à Cronenbourg mais aussi de la vie des Strasbourgeois plus particulièrement depuis la Première Guerre mondiale. On trouve dans ce don tout l’équipement utilisé dans les abris antiaériens, des plaques de rue de la période allemande, une radio bricolée pour écouter Radio-Londres, des plaques et objets publicitaires, des documents d’identités, de la documentation rassemblée sur différents thèmes liés à l’histoire de Strasbourg. Entre les deux se situent nombre de donations faites au hasard de rencontres ou d’appels téléphoniques : un obus peint rapporté de la Première Guerre mondiale qui permet d’évoquer l’équivalent du front de Verdun côté russe (don Mme Lassauce-Muller), des caricatures sur les Allemands de la même période offertes par la Société des Amis des Arts (qui a également offert d’autres objets au musée historique), le catalogue de l’exposition de l’Orangerie en 1895 (don obtenu grâce à la générosité de M. Mellon et de l’association des Amis de Dietrich), une série de documents et un coffre de Mme Zabern qui livrent ainsi des tranches de vie de sa famille durant la Seconde Guerre mondiale. Ces dernières années ont particulièrement afflué des dons de documents provenant de la Seconde Guerre mondiale : courriers écrits et illustrés d’un soldat de la drôle de guerre à sa fille (don Mme Wolfermann), cahiers d’écoliers alternativement en allemand et en français (don Mme Meder, don M. Eschbach et Mme Sizaret-Eschbach), documents concernant l’évacuation en Dordogne, tout récemment encore papiers illustrant le système de surveillance mis en place par les nazis. D’autres dons sont liés à une association d’amis, plus particulièrement l’association des Amis Mathis, grâce à laquelle une section a pu être consacrée à une page de l’industrie automobile de l’entre-deux guerres, disparue depuis. Leur enthousiasme, leurs compétences ont permis de trouver, d’obtenir en don ou à des prix modestes ce qui était nécessaire pour bien illustrer différents aspects du talent d’Emile Mathis, à la fois grand industriel et talentueux publiciste. Certaines institutions européennes ont participé à l’aventure du musée en acceptant de se défaire de mobilier historique (Conseil de l’Europe) , ou en donnant des documents actuels (Pharmacopée européenne) ou encore en obtenant de l’un de leurs plus illustres représentants des éléments portés comme la robe du juge Jean-Paul Costa. N’oublions pas que la présentation actuelle est aussi liée à des dépôts comme ceux consentis par la Fondation Eliza (portrait d’Auguste Ratisbonne maître de Poste), ou ceux de l’Université de Strasbourg et son important dépôt d’objets scientifiques et archéologiques. Ce sont près de 1700 dons collectés depuis 2002 qui participent à la qualité de la présentation permanente. DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 18 10. Plan des nouvelles salles DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 19 11. Inauguration Samedi 16 et dimanche 17 novembre 2013 Week-end inaugural « Portes ouvertes » Accès libre pour tous Samedi de 12h à 18h, dimanche de 10h à 18h. Visites « Coups de coeoeoeoeur » : dimanche 17 novembre de 10h30 à 13h, des membres du comité scientifique expliquent les collections à raison de 30 minutes chacun. - Georges Bischoff : Les petits soldats de Strasbourg - Sébastien Soubiran : Les collections universitaires - Alfred Wahl : Le Reichsland - Hans Ottomeyer : Art ou propagande, les affiches des emprunts de guerre 1914-1918 - Freddy Raphael : L’entrée des juifs d’Alsace dans la modernité à la fin du XIXe et au XXe siècles - Laurent Marquart : La muséographie 12. Autour de l’ouverture des nouvelles salles Visites commentées des nouvelles salles Dimanches 24 novembre 2013, 26 janvier et 9 février 2014 à 11h Visites « Coups de projecteurs » Dimanche 1er décembre à 15h : « Portraits de maires (1) », à 15h30 « Portraits de maires (2) » Le temps d’une rencontre Samedi 18 janvier 2014 à 14h30 : « L’histoire continue… de Napoléon aux institutions européennes » avec Monique Fuchs, conservatrice du Musée Historique. Une heure / une oeoeoeoeuvre Jeudi 9 janvier à 12h30 et mercredi 15 janvier à 14h30 : « Strasbourg 1800-1870 : aménagements de la ville avant 1870 » Voir les Musées Autrement Samedi 25 janvier à 10h, visite interprétée en LSF : « L’histoire continue… de Napoléon aux institutions européennes » Samedi 1er février à 10h, pour personnes malvoyantes et non-voyantes : « L’histoire continue… de Napoléon aux institutions européennes » Réservation indispensable au 03 88 88 50 50 (lundi à vendredi de 8h30 à 12h30 Musées en Famille Dimanche 8 décembre à 15h : « L’histoire continue… de Napoléon aux institutions européennes », enfants à partir de 6 ans, accompagnés d’adultes DOSSIER DE PRESSE « L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES OUVERTURE DES NOUVELLES SALLES DU MUSÉE HISTORIQUE » 16 ET 17 NOVEMBRE 2013 20 13. Informations pratiques Musée Historique de la Ville de Strasbourg 2, rue du Vieux Marché aux Poissons 67076 STRASBOURG Cedex Tél. : 03 88 52 50 00 www.musees.strasbourg.eu Conservateur en chef : Monique Fuchs Week-end inaugural « Portes ouvertes » Samedi 16 novembre 2013 : de 12h à 18h Dimanche 17 novembre 2013 : de 10h à 18h Horaires du musée : Tous les jours de 10h à 18h. Fermé le lundi. Les musées sont fermés les 1er janvier, vendredi saint, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 décembre. Accueil des groupes : Pour toute visite de groupe de plus de 10 personnes, la réservation est obligatoire au : 03 88 88 50 50 (du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30). Tarifs : Normal : 6,5 € Réduit : 3,5 € Gratuité : - moins de 18 ans - carte Culture - carte Atout Voir - carte Museums Pass Musées - carte Édu’Pass - visiteurs handicapés - étudiants en art, en histoire de l’art et en architecture - personnes en recherche d’emploi - bénéficiaires de l’aide sociale - agents de la CUS munis de leur badge Gratuité pour tous : - le 1er dimanche de chaque mois Pass 1 jour : 12 €, tarif réduit 6 €, (accès à tous les Musées de la Ville de Strasbourg et à leurs expositions temporaires), Pass 3 jours : 18 €, tarif réduit : 12 € (accès à tous les Musées de la Ville de Strasbourg et à leurs expositions temporaires), Museums Pass Musées – 1 an, 250 musées en Alsace, Lorraine, Suisse et Allemagne Accès gratuit aux musées et aux expositions pour les porteurs de carte Plus d’informations : www.museumspass.com Contact presse : Julie Barth Service communication des Musées de la Ville de Strasbourg Tel : 03 88 52 50 15 Email : julie.barth@strasbourg.eu Demande à adresser à : Service communication des Musées de la Ville de Strasbourg Julie Barth 2 place du Château, Strasbourg julie.barth@strasbourg.eu Tél. + 33 (0)3 88 52 50 15 Fax + 33 (0)3 88 52 50 42 LISTE DES VISUELS TÉLÉCHARGEABLES SUR LE SITE WWW.MUSEES.STRASBOURG.EU L’HISTOIRE CONTINUE… DE NAPOLÉON AUX INSTITUTIONS EUROPÉENNES DE NOUVELLES SALLES POUR LE MUSÉE HISTORIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG 16 NOVEMBRE 2013 1. Modèle de turgotine, vers 1820, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 6. Mathis 5 CV type P, torpédo 3 places, 1925, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 7. Leopold et Rudolf Blaschka, Développement de mollusques, verre, Dépôt du Musée Zoologique, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 8. Affiche de propagande, Und Ihr ?…Zeichnet Kriegsanleihe, Souscrivez à l’emprunt de guerre !, 1917, lithographie, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 4. et 5. Mme Emilie Schmitt (1840-1898), cantinière du 3e régiment de Zouaves, 1870, Legs Fritz Kieffer Strasbourg, Musée Historique. Photo : Olivia Eller 2. Jacques Frédéric Kirstein (1765-1838), Coupe offerte à Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814), 1814, Argent doré, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 3. Philippe Grass (1801-1876), Maquette du monument à Adrien de Lezay-Marnésia (1769-1814), 1857, Plâtre, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 9. Robe de juge de Jean-Paul Costa, années 1990, Satin synthétique bleu foncé et bleu européen, fourrure blanche de lapin, toile de coton blanche, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 10. Drapeau dit de Koufra hissé au sommet de la cathédrale le 23 novembre 1944, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 15. et 16. Musée Historique de la Ville de Strasbourg. Photo : Mathieu Bertola 22. et 23. Musée Historique de la Ville de Strasbourg. Photo : Mathieu Bertola 13. et 14. Musée Historique de la Ville de Strasbourg. Photo : Mathieu Bertola 18. Maquette du théâtre, côté Jardin, 1813, réalisée au 1/30e par le menuisier Bertat sur les plans de Jean Villot, poirier, chêne, tilleul, résineux, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 19. Colonnes de l’ancienne synagogue, marbre, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 11. et 12. Emile Maechling (1878-1964), Maquette de la Grande Percée, avant (vers 1910) et après (vers 1916), bois polychromé, Strasbourg, Musée Historique. Photo : Mathieu Bertola 20. et 21. Musée Historique de la Ville de Strasbourg. Photo : Mathieu Bertola 17. Musée Historique de la Ville de Strasbourg. Photo : Mathieu Bertola

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