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    Fouilles archéologiques à Strasbourg...

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    STRASBOURG-ARGENTORATE
    UN CAMP LÉGIONNAIRE SUR LE RHIN
    (1ER- 4E SIÈCLE APRÈS J.-C.)
    SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8
    MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE
    DE LA VILLE DE STRASBOURG
    16 OCTOBRE 2010 / 31 DÉCEMBRE 2011
    1. RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
    2. LE PROJET
    3. UN PARTENARIAT TRANSFRONTALIER
    4. TROIS SITES POUR UNE HISTOIRE COMMUNE
    Les fouilles du « Grenier d’Abondance »
    Les fouilles de la rue Brûlée
    Les fouilles de la rue de la Mésange
    5. LA VIIIe LÉGION AUGUSTE
    La VIIIe légion avant Strasbourg
    La VIIIe légion à Strasbourg
    6. DÉCOUVRIR LA VIE QUOTIDIENNE DES LÉGIONNAIRES
    7. LE LÉGIONNAIRE, UNE FIGURE MYTHIQUE
    De la publicité à la bande dessinée
    Le regard contemporain de Bernard Latuner
    8. AUTOUR DE L’EXPOSITION
    1. Renseignements pratiques
    Lieu :
    Musée Archéologique de la Ville de Strasbourg
    (salle d’expositions temporaires et parcours dans toute la section gallo-romaine du musée)
    Palais Rohan, 2 place du Château, Strasbourg
    Tél. : 03 88 52 50 00
    Horaires :
    Les lundi, mercredi, jeudi, vendredi de 12 h à 18 h
    Les samedis et dimanches de 10 h à 18 h
    Fermé le mardi
    Fermé le 1er Janvier, Vendredi Saint, 1er Mai, 1er et 11 novembre et le 25 décembre.
    Accueil des groupes :
    Réservation obligatoire auprès du Service Educatif des Musées de la Ville de Strasbourg.
    Tél. :
     03 88 52 50 50 (du lundi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 30)
    Pour les visites scolaires, consulter la brochure des actions éducatives
    (www.musees-strasbourg.org/visites , ateliers/ actions éducatives)
    Pour toute information :
    du lundi au vendredi, de 14 h à 17 h au 03 88 52 50 04
    Fax : 03 88 52 50 41.
    Prix d’entrée :
    Tarif normal : 5 euros
    Tarif réduit : 2, 50 euros
    Gratuité :
    - moins de 18 ans
    - carte Culture
    - carte Atout Voir
    - carte Museums pass Musées du Rhin supérieur
    - carte Éduc’Pass
    - visiteurs handicapés
    - étudiants en histoire de l’art et en archéologie
    - personnes en recherche d’emploi
    - bénéficiaires de l’aide sociale
    - agents de la CUS munis de leur badge
    - pour tous, le 1er dimanche de chaque mois.
    Pass 1 jour : 8 euros, tarif réduit : 4 euros
    Pass 3 jours : 10 euros, tarif unique (accès à tous les musées de Strasbourg et à leurs expositions
    temporaires)
    Museums Pass Musées - 1 an, 180 Musées : tarif individuel 69 euros ; tarif familial 119 euros (accès
    à plus de 180 musées en Alsace, Suisse et Allemagne).
    Catalogue :
    Un catalogue d’environ 250 pages, abondamment illustré, accompagne l’exposition.
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    2. Le projet
    De nombreuses fouilles archéologiques ont été menées au cours des dernières années sur le site du
    camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate et de ses abords immédiats : place du Petit-Broglie
    (Grenier d’Abondance), rue Brûlée, rue de la Mésange… à l’occasion de travaux de rénovation de
    bâtiments anciens ou d’implantation de nouvelles infrastructures urbaines. Ces recherches ont
    permis de recueillir d’innombrables informations sur la topographie de la zone nord du camp et sur
    son évolution au fil du temps.
    L’histoire du camp légionnaire est aussi celle des troupes qui y ont été cantonnées durant près de
    cinq siècles, ainsi que celle des habitants venus s’établir dans les quartiers civils proches du camp,
    attirés par l’important centre de consommation que représentait la légion. La VIIIe légion Auguste,
    qui est restée stationnée à Argentorate durant quatre siècles et est ainsi devenue la légion
    strasbourgeoise par excellence, a fortement marqué l’histoire antique de l’Alsace. Des éléments
    chronologiques nouveaux sont venus préciser son histoire et la date de son transfert à Strasbourg,
    grâce en particulier aux fouilles du camp de Mirebeau en Bourgogne dirigées par le professeur
    Michel Reddé.
    Le huitième volet de la série d’expositions « Fouilles récentes » s’est donc donné pour objectif de
    présenter une synthèse actualisée sur l’histoire du camp légionnaire de Strasbourg-Argentorate et de
    faire découvrir au public la vie quotidienne des légionnaires cantonnés sur la frontière rhénane
    jusqu’au Ve siècle après J.-C.
    Exposition organisée par les Musées de la Ville de Strasbourg
    Roland Ries
    Sénateur, Maire de la Ville de Strasbourg
    Daniel Payot
    Adjoint au Maire chargé de l’Action culturelle
    Joëlle Pijaudier-Cabot
    Directrice des Musées de la Ville de Strasbourg
    Commissaires de l’exposition :
    Bernadette Schnitzler, Conservateur en chef du Musée Archéologique de Strasbourg
    Gertrud Kuhnle, archéologue à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives
    DOSSIER DE PRESSE « STRASBOURG-ARGENTORATE, UN CAMP LEGIONNAIRE SUR LE RHIN
    (1ER- 4E SIÈCLE APRÈS J.-C.)-SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8 »
    MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG, 16 OCTOBRE 2010 - 31 DÉCEMBRE 2011
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    3. Un partenariat transfrontalier
    La participation de spécialistes allemands et suisses est venue compléter la petite équipe mise en
    place pour la conception scientifique du projet, autour du Musée Archéologique et de l’Inrap.
    Le développement de l’archéologie préventive a été favorisé par la multiplication des grands travaux
    d’aménagement et d’urbanisme et par la prise de conscience d’une destruction accélérée et
    irrémédiable d’innombrables sites archéologiques. La naissance de l’Institut National de Recherches
    Archéologiques préventives (Inrap) est venue répondre en 2001 à ces besoins nouveaux de la
    recherche. À une archéologie de sauvetage souvent précaire, s'est substituée ainsi dans les
    dernières décennies du XXe siècle, une archéologie contractualisée entre aménageurs et opérateurs
    de fouille. Des conventions sont établies sous l'égide des Services Régionaux de l'Archéologie et la
    fouille prend désormais place dans la planification des grands chantiers. Cette politique concertée a
    permis des progrès considérables pour la connaissance du passé, tout en conciliant activité
    économique et nécessaire prise en compte du patrimoine archéologique avant sa destruction.
    L’Inrap est ainsi devenu l’un des partenaires privilégiés du Musée Archéologique pour la valorisation
    des résultats des recherches archéologiques menées en Alsace. Un partenariat spécifique a été plus
    particulièrement développé dans le cadre de cette exposition, dont l’un des commissaires est
    Gertrud Kuhnle, archéologue et responsable scientifique à l’Inrap, qui a dirigé les fouilles de deux
    des trois principaux chantiers présentés. Plusieurs autres archéologues de l’Inrap ont également
    collaboré au projet par la présentation de leurs travaux sur des thèmes plus spécialisés : pièces
    d’équipement militaire, carrières, alimentation,…
    Outre la participation de Michel Reddé, professeur à l’École pratique des Hautes Études et
    spécialiste de l’histoire militaire antique, des archéologues suisses (Jürgen Trumm) et allemands
    (Alexander Heising, Martin Wieland) travaillant sur l’histoire du limes réto-danubien et des camps de
    Mayence (Allemagne) et de Vindonissa (Suisse) se sont joints également à l’équipe scientifique
    réunie autour de l’exposition. Plusieurs prêts importants ont été consentis, par ailleurs, par les
    partenaires de l’exposition.
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    4. Trois sites pour une histoire commune
    Si le tracé de l'enceinte du camp d'Argentorate est relativement bien connu grâce aux observations
    faites depuis le XVIIIe siècle, sa topographie interne reste beaucoup plus incertaine. La continuité de
    l'occupation de l'époque romaine à nos jours rend en effet difficile l’étude de la trame spatiale
    antique, malgré d'innombrables observations ponctuelles effectuées depuis le milieu du XIXe siècle.
    Les vestiges de bâtiments partiellement mis au jour ont donc été identifiés jusqu’alors surtout par
    comparaison avec le plan-type d’autres camps légionnaires fouillés sur de larges superficies en
    Allemagne ou en Suisse.
    Les fouilles du « Grenier d’Abondance »
    La réhabilitation du « Grenier d’Abondance », un remarquable édifice médiéval situé place du Petit-
    Broglie, a été effectuée pour accueillir des services de l’Opéra national du Rhin tout proche. Cette
    opération a fourni l’occasion d’étudier ce très original grenier à blé du XVe siècle (l’un des plus grands
    d’Europe et le seul conservé presque intact aujourd’hui), ainsi que le sous-sol de ce secteur situé sur
    le tracé du rempart antique.
    Les fouilles menées par l’Inrap de novembre 1999 à mai 2000 (direction : G. Kuhnle) ont permis
    d’analyser la chronologie détaillée des installations militaires romaines de ce secteur du camp. Les
    premiers ouvrages en relation avec l’armée sont mis en place vers la fin du Ier siècle après J.-C., dès
    que la VIIIe légion Auguste est arrivée à Strasbourg ; il s’agit d’un rempart construit en terre et en
    bois, avec son fossé et une voie de circulation interne, la via sagularis, établie à 6 m de distance du
    rempart.
    Un bâtiment de 14,80 x 4,40 m est construit vers 100 après J.-C. dans l’intervallum, entre la voie et
    le rempart : il s’agit d’un atelier comprenant une dizaines de fours à pain. Ce fournil légionnaire a
    fonctionné dans la première moitié du IIe siècle, avant qu’un atelier plus grand ne soit construit vers
    140-150.
    Un rempart en pierres calcaires avec triple chaînage de briques est édifié au cours du IIe siècle,
    adossé contre le rempart en terre et en bois. Cette enceinte du Haut-Empire est enchemisée à son
    tour dans une nouvelle courtine dotée d’une tour rectangulaire au IVe siècle. Les fondations et les
    techniques de construction de ces fortifications successives ont pu être examinées de façon
    détaillée.
    Les fouilles de la rue Brûlée
    La construction de l’École régionale des Avocats du Grand Est a fourni une nouvelle occasion
    d’explorer un secteur important du camp légionnaire. Des fouilles archéologiques préventives ont été
    menées par l’Inrap en 2008 dans la cour de cette ancienne annexe du Conservatoire de musique
    (direction : G. Kuhnle). L’exploration en profondeur du sous-sol sur 400 m² a permis d’appréhender
    sur la longue durée - du Ier siècle après J.-C. à nos jours - l’histoire de ce site proche de l’enceinte du
    camp romain. Pour la période romaine, l’intérêt majeur réside dans la découverte de vestiges d'un
    baraquement militaire et d’une rue parallèle à la via sagularis.
    La première tentative de viabilisation du site, perceptible à travers quelques tranchées, est victime
    d’inondations. Suit, à partir de 40 de notre ère, une occupation caractérisée par des tranchées selon
    un tracé orthogonal similaire au précédent, indices de l’installation d’un bâtiment en terre et en bois.
    D’importants travaux de nivellement du site lui succèdent pour assainir et préparer le terrain pour
    l’installation d’un camp fixe pour la VIIIe légion vers la fin des années 90 de notre ère.
    Une ruelle antique, large de 4 m et parallèle à la via sagularis (qui fait le tour intérieur de l’enceinte
    d’un camp), était bordée de portiques. Un vaste bâtiment aux rangées de pièces de taille identique
    disposées en enfilade, correspond à une grande baraque double légionnaire. Il abrite les
    contubernia, chambrées de huit soldats constituées de deux pièces conjointes : une petite
    antichambre (arma) et une grande chambre (papilio) à l’arrière. Cet édifice est régulièrement
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    entretenu entre la fin du Ier et le début du IVe siècle après J.-C. Sa fouille a livré vaisselle, meules,
    pièces d’armement et objets quotidiens appartenant à l’équipement personnel des légionnaires.
    La continuité de l’occupation du site durant le Moyen Âge se traduit, en particulier, par la présence
    d’une cabane semi-enterrée à six poteaux datée de la deuxième moitié du VIe et du VIIe siècles. Elle
    constitue une découverte tout à fait exceptionnelle, car il s’agit là de la première habitation du haut
    Moyen Âge fouillée dans l’emprise même du camp légionnaire de Strasbourg !
    Les fouilles de la rue de la Mésange
    La maison en terre et bois dégagée en 1999 à l’intersection de la place Broglie et de la rue de la
    Mésange, lors des travaux de la ligne B du tramway (fouilles J. Baudoux), représente un remarquable
    exemple de construction de type de « maison longitudinale », installée dans les canabae legionis, au
    plus près du camp au moment de sa construction par la VIIIe légion. C’est la première fois qu’un tel
    exemple est mis en évidence avec certitude à Strasbourg.
    Enfoui à 2,50 m en moyenne sous la chaussée actuelle, cet ensemble dont les éléments en bois
    étaient très bien préservés par le milieu tourbeux, était implanté sur une parcelle longitudinale
    perpendiculairement à l’axe de la voirie. Le bâtiment, couvert d’une toiture en roseau, s'ouvrait sur le
    prolongement de la via principalis du camp qui menait vers Brocomagus-Brumath. Il était constitué
    d’un portique donnant sur la rue et d’une enfilade de six pièces à l’arrière (munies de fours
    maçonnés et de plusieurs foyers domestiques), dont le mur sud a été observé sur près de 22 m de
    long.
    L’analyse dendrochronologique des bois, effectuée par le laboratoire Archéolabs, indique les années
    78 et 85-87 après J.-C. pour l'abattage des arbres utilisés pour la construction de cette maison.
    L’abondante céramique recueillie lors de la fouille montre que l’activité au sein de la parcelle s’est
    pleinement développée entre les années 90 et 130-140 après J.-C.
    Ces bâtiments témoignent d’une activité particulière, certainement tournée vers la « restauration
    rapide » liée à la clientèle militaire toute proche : distribution de vin et activité culinaire. Le sol de
    l’une des pièces a livré en effet en abondance des pollens de la famille des carottes, céleris,
    cerfeuils, livèches, mais aussi de celle des laitues et des scaroles. Une grande quantité de résidus
    osseux retrouvés dans une fosse témoigne d’une activité bouchère, ainsi que de la production
    occasionnelle de pendeloques en bois de cerf, très prisées par les soldats. C’est donc un
    échantillonnage relativement complet des services de préparation et de vente alimentaire qui a été
    mis en évidence dans cette échoppe des cabanae legionis, tenue par des commerçants dont la
    prospérité était dépendante de la présence de la garnison et qui sont sans doute arrivés dans le
    sillage de l’armée.
    Dans les années 130-140, l’arasement total du secteur a été programmé : l’ensemble a été nivelé
    par une couche de graviers et un réseau de voies plus complexe prend la place des maisons
    longitudinales. Des travaux d’une telle ampleur procèdent sans aucun doute de l’autorité militaire,
    dans la volonté de créer une esplanade devant la fortification et de réorganiser l’espace occupé par
    les canabae legionis à proximité du camp.
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    5. La VIIIe légion Auguste
    La VIIIe légion avant Strasbourg
    Au moment où elle arrive à Strasbourg-Argentorate, la VIIIe légion Auguste a déjà une longue
    histoire. En 59 avant J.-C., elle est l’une des trois garnisons mentionnées à Aquilée en Italie du Nord
    et est affectée à César au début de la Guerre des Gaules, d’où son surnom de Gallica. Elle participe
    ensuite à de nombreuses batailles avant de retourner en Italie et de prendre le surnom d’Augusta. En
    14 après J.-C., on la retrouve au sein de l’armée d’Illyrie (Slovénie et Croatie actuelles), car elle
    participe aux mutineries qui marquent l’avènement de l’empereur Tibère. Des inscriptions attestent
    sa présence en Autriche et en Slovénie. Vers 45 après J.-C., la VIIIe légion semble être en poste en
    Mésie (actuelle Bulgarie) où un de ses camps, édifié en terre et en bois, a été fouillé à Novae sur le
    Danube inférieur.
    Après une période plus obscure, les textes des historiens romains signalent son rôle dans les guerres
    civiles qui suivent la mort de Néron en 68-69. Après avoir soutenu un temps l’un des prétendants au
    trône, Othon, et fait marche vers l’Italie, elle se range aux côtés du futur empereur Vespasien et
    participe à la bataille de Crémone. Afin de rétablir l’autorité romaine face aux révoltes qui menacent
    la Gaule durant cette vacance du pouvoir, Vespasien y envoie ses troupes au nombre desquelles
    figure la VIIIe légion. Une fois la paix rétablie, cette dernière installe son camp à Mirebeau, près de
    Dijon. Les importantes fouilles dirigées par le professeur M. Reddé ont révélé que la VIIIe légion reste
    stationnée en Bourgogne jusque dans les années 83-84 après J.-C., peut-être même jusqu’en 89-90.
    Est réfutée ainsi, grâce à ces travaux novateurs, la thèse traditionnelle qui prévalait jusque-là de son
    arrivée à Strasbourg dès 70 après J.-C.
    La VIIIe légion à Strasbourg
    Avec le règne de Vespasien, un changement important intervient dans la politique romaine en
    Germanie. Dès 73-74 après J.-C., l’armée romaine investit la Forêt-Noire et la vallée du Neckar. La
    position stratégique de Strasbourg lui vaut probablement d’être l’un des points de départ de
    l’offensive au-delà du Rhin, avec la construction d’une route directe vers le Danube, jalonnée de
    petits postes militaires. Rien ne prouve que Strasbourg était alors le siège d’une garnison
    permanente : les bases militaires de la province reposaient principalement sur les deux légions
    établies à Mayence, ainsi que sur celle de Windisch en Suisse et sur la VIIIe légion cantonnée à
    Mirebeau en Bourgogne.
    Après la révolte du légat Saturninus en 89 après J.-C., le dispositif militaire de Germanie supérieure
    est profondément réorganisé. C’est à cette période que la VIIIe légion quitte Mirebeau pour
    Strasbourg où elle installe son nouveau camp. En 101 après J.-C., seules deux légions restent
    présentes dans la province : la XXIIe légion à Mayence et la VIIIe légion à Strasbourg. Le rôle de base
    arrière de Strasbourg se trouve ainsi conforté : la VIIIe légion participe activement au contrôle sur les
    nouveaux territoires et intervient dans la surveillance du glacis (limes) au-delà du Rhin.
    Un remarquable élément de bouclier décoré découvert à South Shields dans la rivière Tyne, à
    l’extrémité orientale du Mur d’Hadrien, témoigne également de la participation de la VIIIe légion aux
    expéditions militaires menées en Grande-Bretagne sous le règne de Septime Sévère à la fin du IIe et
    au début du IIIe siècle après J.-C.
    Avec l’abandon par les Romains de tous les territoires à l’est du Rhin après 260 après J.-C. sous la
    menace des incursions germaniques, la frontière de l’empire revient sur le Rhin. Désormais en
    première ligne, Strasbourg va occuper durant plus d’un siècle une place stratégique majeure dans le
    dispositif de défense de la frontière rhénane et le rôle de la VIIIe légion s’en trouve renforcé d’autant.
    DOSSIER DE PRESSE « STRASBOURG-ARGENTORATE, UN CAMP LEGIONNAIRE SUR LE RHIN
    (1ER- 4E SIÈCLE APRÈS J.-C.)-SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8 »
    MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG, 16 OCTOBRE 2010 - 31 DÉCEMBRE 2011
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    6. Découvrir la vie quotidienne des légionnaires
    L'armée romaine a connu une longue évolution pour parvenir, au début du Ier siècle après J.-C., à une
    véritable armée de métier, exclusivement composée de citoyens romains. Elle s'ouvre ensuite peu à
    peu aux provinciaux, d'abord dans les régions les plus romanisées, puis dans les provinces frontières
    où l'armée constitue un important creuset de romanisation. Avec la crise du IIIe siècle après J.-C., les
    réformes de Dioclétien et de Constantin vont y intégrer progressivement des peuples étrangers (qui
    sont appelés foederati, fédérés) pour mieux assurer la défense des zones frontières.
    Sous Auguste, l'armée romaine compte 25 légions, soit environ 150 000 hommes ; s’y ajoutent les
    troupes auxiliaires à peu près de même importance numérique. La durée de service augmente et
    devient très longue : 20 ans dans la légion, 25 ans dans les troupes auxiliaires, 28 ans dans la
    marine. L'esprit de corps est fortement marqué : chaque légion constitue une unité permanente,
    dotée d’un nom et d’un numéro qui lui sont propres.
    L’incorporation dans la légion commence par la probatio, un entretien préalable qui correspond à
    nos modernes conseils de révision. Elle permet de s'assurer que l'engagé remplit toutes les
    conditions : être un homme libre et un citoyen romain, avoir dix-sept ans au minimum et présenter
    toutes les aptitudes physiques nécessaires. Il faut aussi savoir parler latin pour comprendre les
    ordres donnés.
    Après que son nom ait été porté sur les rôles de son unité d'affectation, le nouveau soldat reçoit sa
    plaque d'identité et prête serment à l'empereur et aux enseignes. Commence alors un dur
    entraînement physique de quatre mois. L'apprentissage de la marche en rang en constitue le
    premier élément : chaque soldat a une place précise à maintenir dans le rang quelque soient les
    circonstances.
    Le maniement du glaive, puis du javelot (pilum), s’effectue sous la conduite d'instructeurs
    spécialisés. La jeune recrue doit aussi apprendre à distinguer les grades et les signaux employés
    pour la transmission des commandements. Puis vient le temps de l'exercice en campagne : les
    soldats sont entraînés à de longues marches, munis de tout leur équipement qui peut atteindre un
    poids proche de 30 kg. Ils apprennent aussi à construire et installer rapidement leur camp.
    S’il a survécu à ses longues années de service, le légionnaire peut alors retourner à la vie civile et
    prend le statut de vétéran. Il conserve son épée, récupère l’argent qu’il a économisé et reçoit une
    prime de démobilisation de 3000 deniers ou des terres dans une colonie romaine. Le vétéran
    bénéficie également d’avantages juridiques appréciables ; il est exempté de toutes charges civiques
    et du paiement de diverses taxes. S'il est marié, son mariage devient désormais légal et sa femme
    et ses enfants obtiennent la citoyenneté romaine.
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    7. Le légionnaire, une figure mythique
    De la publicité à la bande dessinée
    Le légionnaire romain occupe une place à part dans l’imaginaire collectif et le cinéma n’a pas
    manqué, dès ses origines, de lui accorder une place de choix. La puissance des légions romaines,
    leurs brillantes conquêtes, l’aura des chefs militaires antiques ont nourri nombre de « peplums ». De
    Quo vadis à Gladiator, de La Chute de l’Empire romain à Spartacus, les grandes frises historiques
    antiques mettent fréquemment en scène les exploits et le sens stratégique des légions.
    C’est pour ces mêmes valeurs de force, de ténacité et de courage que la publicité s’est emparée de
    leur image. « Esso » en a fait l’auxiliaire d’une de ses campagnes de publicité d’avant-guerre pour
    vanter la puissance et la vitesse que cette marque d’essence - symbolisée par un légionnaire en
    mouvement - confère aux véhicules. La marque « Banania » associe sa boisson vitaminée à un
    soldat romain armé et casqué, prêt au combat. L’eau minérale « Perrier » s’est servie pour sa part de
    l’image du légionnaire remplissant son casque d’eau de pluie après une longue marche sous le
    soleil, car il ne connaissait pas encore, bien sûr, la source de la célèbre eau minérale !
    La bande dessinée n’est pas en reste : d’Alix et des légions de César aux légionnaires romains
    stationnés dans les camps de Petitbonum et Babaorum autour d’un célèbre village gaulois, en
    passant par les batailles contre les Celtes magistralement mises en scène dans Vae Victis par Rocca
    et Mitton dans leur récit de la conquête de la Grande-Bretagne, les légions sont partout.
    Avatar le plus récent : le légionnaire Play Mobil et les nombreuses reconstitutions de la vie des
    Romains qui accompagnent cette nouvelle édition de la célèbre marque de jouets allemande. Le
    mythe du légionnaire n’est pas près de disparaître !
    Le regard contemporain de Bernard Latuner
    L’artiste alsacien Bernard Latuner nous livre, quant à lui, une vision très personnelle de l’Antiquité à
    travers ses créations sur le thème du « peplum ». Peintures, dessins, photos, vidéos proposent autant
    d’expressions artistiques complémentaires pour découvrir des fragments de notre univers
    contemporain mis en scène selon les codes du « peplum » :
    « … depuis sa naissance cinématographique, le PÉPLUM ne traite en réalité que de l’Empire et du
    Pouvoir, et le nom de Rome n’est qu’un paravent derrière lequel se dissimulent des cités
    contemporaines qui ont, à l’image de la Rome antique, rêvé de créer un nouvel empire et de
    dominer le monde.
    Mais avant que l’énorme machine hollywoodienne ne s’en empare, le Péplum est avant tout italien,
    sorti tout droit des opéras de Verdi, des chansonnettes entendues dans les rues de Naples, de Rome
    et des studios de Cinecitta créés par Mussolini.
    À chaque fois qu’au cours du 20e siècle (et peut-être 21e siècle) un Empire se fait ou se défait,
    ressurgit sur nos écrans un péplum pour délivrer son message de conquête et de domination. Force
    et efficacité sont célébrées à travers des images grandioses et spectaculaires, parfois subliminales,
    traitant du pouvoir et de l’oligarchie.
    L’Antiquité reste inscrite dans notre société contemporaine : langage, symbole. Le péplum, ou miroir
    du narcissisme, de la violence et de la perversion, est plus que jamais d’actualité ».
    Bernard Latuner, 2004
    La figure symbolique du légionnaire apparaît à de nombreuses reprises dans l’univers créé par
    Bernard Latuner ; l’artiste a bien voulu mettre à la disposition du musée quelques-unes de ses
    oeuvres récentes, dont la force et la puissance suggestive sont révélatrices de sa vision d’une Rome
    (et d’une « nouvelle Rome » bien contemporaine) guerrière et conquérante.
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    8. Autour de l’exposition
    a) Des visites pour tous les publics
    Visites commentées (à partir du 16 octobre 2010)
    • Les 1er et 3e samedis de chaque mois à 15h (sauf le 1er janvier)
    La visite du samedi 19 mars est interprétée en LSF
    Visites commentées en allemand
    Les 1er samedis de chaque mois à 11h (sauf le 1er janvier)
    Une Heure/Une OEuvre
    Jeudi 12 mai à 12h30 et mercredi 18 mai à 14h30
    « Argentorate en chiffres »
    Le Temps d’une rencontre
    - Samedi 12 février à 14h30
    « Armes en tous genres ! A la découverte de l’armement légionnaire » en compagnie de Bernadette
    Schnitzler, conservateur du Musée Archéologique
    - Samedi 9 avril à 14h30
    « Le camp romain d’Argentorate à la lumière des fouilles récentes » en compagnie de Gertrud
    Kuhnle, archéologue à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP)
    - Samedi 28 mai à 14h30
    « L’art de sculpter la pierre à l’époque gallo-romaine » en compagnie d’un sculpteur à la Fondation de
    l’OEuvre Notre-Dame, dans le cadre du cycle inter-musées « Sculpter la pierre de l’Antiquité au Moyen
    Âge ».
    « Voir » les musées autrement
    Les samedis 19 et 26 mars à 10h
    Visites adaptées pour les les visiteurs voyants, mal voyants et non-voyants
    Réservation indispensable au 03 88 88 50 50 du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30
    Strasbourg au fil du temps
    Prolonger la visite thématique du musée par un parcours en ville
    (consulter la brochure trimestrielle ou le site Internet des Musées de la Ville de Strasbourg).
    b) Musées en famille
    Parcours en famille
    Les dimanches 24 octobre, 12 décembre et 30 janvier à 15h
    « Jouer comme les légionnaires ! » dans le cadre du cycle inter-musées « Le Musée comme plateau
    de jeux »
    Les dimanches 13 février, 13 mars, 10 avril, 8 mai et 19 juin à 15h
    « Sur les pas de Quintus, fils de légionnaire » avec Colette Uguen, conteuse.
    À partir de 6 ans accompagnés d’adultes.
    Deux nouveaux « Musées de poche » disponibles à l’entrée du Musée Archéologique :
    - « Le camp légionnaire d’Argentorate »
    - « Le faubourg gallo-romain de Koenigshoffen »
    pour prolonger la visite du Musée Archéologique par une promenade en ville.
    c) Ateliers
    Les ateliers des vacances
    Des ateliers seront proposés durant les vacances de février et d’été pour les jeunes visiteurs
    individuels (consulter la brochure trimestrielle ou le site Internet des Musées de la Ville de
    Strasbourg).
    d) Visites de groupes

    Sur réservation uniquement au 03 88 52 50 50, du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30

    ***

    D'après le :
    DOSSIER DE PRESSE « STRASBOURG-ARGENTORATE, UN CAMP LEGIONNAIRE SUR LE RHIN
    (1ER- 4E SIÈCLE APRÈS J.-C.)-SÉRIE FOUILLES RÉCENTES N° 8 »
    MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE STRASBOURG, 16 OCTOBRE 2010 - 31 DÉCEMBRE 2011
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