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julie barth

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    L'imagerie populaire de Wissembourg (Dossier de presse) ...

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    DES MONDES DE PAPIER
    L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG
    UNE EXPOSITION DU MUSÉE ALSACIEN
    GALERIE HEITZ-PALAIS ROHAN
    16 OCTOBRE 2010 / 31 JANVIER 2011
    Tiré du:
    DOSSIER DE PRESSE « DES MONDES DE PAPIER. L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG »
    GALERIE HEITZ- PALAIS ROHAN, 16 OCTOBRE 2010 - 31 JANVIER 2011
    1. INFORMATIONS PRATIQUES
    2. LE PROJET
    3. HISTOIRE DE L’IMAGERIE DE WISSEMBOURG
    4. PARCOURS ET SCÉNOGRAPHIE DE L’EXPOSITION
    5. LES THÈMES ILLUSTRÉS PAR L’IMAGERIE DE WISSEMBOURG
    6. LE CATALOGUE
    7. AUTOUR DE L’EXPOSITION
    8. PRÊTS ET BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
    ***
    1. Informations pratiques
    Galerie Heitz, Palais Rohan
    Lieu :
    Palais Rohan
    2, place du Château, STRASBOURG
    Tél. 03 88 52 50 00
    Horaires :
    Lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 18h (dès 10h pendant le mois de décembre)
    Samedi et dimanche de 10h à 18h
    Fermé le mardi
    Fermé le 1er et 11 novembre, le 25 décembre et 1er Janvier.
    Le 24 et le 31 décembre, fermeture à 16h.
    Visites de groupes (dans la limite des places disponibles)
    Réservation indispensable auprès du Service éducatif des Musées de la Ville de Strasbourg.
    Téléphone : 03 88 88 50 50 (du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30)
    Fax : 03 88 52 50 41
    Prix d’entrée de l’exposition à la Galerie Heitz :
    Tarif normal : 6 euros
    Tarif réduit : 3 euros
    Gratuité :
    - moins de 18 ans
    - carte Culture
    - carte Atout Voir
    - carte Museums Pass Musées
    - carte Édu’Pass
    - visiteurs handicapés
    - étudiants en art et en histoire de l’art
    - personnes en recherche d’emploi
    - bénéficiaires de l’aide sociale
    - agents de la CUS munis de leur badge
    - pour tous, le 1er dimanche de chaque mois
    Pass 1 jour : 8 euros, tarif réduit 4 euros, (accès à tous les Musées de la Ville de Strasbourg et à leurs
    expositions temporaires).
    Pass 3 jours : 10 euros, tarif unique (accès à tous les Musées de la Ville de Strasbourg et à leurs
    expositions temporaires).
    Museum Pass Musées – 1 an, 180 musées : tarif individuel 69 euros, tarif familial 119 euros (accès
    à plus de 180 musées en Alsace, Suisse et Allemagne).
    DOSSIER DE PRESSE « DES MONDES DE PAPIER. L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG »
    GALERIE HEITZ- PALAIS ROHAN, 16 OCTOBRE 2010 - 31 JANVIER 2011
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    2. Le projet
    Du 16 octobre 2010 au 31 janvier 2011, le Musée Alsacien propose une exposition intitulée "Des
    mondes de papier, l'imagerie populaire de Wissembourg" qui se tient dans la Galerie Heitz du Palais
    Rohan. Près de deux cents planches d'images imprimées en couleurs entre 1839 et 1939 par
    l'entreprise de lithographie fondée par Jean Frédéric Wentzel dans la petite ville alsacienne de
    Wissembourg y sont présentées au visiteur. Ces images étaient, au 19e siècle, diffusées dans une
    grande partie de l'Europe grâce au chemin de fer, aux libraires et à un réseau actif de colporteurs.
    L'exposition montre la grande diversité de la production de l'imagerie de Wissembourg, qui, en
    1869, devance même celle de l’imagerie Pellerin d’Epinal. Après la guerre de 1870, l’entreprise se
    tourne progressivement vers le marché allemand et propose en particulier une série d’étonnants
    personnages grandeur nature. L’activité va diminuer, puis s’arrêter vers 1939.
    Grâce à l’invention de la lithographie par Aloys Senefelder et de la chromolithographie par le
    mulhousien Godefroy Engelmann et sa diffusion très rapide, le 19e siècle voit se multiplier les
    images. Produites à faible coût dans de nombreux centres imagiers d’Europe, elles sont distribuées
    en ville par les libraires, tandis que les colporteurs vendent leurs planches illustrées jusque dans les
    plus petits hameaux.
    Un citoyen de Wissembourg, Jean Frédéric Wentzel, obtient en 1835 le brevet de lithographe et
    fonde une entreprise qui produira des quantités considérables d’images durant un siècle et les
    enverra, de Varsovie à Dublin, dans une grande partie de l’Europe. En 1869, année de la mort du
    fondateur, la firme alsacienne, en pleine expansion, produit plus de deux millions d’images grâce à
    dix-huit presses lithographiques.
    Dans cette exposition près de deux cent images évoquent la grande diversité de la production de
    Wissembourg. Même si le thème le plus vendeur est celui de la religion, les Wentzel père et son fils
    n’ont pas négligé l’image décorative, les scènes de la vie de famille et les sujets d’actualité. Mais le
    marché qui se développe le plus rapidement est celui de l’enfance. Toutes les possibilités offertes
    par le papier imprimé sont utilisées pour séduire ce nouveau client (et ses parents) : pantins, jeux,
    contes, petit théâtre, jouets optiques, petits soldats et tant d’autres. La série du « Petit Architecte »
    propose des bâtiments ou des scènes à découper et à assembler pour fabriquer des jouets en trois
    dimensions, ainsi la gare et le train (qui roule).
    L’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand à partir de 1871 coupe Wissembourg du marché français
    et la production s’en ressent, même si l’annexe parisienne de l’entreprise imprime elle-même des
    images qu’elle diffuse en France Après 1880 apparaissent des images de grande taille, aux sujets
    références plutôt germaniques, conçues pour décorer les auberges, les locaux d’associations ou les
    kermesses. La Seconde Guerre mondiale met fin à une production alors déclinante.
    Grâce aux images de Wissembourg, c’est tout un monde qui vient à nous sur son support de papier ;
    les croyances, les valeurs, les centres d’intérêt des habitants de l’Europe pendant un siècle, entre
    1839 et 1939, se dessinent en couleurs sur les murs et pour notre plus grand plaisir.
    Commissaires de l’exposition :
    Malou Schneider, conservateur en chef du patrimoine en charge du Musée Alsacien
    Alexandre Tourscher, attaché de conservation au Musée Alsacien
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    3. Histoire de l’imagerie de Wissembourg
    15 octobre 1807 : Naissance de Jean Frédéric Wentzel à Wissembourg
    1832 : Après une formation de relieur, Jean Frédéric Wentzel obtient son brevet de libraire
    1835 : Il obtient son brevet de lithographe. Il va diriger l'imprimerie et l'atelier d'imagerie populaire
    de Wissembourg de 1835 à 1869
    1837 : Edition de la première image connue
    1851 : Jean Frédéric Wentzel obtient son brevet d'imprimeur en lettres
    Vers 1855 : Création d'un dépôt de vente à Paris chez l'imprimeur Nicolas Humbert (65, rue St
    Jacques) puis collaboration avec la veuve Humbert à partir de 1859
    1860 : L'imprimerie Wentzel édite plus de 200 sujets différents
    1861 : Wentzel est propriétaire du Journal de Wissembourg
    1865 : Wentzel rachète le dépôt parisien de la rue Saint Jacques
    1860-1869 : Période d'apogée de l'entreprise : production annuelle estimée à 2 millions d'images
    dans les meilleures années ; une vingtaine de presses lithographiques impriment 300 à 400
    estampes par jour
    27 juillet 1869 : Décès de Jean Frédéric Wentzel ; ses fils Frédéric Charles (à Wissembourg) et
    Charles Frédéric (au dépôt parisien) lui succèdent
    4 août 1870 : Première bataille de la guerre franco-allemande à Wissembourg
    10 mai 1871 : Traité de Francfort : annexion de l'Alsace à l'Empire allemand
    1869-1877 : L'imprimerie et l'atelier d'imagerie de Wissembourg sont dirigés par Frédéric Charles
    Wentzel, fils cadet de Jean Frédéric Wentzel
    2 juin 1877 : Décès de Frédéric Charles Wentzel
    1877-1880 : La veuve de F. C. Wentzel, Louise Caroline Scherer, est à la tête de l'entreprise
    1880-1888 : Camille Burckardt, ancien fondé de pouvoir de l'imprimerie Wentzel, devient
    propriétaire de l'entreprise (il décède le 18 décembre 1888)
    1889 : Reprise de l'affaire par 2 associés allemands : Hermann Jungck et Emil Schenck (à partir de
    1898, Jungck continue seul)
    1906 : Le Wissembourgeois, René Ackermann est le nouveau propriétaire de l'imprimerie
    1913 : Charles Ackermann succède à son père
    1918 : Retour de l'Alsace à la France
    1930-1940 : Fin progressive de la production d'images populaires à Wissembourg
    1940-1944 : Annexion de fait de l'Alsace au Reich allemand
    19 mars 1945 : Libération de Wissembourg par les troupes américaines
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    4. Parcours et scénographie de l’exposition
    Dans l’entrée précédant la salle d’exposition, une grande carte de l’Europe met en évidence l’espace
    commercial de diffusion de l’imagerie de Wissembourg en 1869-1870, qui occupe une zone allant
    de l’Irlande à la Pologne. Les principaux centres imagiers du continent y sont indiqués et leurs
    productions les plus caractéristiques évoquées par des reproductions.
    Dans la salle, une aire dédiée aux aspects techniques de la lithographie permet de découvrir une
    partie du matériel utilisé par l’imagerie de Wissembourg pour le dessin et l’impression : pierres
    lithographiques, rouleau encreur, craies spécifiques, mais aussi pour la mise en couleurs des images
    après impression : pigments colorés, pochoirs et brosses pour leur application.
    La pièce maîtresse de cette section est la presse lithographique venue des anciens ateliers de
    l’entreprise à Wissembourg, un modèle appelé en allemand Sternpresse (presse à étoile), à cause de
    la forme en étoile de la roue qui permet de faire avancer sur la machine la pierre lithographique
    surmontée du papier qui va être imprimé.
    Deux présentations attirent ensuite le regard dans la salle et mettent en valeur des aspects
    particuliers de la production wissembourgeoise : le monument consacré à l’imagerie religieuse et
    celui des personnages grandeur nature.
    L’homme du 19e siècle cherche aide et protection dans sa religion, c’est pourquoi il est important
    que soient présentes dans son intérieur des scènes de l’histoire religieuse ou des figures vénérées.
    Wentzel le protestant a produit essentiellement des images catholiques, qui étaient vendues bien
    au-delà de l’Alsace, particulièrement en Bavière. Se rajoutent en bien moindre proportion des
    planches destinées aux protestants et quelques images juives. Burckardt, pour sa part, imprime et
    exporte en Egypte des images pour le marché musulman. Grâce aux images de Wissembourg, les
    religions du Livre voisinent ici tout comme elles cohabitent en Alsace.
    Dominant l’espace de la salle, les figures grandeur nature donnent à voir leur variété, leurs couleurs
    vives et leur fantaisie graphique. Inspirées des grandes images d’Epinal, celles de Wissembourg
    sont, comme elles, d’abord les figures des grands hommes, souverains et militaires. Puis, pendant la
    période allemande, la demande évolue et les nombreuses associations qui se créent veulent afficher
    leur spécificité dans leurs salles de réunion ou d’entraînement ; apparaissent donc des personnages
    de théâtre et des musiciens, des pompiers ou des sportifs et…des buveurs.
    Dans un lieu spécifique sont regroupées les images pour les enfants, la production la plus
    importante de l’entreprise Wentzel et de ses successeurs après celle des planches religieuses. C’est
    un vrai foisonnement que cette production pour enfants, qui propose une grande variété de produits
    autant instructifs que ludiques, qui doivent aussi séduire les parents. S’y côtoient planches pour jeux
    de parcours, architectures à découper et à coller, images à colorier, jeux de loterie, et bien sûr contes
    et légendes à lire ou à écouter, sans compter les jouets optiques comme le zootrope ou la boîte
    d’optique qui font rêver grands et petits. Des maquettes faites à partir de planches anciennes de la
    série du « Petit Architecte »ou de reproductions permettront de montrer comment l’image de papier
    passe de deux à trois dimensions.
    Tout autour de la salle se déploient les autres thèmes de la production de Wissembourg : les images
    décoratives, villes, paysages ou saisons, celles qui évoquent plus ou moins humoristiquement la vie
    de couple et la famille, ainsi que les sujets d’actualité, guerres et catastrophes.
    Scénographe : Jean-Claude Goepp
    Architecte D.P.L.G. Jean-Claude Goepp est le scénographe du Musée d’Unterlinden à Colmar et
    assure, entre autres, la scénographie de nombreuses expositions du Musée des Beaux-Arts à Lyon.
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    5. Les thèmes illustrés par l’imagerie de Wissembourg
    IMAGES POUR ADULTES (ET PARFOIS FAMILLES)
    La cohabitation des religions
    Même si le protestant Wentzel choisit de privilégier une production à destination des foyers
    catholiques, il ne néglige pas pour autant les autres confessions, et toutes cohabitent en image
    comme elles le font dans les campagnes d’Europe centrale. La dévotion catholique est multiforme,
    même si elle s’adresse principalement à la figure du Christ, dont les épisodes de la Passion sont
    abondamment décrits et représentés avec le dolorisme caractéristique de l’époque. Les images de
    la Vierge Marie sont un peu moins nombreuses, mais sont souvent acquises dans l’un des
    innombrables pèlerinages dont elle est titulaire. Comme celles du Christ, les images de la Vierge
    sont souvent inspirées d’oeuvres de grands peintres, comme Raphaël. Les saints se trouvent presque
    marginalisés, leur grand nombre entraînant une dispersion des sujets d’image, d’où une quantité de
    tirages bien moindre pour chacun d’eux.
    Protestants et juifs donnent le premier rôle au texte religieux et ne vénèrent pas les images, mais
    celles-ci ne sont néanmoins pas exclues et jouent un rôle de mémento. Les grandes figures de la
    Réforme sont proposées selon de multiples combinaisons de personnages, et même des courants
    minoritaires du protestantisme, comme les mennonites, nombreux à s’être installés dans l’est de la
    France ne sont pas oubliés. Le mizrah (affiché sur le mur est d’une demeure, il indique la direction
    de Jérusalem) dessiné par Théodore Lix a, pour sa part, tant de succès auprès de la clientèle juive
    qu'il en existe trois variantes. L’entreprise de Wissembourg a même imprimé, à la fin du 19e siècle,
    des images religieuses en arabe à destination du marché musulman.
    Une vie scandée par les images
    Le couple et la famille sont des sujets très appréciés, qui décorent principalement les murs des
    intérieurs Traités de façon romantique, mais aussi humoristique, voire grivoise, ils évoquent les
    relations au sein de la famille telles qu’on les concevait au 19e siècle dans différents milieux, de la
    petite paysannerie à la bourgeoisie. La vie humaine est rythmée par des étapes ritualisées, dont les
    individus aiment conserver un souvenir : ce sont les lettres de baptême, des souvenirs de
    confirmation ou des textes mortuaires. Destinées essentiellement à la clientèle protestante
    régionale, qui les complète par des indications manuscrites, ces images de petit format ne sont pas
    soumises au contrôle préfectoral. Un grand classique, en lien avec le thème du cours de la vie, est Le
    Degré des Âges, qui rythme, de façon très théorique, les étapes de la vie humaine, ainsi que son
    dérivé, les « degrés des positions sociales », où le paysan se trouve valorisé et le juif dénigré.
    Plusieurs versions différentes de ces degrés ont été éditées dans de nombreuses imageries, tout
    comme à Wissembourg.
    Le décor de la maison
    L’image peut aussi être simplement d’agrément, choisie essentiellement pour son caractère
    décoratif, mais aussi pour le sentiment d’évasion qu’elle peut procurer. Les thèmes les plus
    fréquents dans cette catégorie très demandée par la clientèle sont les allégories des saisons ou des
    continents, qui ne sont jamais isolées, mais vont en « suites » de quatre. Ces sujets sont parfois
    prétexte à montrer de jeunes beautés plus ou moins dénudées, ainsi les figures dessinées par le
    peintre Dévéria, dont on s’étonne qu’elles aient résisté à l’examen de la censure. D’autres allégories,
    à vocation plus encyclopédique, comme la série des grandes activités humaines, Le Commerce,
    L’Industrie, etc., ainsi que des « types » en costume traditionnel, - généralement suisse - , semblent
    avoir plu à la clientèle. Formant un genre à lui seul, le paysage est très prisé, et tout particulièrement
    les vues de villes, qui sont choisies comme évocation du voyage, comme ouverture vers le vaste
    monde que beaucoup n’ont pu découvrir que grâce aux images.
    Des histoires exemplaires
    Appelées aussi « suites », ces séries racontent une histoire grâce au support de quatre images
    correspondant à différents épisodes d’un récit Les suites les plus connues sont consacrées à des
    figures historiques, des héros de roman, des personnages légendaires ou tirés de paraboles
    bibliques. Les épisodes choisis sont imprimés sur quatre planches différentes, numérotées de 1 à 4,
    accompagnées du titre de l’histoire, de celui de l’épisode et de petits textes narratifs essentiellement
    rédigés en français et en allemand. Ce type d’imagerie était apprécié des familles qui les achetaient
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    encadrées et fixaient l’ensemble de quatre aux murs de la pièce commune. Les histoires choisies
    sont censées contribuer à l’édification morale des adultes et des enfants en mettant en valeur des
    vertus cardinales (courage, tempérance,…) ou théologales (la foi, l’espérance, la charité). Elles
    exaltent la famille, le courage et la loyauté chez l’homme, la bonté et la résignation des femmes et
    dénoncent la déloyauté et l’oisiveté. Elles n’occultent toutefois pas l’existence d’inconduites comme
    l’adultère ou la débauche, sans s’y attarder toutefois.
    Actualités en images
    Les sujets d’actualité prennent au 19e siècle une place croissante dans l’imagerie populaire,
    favorisée par la technique de la lithographie et ses développements, qui permettent d’imprimer en
    quantités toujours plus importantes. Les peuples découvrent le visage de leur souverain, les fidèles
    celui de leur pape et les Français gardent la mémoire de leurs grandes figures républicaines, de
    Rouget de Lisle à Victor Hugo. Les événements militaires sont suivis par des citoyens conscients de
    l’importance que peut avoir une bataille pour leur avenir et aussi sur la vie de leur famille quand
    leurs fils sont à l’armée pour plusieurs années. Imagerie politique de circonstance, les allégories de
    l’Alsace et de la Lorraine surgissent dans un contexte protestataire, après l’annexion de ces
    provinces à l’Empire allemand et sont plus ou moins discrètement pourvues de références à la
    France. Et, petit à petit, les représentations de faits divers vont, elles aussi, trouver place dans cette
    imagerie en montrant des catastrophes, naturelles ou non. Sur ces images, le regard est exempt de
    voyeurisme, même si les souffrances des soldats à la bataille sont suggérées par la composition et
    le graphisme.
    Les loisirs masculins s’affichent
    C’est tout l’univers de la sociabilité masculine qui se dessine à travers ces images, un peu plus
    grandes que celles qui ornent les intérieurs. L’auberge est le lieu public autour duquel gravite ce
    monde : les hommes viennent y consommer de l’alcool, y acheter du tabac et parfois déguster un
    plat de saison, annoncé par une affiche. Pour inciter les buveurs à revenir, le tenancier garnit les
    murs d’images humoristiques ou grivoises, susceptibles d’alimenter les conversations. Parfois, des
    installations de jeu, les quilles ou le tir sur une cible, sont mises à disposition de la clientèle. Les
    associations établissent souvent leur quartier général dans un débit de boisson et marquent leur
    territoire en affichant des images se rapportant à leur activité : artisanat, musique, sport ou chasse.
    L’imagerie de Wissembourg a précisément illustré de multiples façons le thème du chasseur et du
    gibier et en a fait un point fort de sa production.
    LES IMAGES POUR LES ENFANTS (ET PARFOIS LES GRANDS)
    Des armées de petits soldats
    Manipuler des armées de soldats de plomb ou de carton est un jeu très ancien, pratiqué surtout par
    les princes qui apprenaient ainsi à préparer les manoeuvres de leurs troupes. Confectionner des
    petits soldats en carton est une activité très pratiquée à Strasbourg après l’annexion de l'Alsace à
    l'Empire allemand en 1871. Des peintres amateurs cherchent, par patriotisme, à restituer ainsi les
    différents uniformes des troupes françaises. Des planches imprimées de soldats, prêtes à être
    découpées, sont proposées par l’imprimeur strasbourgeois Gustave Silbermann, puis par l’imagerie
    de Wissembourg. Ces petits soldats aux postures figées et à l’alignement impeccable peuvent
    redevenir mobiles, dès lors qu’une main d’enfant – ou d’adulte - effectue les gestes attendus :
    contre-coller la feuille imprimée sur un carton fin, puis découper chaque figurine avec un petit canif
    et enfin fixer à l’arrière le petit plot de bois qui la stabilise. Et voilà que se constituent des corps
    d’armée prêts à se déployer sur le champ de manoeuvre d’une table…
    Couper pour jouer
    Il est possible de transformer des figures de toutes sortes, avec leurs accessoires, de la même façon
    que les petits soldats : le cirque de Buffalo Bill ou une fête alsacienne vont ainsi pouvoir se muer en
    petites scènes de genre en trois dimensions. Des poupées à habiller, jeu réservé aux fillettes, ou des
    uniformes à découper pour s’en vêtir, activité de garçons, confèrent au papier le rôle vestimentaire
    du tissu. Les membres dispersés des sujets pour pantins viennent se regrouper pour reconstituer un
    personnage qui s’anime dès que l'on tire la ficelle qui pend dans son dos. Contre-collage puis
    découpage terminés, il faut perforer les parties des membres qui sont proches des articulations pour
    y faire passer des ficelles, qui seront reliées à une ficelle centrale que l’enfant devra tirer pour que
    les quatre membres s’agitent. Les personnages de pantin sont souvent des militaires à l’uniforme
    coloré, parfois aussi un natif d'Alsace ou de Chine au costume original, mais aussi des figures
    familières, comme celle du père Noël.
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    Le « Petit Architecte » et la troisième dimension
    Les constructions offrent un attrait supplémentaire par rapport aux figures à découper : la possibilité
    de créer un objet en trois dimensions à partir d’une feuille de papier imprimé. La plupart des
    planches de la série que Wentzel a appelée « Le Petit Architecte », reproduisent des bâtiments
    éclatés. Il faut en découper les éléments avant de les assembler et de les fixer avec de la colle, en
    suivant les indications de montage données sur la feuille. Sur les plus anciennes images de
    constructions sont de plus représentés des personnages se livrant à diverses activités en lien avec le
    sujet. Découpés et consolidés, ils pourront être agencés pour composer une scène de genre.
    L’imagerie de Wissembourg a proposé encore un autre type de planche, qui indique comment créer
    un mécanisme simple, capable d’animer une scène grâce à l’écoulement du sable ou à la poussée
    de l’air chaud montant d’un poêle. L’image vient de conquérir la troisième dimension ainsi que le
    mouvement
    Fascinants jouets optiques
    Voilà des jeux et des jouets qui mettent en oeuvre des lois de la physique et qui, pour la plupart,
    nécessitent une installation et un éclairage artificiel, ce qui requiert la présence d’adultes et en fait
    par conséquent une activité idéale pour les soirées en famille. Le zootrope est un jouet inventé en
    Angleterre en 1834, qui fonctionne selon la loi de la persistance rétinienne pour donner l’illusion du
    mouvement. A l’origine, les vues d’optique sont contemplées par l’intermédiaire d’un miroir incliné
    renvoyant l’image, qui est pourvue d’un titre inversé. Dans les pays germaniques, on préfère regarder
    ces vues dans une grande boîte (Guckkasten) où elles sont agrandies grâce à des lentilles. Des
    marchands ambulants parcourent les campagnes et montrent ces images pour quelques sous, en
    alternant effet de jour et effet de nuit. Silhouettes noires, les ombres chinoises sont reportées par
    l’arrière sur un drap blanc, tandis que les ombres blanches, une fois leurs parties noires découpées,
    sont projetées sur le mur à l’aide de la lumière faible et mouvante d’une bougie.
    Jeux de parcours et de société
    Jeu de hasard pur, le jeu d’oie est à l’image du cours de la vie et de ses vicissitudes. Apparu à la fin
    du 16e siècle, il a été imprimé et largement diffusé. Il se joue à plusieurs et nécessite une planche ou
    table sur laquelle figure un parcours en spirale divisé en cases numérotées. A part quelques motifs
    incontournables parce qu’ils donnent des indications de jeu, les décors des cases sont à la discrétion
    du créateur. Chaque joueur lance un dé indiquant de combien de cases son pion peut avancer, mais
    doit se conformer aux instructions portées là où il arrive, comme rejouer, revenir au départ, etc. Le
    vainqueur est le premier arrivé au but, la 63e case. Au fil du temps sont apparus d’autres jeux de
    société du même type, qui ne sont souvent que des dérivés du jeu originel. Illustrés à partir de
    thèmes très divers, ils conservent pour la plupart la notion de parcours ou de progression avec des
    tours du monde et des jeux de voyage.
    Des images pour découvrir le monde
    Les images font partie du matériel scolaire : ce sont des auxiliaires de l’enseignant qui les utilise
    pour apprendre aux enfants à nommer les choses. Représentations d’objets de la vie quotidienne, de
    meubles de l’école ou d’animaux exotiques permettent de convoquer dans la salle de classe le
    monde qui entoure les enfants de plus ou moins près. Le maître va s’attacher à leur faire découvrir
    les éléments de ce monde qu’ils vont s’approprier en les nommant lorsque l’instituteur les désigne.
    Ce principe pédagogique est déjà ancien lorsque Wentzel, s’inspirant des dessins du jeune
    lithographe allemand J.F.Schreiber, publie ses « Tableaux pour l’instruction de la jeunesse ».
    Destinées, de par leur taille modeste, à n’être manipulées que par un ou deux élèves
    simultanément, ces planches sont certainement les bienvenues dans les classes uniques, où le
    maître s’occupe d’enfants d’âges et de niveaux très différents. Wentzel produit encore d’autres
    images à usage scolaire : cartes géographiques, protège-cahiers et de petites images à découper,
    probablement des bons points.
    De bonnes petites images
    Regroupées parfois jusqu’à cent sur une même planche, les petites images ont des fonctions
    variées. Sans titre ou intitulées Schneidebilder, images à découper, elles sont sans doute -pour les
    plus petites -des « bons points » (ou « témoignages de mérite »), gagnés par un enfant grâce à une
    réponse juste ou à une bonne conduite. Les images un peu plus grandes peuvent avoir été remises
    aux élèves en échange d’un certain nombre de bons points. Au format intermédiaire correspondent
    les images de loterie, munies d’une indication de gain ou de perte que découvre celui qui vient de
    tirer au sort une de ces petites fiches. D’autres encore révèlent son avenir à celui qui vient de choisir
    au hasard l’une des images. A priori plus insolites sont les sujets répétés à l’identique sur une même
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    planche. Une double page destinée aux pâtissiers-confiseurs indique qu’il s’agit de vignettes qui,
    après découpage, sont collées avec du sucre sur des langues de pain d’épices à l’occasion de la saint
    Nicolas, de Noël, de Pâques ou de la kermesse du village.
    Contes et légendes de France et d’Allemagne
    Précurseur de la bande dessinée, l’histoire découpée en cases apparaît au milieu du 19e siècle avec
    Wilhelm Busch et réunit narration par l’image et narration par le texte, quelques lignes étant
    imprimées sous chaque dessin. Dans la production des imagiers, le découpage de l’histoire et le
    choix des épisodes illustrés ne paraît pas toujours des plus efficaces pour maintenir le suspense et
    mettre en valeur les moments dramatiques et les renversements de situation. C’est que les images
    servaient de fil conducteur à un récit essentiellement oral, raconté par les adultes bien avant que
    d’être lu par l’enfant. Les contes de Charles Perrault ou des frères Grimm ont bien sûr la part belle
    dans le corpus de ces planches, éditées tantôt en France, tantôt en Allemagne. Toutefois, la
    littérature a, elle aussi, fourni quelques scénarios, tel Daniel Defoe et son Robinson Crusoé ou
    Schiller avec Karl Moor. En fonction des moyens de la famille, la planche achetée était imprimée en
    noir et blanc, coloriée ou même garnie de rehauts d’or.
    Spectacle au petit théâtre
    Le théâtre est un de ces mondes où l’enfant peut se projeter grâce à la miniaturisation. Plusieurs
    planches différentes sont utilisées pour transformer les feuilles de papier en lieu de spectacle. Un
    bâti en bois est indispensable et les représentations de fronton ou de rideau de scène y sont collées,
    campant ainsi l’espace. L’histoire une fois choisie, il s’agit de mettre en place le décor du fond,
    composé d’une image collée sur carton fort et consolidée par des baguettes de bois, de même pour
    les coulisses, regroupées par quatre ou par six sur une planche. Une fois découpés, les personnages
    sont stabilisés par un bout de bois. Tout est prêt pour la représentation, qui se déroule sur une table,
    à hauteur d’enfant. Par les coulisses, qui peuvent pivoter, les acteurs déplacent les personnages et
    déclament les répliques. Celles - ci sont souvent tirées de livrets d’opéra, mais peuvent aussi être
    improvisées à partir de contes et légendes bien connus, tels le petit Chaperon rouge et bien d’autres.
    Un résumé de la diversité des thèmes : les images « grandeur nature »
    Ces images se distinguent des autres par leur taille : la plupart mesurent 1,66m de haut, ce qui
    équivaut à celle de l’être humain, les dignitaires de l’Empire allemand dépassent même les 2 m.
    Toutefois, ces affiches représentent des sujets qui ne sont pas différents de ceux qui figurent sur les
    planches de taille habituelle : portraits de personnalités, héros de contes et légendes, allégories,
    personnages historiques, militaires, cibles, etc. La fonction de ces grands panneaux, en général
    constitués de trois lés, mais ne présentent chacune qu’un seul personnage, est toutefois autre. Vu
    leur taille, elles ne peuvent être affichées que dans des lieux suffisamment grands pour les mettre
    en valeur, en particulier lorsqu’elles vont par paires. Il est probable que ces affiches sont une façon
    pour les multiples associations qui se créent à la fin du 19e siècle d’affirmer leur présence dans les
    bâtiments, parfois très volumineux, qui font alors office de « maisons des associations ». Les
    animaux représentés se retrouvent, quant à eux, plutôt dans les foires ou les kermesses où ils sont
    fixés sur une âme en bois et dont une découpe recueille les balles lancées par les joueurs.
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    6. Le catalogue
    « Des mondes de papier. L’imagerie populaire de Wissembourg »
    Sous la direction de Malou Schneider. Introduction de Joëlle Pijaudier-Cabot.
    Avec les contributions de Serge Burger, Anne Cablé, Isabelle Chave, Monique Fuchs, Anny Claire
    Haus, Dominique Lerch, Josie Lichti, Jean-Hubert Martin, Dieter Nievergelt, Malou Schneider, Carine
    Schutz, Florian Siffer, Alexandre Tourscher, Konrad Vanja.
    256 pages, 300 illustrations
    ISBN catalogue : 978-2-35125-083-9
    Diffusion / Distribution : Le Seuil / Volumen
    EXTRAITS
    Entre France et Allemagne, une histoire et une historiographie : l’imagerie Wentzel de Wissembourg
    Dominique LERCH et Konrad VANJA
    Née sous la Monarchie de Juillet, se développant sous le Second empire, l’imagerie de Wissembourg
    a pour marché la France et l’Allemagne, avec surtout la Bavière, où des contemporains décrivent la
    présence des images de Wissembourg dans les intérieurs paysans. La frontière de la Lauter certes
    existe, mais est poreuse : des colporteurs de l’espace alsacien en viennent, les biens sont situés de
    part et d’autre, les mariages méconnaissent pour certains la frontière. Ainsi, 2 millions d’images
    sont diffusées en Alsace (11 %), en France (50 %), dans l’Europe de la Contre Réforme, et surtout
    l’Allemagne, notamment le Palatinat (11 %), la Westphalie, la Bavière,… Et d’un bord du Rhin à
    l’autre, on se copie, on se débauche les lithographes : quelles parentés entre May de Francfort et
    Wentzel de Wissembourg ! Meurt en 1869 le fondateur, Jean Frédéric Wentzel, éclate en 1870 la
    guerre franco-prussienne : les deux événements, cumulés, jouent un rôle dans une déstabilisation de
    la clientèle : la perte du marché français est réelle, malgré des clients fidèles.
    Mais les fils Wentzel ont tenté d’élargir leur clientèle : celle de l’image pieuse de dévotion, en
    rachetant des planches d’une des grandes firmes parisiennes qui fit faillite, la maison Dopter, celui
    du livre pour enfant, avec peut-être Jean Macé comme auteur. A quel moment la photographie,
    l’illustration dans le journal, les éditeurs de livres pour la jeunesse, viennent-ils défaire la
    combinaison originale de thèmes qui caractérise l’imagerie ?
    Cette imagerie, concurrente de celles de Metz, d’Epinal a pu être méconnue. Certes, les Vosges ne
    connaissent pas l’Annexion, et en France le label d’image d’Epinal s’impose : Pellerin, Pinot, Sagaire
    ont eu la durée pour eux, mais ils ne sont pas seuls, et doivent être considérés dans un espace large
    où Montbéliard, Pont-à-Mousson, Nancy - pour nous attacher à la France de l’Est - jouent un rôle lié à
    des entrepreneurs de qualité, peut-être sans dynastie industrielle. Méconnue oui, mais en France.
    L’historiographie de l’imagerie de Wissembourg ne peut certes pas négliger les noms de
    Champfleury (1864), Ristelhuber (1869, 1894), Gromer (1930) ou Martin (1967). Mais l’essentiel de
    l’étude de cette imagerie est portée par le conservateur du Musée des traditions populaires de
    Berlin, Adolf Spamer (+ 1953), avec en 1938 un article sur « Wissembourg, cité imagière », et le livre
    extraordinaire qui piste, de la fin du XVe siècle à 1900, les textes portant sur l’usage religieux du
    temps de la servante (Der Bilderbogen von der geistlichen Hausmagd, publié à titre posthume en
    1970). Viennent Klaus Lankheit et Rudolf Schenda : universitaires, aux articles variés, connaisseurs
    des sources françaises, ils ont donné rang à l’imagerie Wentzel de Wissembourg.
    Celle-ci a été exposée à plusieurs reprises, à Wissembourg, à Strasbourg, à Karlsruhe, donnant lieu à
    quelques catalogues. La dernière en date, à Karlsruhe et à Wissembourg, en 1999, portait sur les
    Saints, Souverains, Pantins. L’initiative de la conservatrice du Musée Alsacien remet donc en vue des
    planches issues des réserves des Musées strasbourgeois, réserves accumulées par Paul Martin,
    Adolphe Riff et Georges Klein. Grâce à l’ouverture d’esprit de feu M. Muller et de sa fille, Madame
    Bendel, une tradition d’imprimeurs, de conservateurs, de chercheurs permet à celles et ceux qui en
    font la démarche de contempler les pièces d’un temps pour partie révolu, celui où l’imagerie faisait
    la joie des enfants, la contemplation des parents, proposant un modèle culturel et religieux soumis à
    la censure et au contrôle des Eglises.
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    Le réveil de la couleur entre imagerie de Wissembourg et art moderne
    Jean-Hubert MARTIN
    On a largement décrit l’importance de l’inspiration populaire pour la génération d’artistes qui ont jeté
    les bases du modernisme en peinture. Les spectacles des foires et du cirque ont été des creusets
    pour l’inspiration de l’avant-garde. En ce qui concerne l’imagerie populaire, on la cite en général
    uniquement pour l’avant-garde russe. Kandinsky a reproduit dans l’Almanach du Blaue Reiter
    plusieurs planches de « loubok ». Malévitch a dessiné une dizaine de planches sur le thème de la
    Première Guerre mondiale dans la meilleure veine naïve et populaire. En France, la « découverte » de
    l’imagerie populaire a contribué à la renaissance de la gravure sur bois et à son épanouissement
    dans l’illustration, mais a aussi fortement marqué les peintres (Dufy). Leur enfance dans les années
    1880 et 1890 est baignée par l’imagerie populaire. Ils jouent comme tous les enfants de leur âge
    avec des soldats découpés, des pantins, des théâtres de poche et des architectures à assembler. Au
    regard de la production de Wissembourg, il est intéressant d’en analyser quelques caractéristiques
    qui n’ont pas manqué de marquer les esprits des futurs créateurs, les typologies étant très
    analogues d’un centre à l’autre. L’absence de texte ne doit pas rebuter le chercheur et le tétaniser.
    La transmission visuelle hors discours est un fait suffisamment avéré pour qu’il ne soit pas
    nécessaire de toujours exiger son secours.
    D’autres recoupements avec l’art moderne méritent d’être relevés. Il arrive sur certaines planches
    que la couleur n’épouse pas parfaitement le contour de la ligne, à cause d’un dérapage du pochoir.
    Ces feuilles ratées, mais sans doute quand même mises sur le marché, ne peuvent manquer
    d’évoquer le dogme de Fernand Léger prêchant l’autonomie de la forme et de la couleur. On retrouve
    également dans la céramique populaire ces formes prestement tracées indépendamment de la
    couleur appliquée par masse ou par tache. Voilà un autre précepte du modernisme qui trouve tout à
    fait son équivalent dans l’imagerie populaire qui le précède.
    Les feuilles à découper pour les enfants proposent une série de formules de représentation
    échappant à la perspective et à son mode conventionnel. Les surréalistes et plus tard le Pop art et
    les Nouveaux réalistes tirent le meilleur parti de ces méthodes. Les rangées de soldats alignés dans
    une répétition mécanique et glorifiant le corps militaire noyant l’individu renvoient aux
    accumulations en vogue dans l’art depuis les années 60. Les feuilles de têtes de père Noël ou de
    saint Nicolas destinées aux confiseurs exercent le même genre de fascination répétitive. Les
    poupées à découper avec leurs vêtements interchangeables, les architectures à construire, les
    coiffures militaires à assembler et les multiples pantins sont autant d’organisations anarchiques
    d’éléments matériels disposés de façon désordonnée sur la surface du papier. Ils font rêver à un
    ordre qui n’est pas celui de l’objet tridimensionnel qu’ils préfigurent. Les surréalistes, Max Ernst et
    les autres, y ont été sensibles, eux qui privilégiaient le monde de l’enfance et ses interminables
    rêveries. Les membres épars des pantins, répartis dans tous les sens et parfois répétés en série,
    voisinent avec le tronc auquel ils ont été arrachés. Leur positionnement pêle-mêle obéissant à une
    répartition optimale sur la feuille et ménageant de ce fait un espacement régulier postule
    l’ordonnancement d’une anatomie onirique.
    […] Le schéma classique de l’art savant qui crée et des arts mineurs qui copient est à remettre en
    cause en ce qui concerne l’imagerie populaire. Des inventions de signes et d’allégories d’une grande
    efficacité sémantique n’ont jamais été reprises par la peinture savante. De surcroît, les artistes de la
    modernité en quête de toutes sortes de formules leur permettant de remettre en cause les
    conventions traditionnelles trouvent dans l’imagerie populaire les ressources de solutions simples et
    efficaces. En reproduisant Les degrés des âges accroché au mur de sa chambre dans Mon intérieur,
    1922 (MNAM Centre Pompidou), Foujita lui rend un hommage appuyé. L’apparition de planches de
    grand format à Wissembourg et à Epinal est contemporain et parallèle à l’élaboration du nouveau
    système de représentation de la modernité. Dans les deux cas, la couleur largement distribuée en
    aplats y représente un facteur de renouveau. Les sources du modernisme ont trop souvent été
    minimisées par rapport à leurs soi-disant inventeurs. Encore aujourd’hui beaucoup de
    commentateurs ne peuvent se passer de citer Picasso comme le grand inventeur de l’art africain,
    faisant l’impasse sur les conservateurs et ethnologues qui le présentaient au musée du Trocadéro où
    il l’a découvert. Ces quelques observations ont pour but de réfléchir à la création dans une
    perspective plus large que l’histoire de l’art savant, mais ne tendent en aucun cas à anoblir
    l’imagerie populaire d’un parrainage érudit. Elle possède une logique et un vocabulaire formel qui lui
    sont propres et qui en font l’attrait.
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    Les vues de villes dans l’imagerie Wentzel de Wissembourg
    Anny Claire HAUS
    Limitée au Moyen Age à un rôle de toile de fond dans le traitement du portrait ou de thèmes
    bibliques, la vue de ville ou veduta connaît du XVIe au XVllle siècle un fort engouement pour le rendu
    précis des vues topographiques. Des vedute, en effet, apparaissent dès le XVIe siècle dans la
    peinture flamande, notamment chez Paul Bril (1554-1626). Vers le milieu du XVIIe siècle, ce genre
    de paysage devient autonome. Comment ne pas évoquer à titre d'exemple, le portrait de la ville de
    Delft que Jan Vermeer réalise en 1660-1661 et auquel Proust rendra hommage dans son oeuvre A la
    Recherche du temps perdu (La Prisonnière, 1923) ? Au siècle d'or de la peinture néerlandaise, les
    vues à vol d'oiseau de villes comme Amsterdam, Haarlem...témoignent de la fierté des Hollandais
    d'appartenir à ces cités, immédiatement reconnaissables grâce aux silhouettes des édifices en
    étroite relation avec leur puissante hégémonie économique. Les vedute deviennent des sujets
    d'inspiration pour les peintres néerlandais et à leur suite, des artistes de l'Europe entière, anglais,
    français, allemands ou italiens. Venise, nimbée de lumière et suspendue entre ciel et mer, exerce
    depuis toujours une indéfectible magie sur le visiteur, sur l'artiste, cette cité lacustre, donc,
    concentre vers le milieu du XVIIIe siècle l'activité des « vedutistes » peintres de veduta -, dont les plus
    illustres sont les Guardi, Canaletto et son neveu Bellotto. L’installation de Canaletto à Londres et les
    séjours successifs du neveu à Dresde puis à Varsovie, vont favoriser la diffusion à travers l’Europe de
    la veduta comme genre de paysage.
    Les cités italiennes : vendre du rêve
    Les villes de Francfort et de Londres mises à part, ce sont les cités italiennes qui sont les plus prisées,
    comme en attestent les dépôts successifs de vues de Milan, de Florence (1868-1869) ou celles
    figurant Rome, Naples ou Venise, déposées dès 1855, et ce jusqu’en 1868. Il est clair que les seuls
    noms de Rome, de Naples ou de Venise sont synonymes de lieux exotiques dispensant magie et
    enchantement. Venise, en effet, empreinte des amours célèbres de George Sand avec Alfred de
    Musset, promptement assimilées à celles de Roméo et Juliette, reste la destination idéale des
    amoureux ou jeunes mariés. Cette ville inspire aux Wentzel, père et fils, et au successeur, Camille
    Burckardt (1889-1906) plusieurs séries d’images, proposant soit une vue globale de la place Saint-
    Marc depuis Notre-Dame de la Salute avec des gondoles ou des bateaux à vapeur, soit une scène
    isolée montrant un pêcheur tout alangui sur sa gondole ou un jeune couple quittant un palais pour
    rejoindre le gondolier qui attend au pied des marches. Le nom de Venise possède une telle puissance
    évocatrice que les imagiers wissembourgeois, en figurant une étendue d’eau, le détail d’un palais
    vénitien inventé, une gondole et une allusion furtive aux couples d’amoureux, vont atteindre leur cible,
    leur cible commerciale, celle de vendre du rêve.
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    7. Autour de l’exposition
    VISITES TOUT PUBLIC
    · Visites commentées
    Les dimanches à 11h (sauf le 1er dimanche du mois, le 26 décembre et le 30 janvier)
    La visite du 21 novembre est interprétée en L.S.F.
    · Führungen in deutscher Sprache
    Samstag den 6. November, 4. Dezember und 8. Januar um 11.00 Uhr
    · Une heure / une oeoeoeoeuvre
    Mercredi 17 novembre à 14h30
    « Le Struwelpeter et les modèles éducatifs »
    · Le temps d’une rencontre
    Samedi 6 novembre à 14h30
    « L’imagerie Wentzel dans les écoles d’Alsace au 19e siècle » en compagnie de Josie Lichti, co-auteur
    du catalogue
    Samedi 27 novembre à 14h30
    « Jeux et jouets de papier pour petits et grands » en compagnie de Malou Schneider, conservatrice du
    Musée alsacien et commissaire de l’exposition
    Samedi 15 janvier à 14h30
    « Entre France et Allemagne, l'imagerie populaire de Wissembourg » en compagnie de Malou
    Schneider, conservatrice du Musée alsacien et commissaire de l’exposition
    · « Voir » les musées autrement
    Les samedis 15 et 22 janvier à 10h
    Pour les visiteurs non-voyants, mal voyants et voyants
    Réservation indispensable au 03 88 88 50 50 du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30
    Tarif des visites : entrée de l’exposition
    MUSÉES EN FAMILLE
    Les mercredis 27 octobre, 3 novembre, 8, 15 et 22 décembre à 15h
    « Histoires contées »
    A partir de 6 ans, accompagnés d’adultes
    Tarif : entrée de l’exposition, gratuit pour les enfants
    Les dimanches 17 octobre et 23 janvier à 15h
    « Planches imprimées pour jouets à emporter », dans le cadre du cycle inter-musées « Le musée
    comme plateau de jeu »
    Enfants à partir de 6 ans et accompagnés d’adultes
    Tarif : entrée de l’exposition, gratuit pour les enfants
    ATELIERS
    Mercredi 24 novembre de 14h30 à 17h au Musée d’art moderne et contemporain
    « Articulations...le pantin », en lien avec l’exposition « Des mondes de papier. L’imagerie populaire de
    Wissembourg.»
    Atelier d’illustration avec Clément Paurd, co-fondateur de la revue « Belles Illustrations ». Il découvre
    le fond Wentzel à Wissembourg qui va inspirer « La Traversée, bande dessinée » publiée dans « Belles
    Illustrations » puis « La Trêve », courte histoire récompensée du prix Jeunes Talents 2009 du Festival
    international de la bande dessinée d'Angoulême.
    Pour les ados/adultes. Tarif : 6 €
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    LES ATELIERS DES VACANCES
    Du lundi 25 au mercredi 27 octobre de 10h à 12h et de 14h30 à 17h.
    Rendez-vous le lundi 25 octobre à 10h à la caisse du Palais Rohan
    «Images couchées, images debout »
    Initiation à la technique de la lithographie et découverte de l’exposition « Des mondes de
    papier. L’imagerie populaire de Wissembourg.» avec Pascale Willem, chargée de cours. Les ateliers
    se dérouleront à l’Ecole Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg.
    Un cycle de six ateliers. Pour les ados/adultes. Tarif : 16 € le cycle
    Du lundi 20 décembre au jeudi 23 décembre de 14h30 à 17h
    « Personnages et décors de papier »
    Réaliser ses poupées, ses jouets de papier en s’initiant à la gravure pour des images en série et aux
    pochoirs pour la mise en couleur.
    Un cycle de 4 ateliers. Pour les 7 / 12 ans. Tarif : 16 € le cycle
    CONFÉRENCES
    Auditorium des musées (Musée d’art moderne et contemporain).
    Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles
    Samedi 16 octobre 2010 à 18h
    « Les grands centres imagiers d’Europe » par Konrad Vanja, directeur du Musée des Cultures
    européennes à Berlin et co-auteur du catalogue
    Mercredi 24 novembre à 19h
    « Wentzel et ses différentes productions » par Dominique Lerch, historien et co-auteur du catalogue
    Mercredi 15 décembre à 19h
    « Imageries de l'Est de la France » par Dominique Lerch, historien et co-auteur du catalogue
    Mercredi 12 janvier 2011 à 19h
    « Les images à construire d’Epinal et de Wissembourg » par Anne Cablé, attachée de conservation au
    Musée de l’Image à Epinal et co-auteur du catalogue
    SPECTACLE
    « Montreurs d’Images »
    Un conteur et un musicien font vivre des histoires anciennes dans la rue,les places des marchés, et
    les médiathèques de la ville. Avec les comédiens Fréderic Duperray, Luc Schillinger et le musicien
    Jean-Louis Marchand de la Compagnie Hector Protector.
    Tarif : gratuit
    Médiathèques et maisons de retraite
    Dimanche 24 octobre à 16h : Maison de retraite Saint-Charles, 31 rue Saint-Charles, Schiltigheim
    Dans le cadre de la « Semaine bleue seniors » organisée par la Ville de Strasbourg
    du 18 au 24 octobre 2010 :
    Mercredi 20 octobre à 11h : Médiathèque de Strasbourg – Hautepierre Jeunes, 27 boulevard Victor
    Hugo
    Mercredi 20 octobre à 15h30 : Médiathèque de Strasbourg – Neuhof, 4 impasse Kiefer
    Samedi 23 octobre à 11h30 : Médiathèque de Strasbourg – Neudorf, 1 place du Marché
    Samedi 23 octobre à 15h : Médiathèque de Strasbourg – Elsau, 10 rue Watteau
    Dimanche 24 octobre à 14h30 : Maison de retraite Le Bartischgut –Meinau, 7 rue Bartisch
    Marchés :
    Jeudi 2 décembre à 9h et 10h30 : marché de la Montagne Verte, place d’Ostwald
    Samedi 4 décembre à 9h : marché de la Musau, place de Wattwiller
    Samedi 4 décembre à 10h30 : marché de Neudorf, place du Marché
    Jeudi 9 décembre à 9h : marché du Neuhof, allée Reuss
    Jeudi 9 décembre à 10h30 : marché du Neuhof, route d’Altenheim
    Mercredi 15 décembre à 9h marché de Cronenbourg, rue de Pfettisheim
    Mercredi 15 décembre à 10h30 : marché de Cronenbourg, place de Haldenbourg
    Samedi 18 décembre à 9h et à 10h30 : marché de Hautepierre, place du Maillon
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    15
    Mercredi 22 décembre à 9h et à 10h30 : marché du Faubourg national, rue du Faubourg national
    Marchés de Noël :
    Dimanche 28 novembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait
    Dimanche 28 novembre à 11h : place du Marché aux Poissons
    Samedi 4 décembre à 14h30 : place du Marché aux Cochons de lait
    Samedi 4 décembre à 16h : place du Marché aux Poissons
    Dimanche 5 décembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait
    Dimanche 5 décembre à 11h : place du Marché aux Poissons
    Samedi 11 décembre à 14h 30 : place du Marché aux Cochons de lait
    Samedi 11 décembre à 16h : place du Marché aux Poissons
    Dimanche 12 décembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait
    Dimanche 12 décembre à 11h : place du Marché aux Poissons
    Dimanche 19 décembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait
    Dimanche 19 décembre à 11h : place du Marché aux Poissons.
    DOSSIER DE PRESSE « DES MONDES DE PAPIER. L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG »
    GALERIE HEITZ- PALAIS ROHAN, 16 OCTOBRE 2010 - 31 JANVIER 2011
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    8. Prêts et bibliographie sélective
    Prêts
    Cette exposition présente essentiellement des oeuvres des collections des Musées de la Ville de
    Strasbourg ; le Cabinet des Estampes et des Dessins et le Musée Alsacien en conservent la majeure
    partie, soit près de 800 feuilles à eux deux. Au Musée Historique se trouve un ensemble d’une
    trentaine de personnages grandeur nature, édités par F.C. Wentzel, C. Burckardt et les successeurs
    de Burckardt.
    Les acquisitions des musées strasbourgeois sont essentiellement dues à l’activité de Paul Martin,
    alors conservateur du Musée Historique, qui, le premier en France, s’intéressa à l’imagerie de
    Wissembourg et organisa la première exposition sur ce thème en 1967 au Cabinet des Estampes de
    Strasbourg (alors situé dans la même salle que celle qui reçoit l’exposition de 2010). L’exposition fut
    reprise à Wissembourg en 1975 et Paul Martin rédigea à cette occasion un petit catalogue
    présentant l’imagerie de Wentzel et de ses successeurs.
    En 1947, le Musée Alsacien bénéficia de dons de la part de Charles Ackermann, qui avait alors
    arrêté son activité d’impression d’images, mais poursuivait la vente de planches. Georges Klein fit lui
    aussi quelques acquisitions isolées et le musée a pu acheter en 2010 un ensemble de 88 images,
    assorti d’un don de Madame Anmarie Bendel et de Monsieur Jean-Frédéric Muller, aujourd’hui
    propriétaires du fonds subsistant dans les anciens bâtiments de l’entreprise à Wissembourg.
    Madame Bendel et Monsieur Muller ont bien voulu nous prêter aussi des éléments permettant
    d’évoquer les techniques de la lithographie, entre autres une presse de la fin du 19e siècle, des
    registres d’expédition et des recueils de planches, ainsi que des pigments de couleur et le matériel
    permettant de les appliquer. S’y rajoutent quelques pièces exceptionnelles, comme l’image triple (en
    allemand Harfenbild –image en harpe), confectionnée selon une technique déjà pratiquée au 18e
    siècle.
    Le Musée Westercamp de Wissembourg met à notre disposition un certain nombre d’images datant
    des débuts de l’entreprise Wentzel, dont une planche datée de 1840 et signée par Jean Frédéric
    Wentzel lui-même, qui l’envoyait au préfet pour approbation. S’y ajoutent des sujets décoratifs
    provenant de trois recueils d’images achetés en 1991 par la Ville de Wissembourg à l’initiative de
    Monsieur René Schellmanns, alors conservateur du musée.
    Bibliographie sélective
    Dominique LERCH, Imagerie et Société. L’imagerie Wentzel de Wissembourg au XIXe siècle,
    Publications de la Société Savante d’Alsace et des Régions de l’Est, tome XXI, 1982, Istra,
    Strasbourg, 334 p.
    Dominique LERCH, Imagerie populaire en Alsace et dans l’Est de la France, Presses Universitaires de
    Nancy, 1992, 330 p.
    Faszination Bild, catalogue d’exposition, Museum Europäischer Kulturen, Berlin, Preussischer
    Kulturbestiz, 1999, 432 p.
    Saints, Souverains, Pantins, Imagerie populaire de Wissembourg, catalogue d’exposition, Badisches
    Landesmuseum Karlsruhe, Jan Thorbecke, Stuttgart, 1999, 264 p.
     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DES MONDES DE PAPIER

    L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG

    UNE EXPOSITION DU MUSÉE ALSACIEN

    GALERIE HEITZ-PALAIS ROHAN

    16 OCTOBRE 2010 / 31 JANVIER 2011

    Relations avec la presse

    Service communication des musées

    Julie Barth

    julie.barth@cus-strasbourg.net

    Tel.: +33/(0)3 88 52 50 15

    Fax: +/33(0)3 88 52 50 42

    www.musees-strasbourg.org

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    1. INFORMATIONS PRATIQUES PAGE 2

    2. LE PROJET PAGE 3

    3. HISTOIRE DE L’IMAGERIE DE WISSEMBOURG PAGE 4

    4. PARCOURS ET SCÉNOGRAPHIE DE L’EXPOSITION PAGE 5

    5. LES THÈMES ILLUSTRÉS PAR L’IMAGERIE DE WISSEMBOURG PAGE 6

    6. LE CATALOGUE PAGE 10

    7. AUTOUR DE L’EXPOSITION PAGE 13

    8. PRÊTS ET BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE PAGE 16

    9. LISTE DES VISUELS DISPONIBLES PAGE 17

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    1. Informations pratiques

    Galerie Heitz, Palais Rohan

    Lieu :

    Palais Rohan

    2, place du Château, STRASBOURG

    Tél. 03 88 52 50 00

    Horaires :

    Lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 18h (dès 10h pendant le mois de décembre)

    Samedi et dimanche de 10h à 18h

    Fermé le mardi

    Fermé le 1er et 11 novembre, le 25 décembre et 1er Janvier.

    Le 24 et le 31 décembre, fermeture à 16h.

    Visites de groupes (dans la limite des places disponibles)

    Réservation indispensable auprès du Service éducatif des Musées de la Ville de Strasbourg.

    Téléphone : 03 88 88 50 50 (du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30)

    Fax : 03 88 52 50 41

    Prix d’entrée de l’exposition à la Galerie Heitz :

    Tarif normal : 6 euros

    Tarif réduit : 3 euros

    Gratuité :

    - moins de 18 ans

    - carte Culture

    - carte Atout Voir

    - carte Museums Pass Musées

    - carte Édu’Pass

    - visiteurs handicapés

    - étudiants en art et en histoire de l’art

    - personnes en recherche d’emploi

    - bénéficiaires de l’aide sociale

    - agents de la CUS munis de leur badge

    - pour tous, le 1

     

     

    er

    dimanche de chaque mois

    Pass 1 jour : 8 euros, tarif réduit 4 euros, (accès à tous les Musées de la Ville de Strasbourg et à leurs

    expositions temporaires).

    Pass 3 jours : 10 euros, tarif unique (accès à tous les Musées de la Ville de Strasbourg et à leurs

    expositions temporaires).

    Museum Pass Musées – 1 an, 180 musées : tarif individuel 69 euros, tarif familial 119 euros (accès

    à plus de 180 musées en Alsace, Suisse et Allemagne).

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    2. Le projet

    Du 16 octobre 2010 au 31 janvier 2011, le Musée Alsacien propose une exposition intitulée "Des

    mondes de papier, l'imagerie populaire de Wissembourg" qui se tient dans la Galerie Heitz du Palais

    Rohan. Près de deux cents planches d'images imprimées en couleurs entre 1839 et 1939 par

    l'entreprise de lithographie fondée par Jean Frédéric Wentzel dans la petite ville alsacienne de

    Wissembourg y sont présentées au visiteur. Ces images étaient, au 19

     

     

    e

    siècle, diffusées dans une

    grande partie de l'Europe grâce au chemin de fer, aux libraires et à un réseau actif de colporteurs.

    L'exposition montre la grande diversité de la production de l'imagerie de Wissembourg, qui, en

    1869, devance même celle de l’imagerie Pellerin d’Epinal. Après la guerre de 1870, l’entreprise se

    tourne progressivement vers le marché allemand et propose en particulier une série d’étonnants

    personnages grandeur nature. L’activité va diminuer, puis s’arrêter vers 1939.

    Grâce à l’invention de la lithographie par Aloys Senefelder et de la chromolithographie par le

    mulhousien Godefroy Engelmann et sa diffusion très rapide, le 19

     

     

    e

    siècle voit se multiplier les

    images. Produites à faible coût dans de nombreux centres imagiers d’Europe, elles sont distribuées

    en ville par les libraires, tandis que les colporteurs vendent leurs planches illustrées jusque dans les

    plus petits hameaux.

    Un citoyen de Wissembourg, Jean Frédéric Wentzel, obtient en 1835 le brevet de lithographe et

    fonde une entreprise qui produira des quantités considérables d’images durant un siècle et les

    enverra, de Varsovie à Dublin, dans une grande partie de l’Europe. En 1869, année de la mort du

    fondateur, la firme alsacienne, en pleine expansion, produit plus de deux millions d’images grâce à

    dix-huit presses lithographiques.

    Dans cette exposition près de deux cent images évoquent la grande diversité de la production de

    Wissembourg. Même si le thème le plus vendeur est celui de la religion, les Wentzel père et son fils

    n’ont pas négligé l’image décorative, les scènes de la vie de famille et les sujets d’actualité. Mais le

    marché qui se développe le plus rapidement est celui de l’enfance. Toutes les possibilités offertes

    par le papier imprimé sont utilisées pour séduire ce nouveau client (et ses parents) : pantins, jeux,

    contes, petit théâtre, jouets optiques, petits soldats et tant d’autres. La série du « Petit Architecte »

    propose des bâtiments ou des scènes à découper et à assembler pour fabriquer des jouets en trois

    dimensions, ainsi la gare et le train (qui roule).

    L’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand à partir de 1871 coupe Wissembourg du marché français

    et la production s’en ressent, même si l’annexe parisienne de l’entreprise imprime elle-même des

    images qu’elle diffuse en France Après 1880 apparaissent des images de grande taille, aux sujets

    références plutôt germaniques, conçues pour décorer les auberges, les locaux d’associations ou les

    kermesses. La Seconde Guerre mondiale met fin à une production alors déclinante.

    Grâce aux images de Wissembourg, c’est tout un monde qui vient à nous sur son support de papier ;

    les croyances, les valeurs, les centres d’intérêt des habitants de l’Europe pendant un siècle, entre

    1839 et 1939, se dessinent en couleurs sur les murs et pour notre plus grand plaisir.

    Commissaires de l’exposition :

    Malou Schneider, conservateur en chef du patrimoine en charge du Musée Alsacien

    Alexandre Tourscher, attaché de conservation au Musée Alsacien

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    3. Histoire de l’imagerie de Wissembourg

    15 octobre 1807 : Naissance de Jean Frédéric Wentzel à Wissembourg

    1832 : Après une formation de relieur, Jean Frédéric Wentzel obtient son brevet de libraire

    1835 : Il obtient son brevet de lithographe. Il va diriger l'imprimerie et l'atelier d'imagerie populaire

    de Wissembourg de 1835 à 1869

    1837 : Edition de la première image connue

    1851 : Jean Frédéric Wentzel obtient son brevet d'imprimeur en lettres

    Vers 1855 : Création d'un dépôt de vente à Paris chez l'imprimeur Nicolas Humbert (65, rue St

    Jacques) puis collaboration avec la veuve Humbert à partir de 1859

    1860 : L'imprimerie Wentzel édite plus de 200 sujets différents

    1861 : Wentzel est propriétaire du

     

     

    Journal de Wissembourg

    1865 : Wentzel rachète le dépôt parisien de la rue Saint Jacques

    1860-1869 : Période d'apogée de l'entreprise : production annuelle estimée à 2 millions d'images

    dans les meilleures années ; une vingtaine de presses lithographiques impriment 300 à 400

    estampes par jour

    27 juillet 1869 : Décès de Jean Frédéric Wentzel ; ses fils Frédéric Charles (à Wissembourg) et

    Charles Frédéric (au dépôt parisien) lui succèdent

    4 août 1870 : Première bataille de la guerre franco-allemande à Wissembourg

    10 mai 1871 : Traité de Francfort : annexion de l'Alsace à l'Empire allemand

    1869-1877 : L'imprimerie et l'atelier d'imagerie de Wissembourg sont dirigés par Frédéric Charles

    Wentzel, fils cadet de Jean Frédéric Wentzel

    2 juin 1877 : Décès de Frédéric Charles Wentzel

    1877-1880 : La veuve de F. C. Wentzel, Louise Caroline Scherer, est à la tête de l'entreprise

    1880-1888 : Camille Burckardt, ancien fondé de pouvoir de l'imprimerie Wentzel, devient

    propriétaire de l'entreprise (il décède le 18 décembre 1888)

    1889 : Reprise de l'affaire par 2 associés allemands : Hermann Jungck et Emil Schenck (à partir de

    1898, Jungck continue seul)

    1906 : Le Wissembourgeois, René Ackermann est le nouveau propriétaire de l'imprimerie

    1913 : Charles Ackermann succède à son père

    1918 : Retour de l'Alsace à la France

    1930-1940 : Fin progressive de la production d'images populaires à Wissembourg

    1940-1944 : Annexion de fait de l'Alsace au Reich allemand

    19 mars 1945 : Libération de Wissembourg par les troupes américaines

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    4. Parcours et scénographie de l’exposition

    Dans l’entrée précédant la salle d’exposition, une grande carte de l’Europe met en évidence l’espace

    commercial de diffusion de l’imagerie de Wissembourg en 1869-1870, qui occupe une zone allant

    de l’Irlande à la Pologne. Les principaux centres imagiers du continent y sont indiqués et leurs

    productions les plus caractéristiques évoquées par des reproductions.

    Dans la salle, une aire dédiée aux aspects techniques de la lithographie permet de découvrir une

    partie du matériel utilisé par l’imagerie de Wissembourg pour le dessin et l’impression : pierres

    lithographiques, rouleau encreur, craies spécifiques, mais aussi pour la mise en couleurs des images

    après impression : pigments colorés, pochoirs et brosses pour leur application.

    La pièce maîtresse de cette section est la presse lithographique venue des anciens ateliers de

    l’entreprise à Wissembourg, un modèle appelé en allemand

     

     

    Sternpresse

    (presse à étoile), à cause de

    la forme en étoile de la roue qui permet de faire avancer sur la machine la pierre lithographique

    surmontée du papier qui va être imprimé.

    Deux présentations attirent ensuite le regard dans la salle et mettent en valeur des aspects

    particuliers de la production wissembourgeoise : le monument consacré à l’imagerie religieuse et

    celui des personnages grandeur nature.

    L’homme du 19

     

     

    e

    siècle cherche aide et protection dans sa religion, c’est pourquoi il est important

    que soient présentes dans son intérieur des scènes de l’histoire religieuse ou des figures vénérées.

    Wentzel le protestant a produit essentiellement des images catholiques, qui étaient vendues bien

    au-delà de l’Alsace, particulièrement en Bavière. Se rajoutent en bien moindre proportion des

    planches destinées aux protestants et quelques images juives. Burckardt, pour sa part, imprime et

    exporte en Egypte des images pour le marché musulman. Grâce aux images de Wissembourg, les

    religions du Livre voisinent ici tout comme elles cohabitent en Alsace.

    Dominant l’espace de la salle, les figures grandeur nature donnent à voir leur variété, leurs couleurs

    vives et leur fantaisie graphique. Inspirées des grandes images d’Epinal, celles de Wissembourg

    sont, comme elles, d’abord les figures des grands hommes, souverains et militaires. Puis, pendant la

    période allemande, la demande évolue et les nombreuses associations qui se créent veulent afficher

    leur spécificité dans leurs salles de réunion ou d’entraînement ; apparaissent donc des personnages

    de théâtre et des musiciens, des pompiers ou des sportifs et…des buveurs.

    Dans un lieu spécifique sont regroupées les images pour les enfants, la production la plus

    importante de l’entreprise Wentzel et de ses successeurs après celle des planches religieuses. C’est

    un vrai foisonnement que cette production pour enfants, qui propose une grande variété de produits

    autant instructifs que ludiques, qui doivent aussi séduire les parents. S’y côtoient planches pour jeux

    de parcours, architectures à découper et à coller, images à colorier, jeux de loterie, et bien sûr contes

    et légendes à lire ou à écouter, sans compter les jouets optiques comme le zootrope ou la boîte

    d’optique qui font rêver grands et petits. Des maquettes faites à partir de planches anciennes de la

    série du « Petit Architecte »ou de reproductions permettront de montrer comment l’image de papier

    passe de deux à trois dimensions.

    Tout autour de la salle se déploient les autres thèmes de la production de Wissembourg : les images

    décoratives, villes, paysages ou saisons, celles qui évoquent plus ou moins humoristiquement la vie

    de couple et la famille, ainsi que les sujets d’actualité, guerres et catastrophes.

    Scénographe : Jean-Claude Goepp

    Architecte D.P.L.G. Jean-Claude Goepp est le scénographe du Musée d’Unterlinden à Colmar et

    assure, entre autres, la scénographie de nombreuses expositions du Musée des Beaux-Arts à Lyon.

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    5. Les thèmes illustrés par l’imagerie de Wissembourg

    IMAGES POUR ADULTES (ET PARFOIS FAMILLES)

    La cohabitation des religions

    Même si le protestant Wentzel choisit de privilégier une production à destination des foyers

    catholiques, il ne néglige pas pour autant les autres confessions, et toutes cohabitent en image

    comme elles le font dans les campagnes d’Europe centrale. La dévotion catholique est multiforme,

    même si elle s’adresse principalement à la figure du Christ, dont les épisodes de la Passion sont

    abondamment décrits et représentés avec le dolorisme caractéristique de l’époque. Les images de

    la Vierge Marie sont un peu moins nombreuses, mais sont souvent acquises dans l’un des

    innombrables pèlerinages dont elle est titulaire. Comme celles du Christ, les images de la Vierge

    sont souvent inspirées d’oeuvres de grands peintres, comme Raphaël. Les saints se trouvent presque

    marginalisés, leur grand nombre entraînant une dispersion des sujets d’image, d’où une quantité de

    tirages bien moindre pour chacun d’eux.

    Protestants et juifs donnent le premier rôle au texte religieux et ne vénèrent pas les images, mais

    celles-ci ne sont néanmoins pas exclues et jouent un rôle de mémento. Les grandes figures de la

    Réforme sont proposées selon de multiples combinaisons de personnages, et même des courants

    minoritaires du protestantisme, comme les mennonites, nombreux à s’être installés dans l’est de la

    France ne sont pas oubliés. Le

     

     

    mizrah

    (affiché sur le mur est d’une demeure, il indique la direction

    de Jérusalem) dessiné par Théodore Lix a, pour sa part, tant de succès auprès de la clientèle juive

    qu'il en existe trois variantes. L’entreprise de Wissembourg a même imprimé, à la fin du 19

     

     

    e

    siècle,

    des images religieuses en arabe à destination du marché musulman.

    Une vie scandée par les images

    Le couple et la famille sont des sujets très appréciés, qui décorent principalement les murs des

    intérieurs Traités de façon romantique, mais aussi humoristique, voire grivoise, ils évoquent les

    relations au sein de la famille telles qu’on les concevait au 19

     

     

    e

    siècle dans différents milieux, de la

    petite paysannerie à la bourgeoisie. La vie humaine est rythmée par des étapes ritualisées, dont les

    individus aiment conserver un souvenir : ce sont les lettres de baptême, des souvenirs de

    confirmation ou des textes mortuaires. Destinées essentiellement à la clientèle protestante

    régionale, qui les complète par des indications manuscrites, ces images de petit format ne sont pas

    soumises au contrôle préfectoral. Un grand classique, en lien avec le thème du cours de la vie, est

     

     

    Le

    Degré des Âges

     

     

    , qui rythme, de façon très théorique, les étapes de la vie humaine, ainsi que son

    dérivé, les « degrés des positions sociales », où le paysan se trouve valorisé et le juif dénigré.

    Plusieurs versions différentes de ces degrés ont été éditées dans de nombreuses imageries, tout

    comme à Wissembourg.

    Le décor de la maison

    L’image peut aussi être simplement d’agrément, choisie essentiellement pour son caractère

    décoratif, mais aussi pour le sentiment d’évasion qu’elle peut procurer. Les thèmes les plus

    fréquents dans cette catégorie très demandée par la clientèle sont les allégories des saisons ou des

    continents, qui ne sont jamais isolées, mais vont en « suites » de quatre. Ces sujets sont parfois

    prétexte à montrer de jeunes beautés plus ou moins dénudées, ainsi les figures dessinées par le

    peintre Dévéria, dont on s’étonne qu’elles aient résisté à l’examen de la censure. D’autres allégories,

    à vocation plus encyclopédique, comme la série des grandes activités humaines,

     

     

    Le Commerce

    ,

    L’Industrie,

     

     

    etc., ainsi que des « types » en costume traditionnel, - généralement suisse - , semblent

    avoir plu à la clientèle. Formant un genre à lui seul, le paysage est très prisé, et tout particulièrement

    les vues de villes, qui sont choisies comme évocation du voyage, comme ouverture vers le vaste

    monde que beaucoup n’ont pu découvrir que grâce aux images.

    Des histoires exemplaires

    Appelées aussi « suites », ces séries racontent une histoire grâce au support de quatre images

    correspondant à différents épisodes d’un récit Les suites les plus connues sont consacrées à des

    figures historiques, des héros de roman, des personnages légendaires ou tirés de paraboles

    bibliques. Les épisodes choisis sont imprimés sur quatre planches différentes, numérotées de 1 à 4,

    accompagnées du titre de l’histoire, de celui de l’épisode et de petits textes narratifs essentiellement

    rédigés en français et en allemand. Ce type d’imagerie était apprécié des familles qui les achetaient

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    encadrées et fixaient l’ensemble de quatre aux murs de la pièce commune. Les histoires choisies

    sont censées contribuer à l’édification morale des adultes et des enfants en mettant en valeur des

    vertus cardinales (courage, tempérance,…) ou théologales (la foi, l’espérance, la charité). Elles

    exaltent la famille, le courage et la loyauté chez l’homme, la bonté et la résignation des femmes et

    dénoncent la déloyauté et l’oisiveté. Elles n’occultent toutefois pas l’existence d’inconduites comme

    l’adultère ou la débauche, sans s’y attarder toutefois.

    Actualités en images

    Les sujets d’actualité prennent au 19

     

     

    e

    siècle une place croissante dans l’imagerie populaire,

    favorisée par la technique de la lithographie et ses développements, qui permettent d’imprimer en

    quantités toujours plus importantes. Les peuples découvrent le visage de leur souverain, les fidèles

    celui de leur pape et les Français gardent la mémoire de leurs grandes figures républicaines, de

    Rouget de Lisle à Victor Hugo. Les événements militaires sont suivis par des citoyens conscients de

    l’importance que peut avoir une bataille pour leur avenir et aussi sur la vie de leur famille quand

    leurs fils sont à l’armée pour plusieurs années. Imagerie politique de circonstance, les allégories de

    l’Alsace et de la Lorraine surgissent dans un contexte protestataire, après l’annexion de ces

    provinces à l’Empire allemand et sont plus ou moins discrètement pourvues de références à la

    France. Et, petit à petit, les représentations de faits divers vont, elles aussi, trouver place dans cette

    imagerie en montrant des catastrophes, naturelles ou non. Sur ces images, le regard est exempt de

    voyeurisme, même si les souffrances des soldats à la bataille sont suggérées par la composition et

    le graphisme.

    Les loisirs masculins s’affichent

    C’est tout l’univers de la sociabilité masculine qui se dessine à travers ces images, un peu plus

    grandes que celles qui ornent les intérieurs. L’auberge est le lieu public autour duquel gravite ce

    monde : les hommes viennent y consommer de l’alcool, y acheter du tabac et parfois déguster un

    plat de saison, annoncé par une affiche. Pour inciter les buveurs à revenir, le tenancier garnit les

    murs d’images humoristiques ou grivoises, susceptibles d’alimenter les conversations. Parfois, des

    installations de jeu, les quilles ou le tir sur une cible, sont mises à disposition de la clientèle. Les

    associations établissent souvent leur quartier général dans un débit de boisson et marquent leur

    territoire en affichant des images se rapportant à leur activité : artisanat, musique, sport ou chasse.

    L’imagerie de Wissembourg a précisément illustré de multiples façons le thème du chasseur et du

    gibier et en a fait un point fort de sa production.

    LES IMAGES POUR LES ENFANTS (ET PARFOIS LES GRANDS)

    Des armées de petits soldats

    Manipuler des armées de soldats de plomb ou de carton est un jeu très ancien, pratiqué surtout par

    les princes qui apprenaient ainsi à préparer les manoeuvres de leurs troupes. Confectionner des

    petits soldats en carton est une activité très pratiquée à Strasbourg après l’annexion de l'Alsace à

    l'Empire allemand en 1871. Des peintres amateurs cherchent, par patriotisme, à restituer ainsi les

    différents uniformes des troupes françaises. Des planches imprimées de soldats, prêtes à être

    découpées, sont proposées par l’imprimeur strasbourgeois Gustave Silbermann, puis par l’imagerie

    de Wissembourg. Ces petits soldats aux postures figées et à l’alignement impeccable peuvent

    redevenir mobiles, dès lors qu’une main d’enfant – ou d’adulte - effectue les gestes attendus :

    contre-coller la feuille imprimée sur un carton fin, puis découper chaque figurine avec un petit canif

    et enfin fixer à l’arrière le petit plot de bois qui la stabilise. Et voilà que se constituent des corps

    d’armée prêts à se déployer sur le champ de manoeuvre d’une table…

    Couper pour jouer

    Il est possible de transformer des figures de toutes sortes, avec leurs accessoires, de la même façon

    que les petits soldats : le cirque de Buffalo Bill ou une fête alsacienne vont ainsi pouvoir se muer en

    petites scènes de genre en trois dimensions. Des poupées à habiller, jeu réservé aux fillettes, ou des

    uniformes à découper pour s’en vêtir, activité de garçons, confèrent au papier le rôle vestimentaire

    du tissu. Les membres dispersés des sujets pour pantins viennent se regrouper pour reconstituer un

    personnage qui s’anime dès que l'on tire la ficelle qui pend dans son dos. Contre-collage puis

    découpage terminés, il faut perforer les parties des membres qui sont proches des articulations pour

    y faire passer des ficelles, qui seront reliées à une ficelle centrale que l’enfant devra tirer pour que

    les quatre membres s’agitent. Les personnages de pantin sont souvent des militaires à l’uniforme

    coloré, parfois aussi un natif d'Alsace ou de Chine au costume original, mais aussi des figures

    familières, comme celle du père Noël.

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    Le « Petit Architecte » et la troisième dimension

    Les constructions offrent un attrait supplémentaire par rapport aux figures à découper : la possibilité

    de créer un objet en trois dimensions à partir d’une feuille de papier imprimé. La plupart des

    planches de la série que Wentzel a appelée « Le Petit Architecte », reproduisent des bâtiments

    éclatés. Il faut en découper les éléments avant de les assembler et de les fixer avec de la colle, en

    suivant les indications de montage données sur la feuille. Sur les plus anciennes images de

    constructions sont de plus représentés des personnages se livrant à diverses activités en lien avec le

    sujet. Découpés et consolidés, ils pourront être agencés pour composer une scène de genre.

    L’imagerie de Wissembourg a proposé encore un autre type de planche, qui indique comment créer

    un mécanisme simple, capable d’animer une scène grâce à l’écoulement du sable ou à la poussée

    de l’air chaud montant d’un poêle. L’image vient de conquérir la troisième dimension ainsi que le

    mouvement

    Fascinants jouets optiques

    Voilà des jeux et des jouets qui mettent en oeuvre des lois de la physique et qui, pour la plupart,

    nécessitent une installation et un éclairage artificiel, ce qui requiert la présence d’adultes et en fait

    par conséquent une activité idéale pour les soirées en famille. Le zootrope est un jouet inventé en

    Angleterre en 1834, qui fonctionne selon la loi de la persistance rétinienne pour donner l’illusion du

    mouvement. A l’origine, les vues d’optique sont contemplées par l’intermédiaire d’un miroir incliné

    renvoyant l’image, qui est pourvue d’un titre inversé. Dans les pays germaniques, on préfère regarder

    ces vues dans une grande boîte (

     

     

    Guckkasten

    ) où elles sont agrandies grâce à des lentilles. Des

    marchands ambulants parcourent les campagnes et montrent ces images pour quelques sous, en

    alternant effet de jour et effet de nuit. Silhouettes noires, les ombres chinoises sont reportées par

    l’arrière sur un drap blanc, tandis que les ombres blanches, une fois leurs parties noires découpées,

    sont projetées sur le mur à l’aide de la lumière faible et mouvante d’une bougie.

    Jeux de parcours et de société

    Jeu de hasard pur, le jeu d’oie est à l’image du cours de la vie et de ses vicissitudes. Apparu à la fin

    du 16

     

     

    e

    siècle, il a été imprimé et largement diffusé. Il se joue à plusieurs et nécessite une planche ou

    table sur laquelle figure un parcours en spirale divisé en cases numérotées. A part quelques motifs

    incontournables parce qu’ils donnent des indications de jeu, les décors des cases sont à la discrétion

    du créateur. Chaque joueur lance un dé indiquant de combien de cases son pion peut avancer, mais

    doit se conformer aux instructions portées là où il arrive, comme rejouer, revenir au départ, etc. Le

    vainqueur est le premier arrivé au but, la 63

     

     

    e

    case. Au fil du temps sont apparus d’autres jeux de

    société du même type, qui ne sont souvent que des dérivés du jeu originel. Illustrés à partir de

    thèmes très divers, ils conservent pour la plupart la notion de parcours ou de progression avec des

    tours du monde et des jeux de voyage.

    Des images pour découvrir le monde

    Les images font partie du matériel scolaire : ce sont des auxiliaires de l’enseignant qui les utilise

    pour apprendre aux enfants à nommer les choses. Représentations d’objets de la vie quotidienne, de

    meubles de l’école ou d’animaux exotiques permettent de convoquer dans la salle de classe le

    monde qui entoure les enfants de plus ou moins près. Le maître va s’attacher à leur faire découvrir

    les éléments de ce monde qu’ils vont s’approprier en les nommant lorsque l’instituteur les désigne.

    Ce principe pédagogique est déjà ancien lorsque Wentzel, s’inspirant des dessins du jeune

    lithographe allemand J.F.Schreiber, publie ses « Tableaux pour l’instruction de la jeunesse ».

    Destinées, de par leur taille modeste, à n’être manipulées que par un ou deux élèves

    simultanément, ces planches sont certainement les bienvenues dans les classes uniques, où le

    maître s’occupe d’enfants d’âges et de niveaux très différents. Wentzel produit encore d’autres

    images à usage scolaire : cartes géographiques, protège-cahiers et de petites images à découper,

    probablement des bons points.

    De bonnes petites images

    Regroupées parfois jusqu’à cent sur une même planche, les petites images ont des fonctions

    variées. Sans titre ou intitulées

     

     

    Schneidebilder,

    images à découper, elles sont sans doute -pour les

    plus petites -des « bons points » (ou « témoignages de mérite »), gagnés par un enfant grâce à une

    réponse juste ou à une bonne conduite. Les images un peu plus grandes peuvent avoir été remises

    aux élèves en échange d’un certain nombre de bons points. Au format intermédiaire correspondent

    les images de loterie, munies d’une indication de gain ou de perte que découvre celui qui vient de

    tirer au sort une de ces petites fiches. D’autres encore révèlent son avenir à celui qui vient de choisir

    au hasard l’une des images. A priori plus insolites sont les sujets répétés à l’identique sur une même

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    planche. Une double page destinée aux pâtissiers-confiseurs indique qu’il s’agit de vignettes qui,

    après découpage, sont collées avec du sucre sur des langues de pain d’épices à l’occasion de la saint

    Nicolas, de Noël, de Pâques ou de la kermesse du village.

    Contes et légendes de France et d’Allemagne

    Précurseur de la bande dessinée, l’histoire découpée en cases apparaît au milieu du 19

     

     

    e

    siècle avec

    Wilhelm Busch et réunit narration par l’image et narration par le texte, quelques lignes étant

    imprimées sous chaque dessin. Dans la production des imagiers, le découpage de l’histoire et le

    choix des épisodes illustrés ne paraît pas toujours des plus efficaces pour maintenir le suspense et

    mettre en valeur les moments dramatiques et les renversements de situation. C’est que les images

    servaient de fil conducteur à un récit essentiellement oral, raconté par les adultes bien avant que

    d’être lu par l’enfant. Les contes de Charles Perrault ou des frères Grimm ont bien sûr la part belle

    dans le corpus de ces planches, éditées tantôt en France, tantôt en Allemagne. Toutefois, la

    littérature a, elle aussi, fourni quelques scénarios, tel Daniel Defoe et son Robinson Crusoé ou

    Schiller avec Karl Moor. En fonction des moyens de la famille, la planche achetée était imprimée en

    noir et blanc, coloriée ou même garnie de rehauts d’or.

    Spectacle au petit théâtre

    Le théâtre est un de ces mondes où l’enfant peut se projeter grâce à la miniaturisation. Plusieurs

    planches différentes sont utilisées pour transformer les feuilles de papier en lieu de spectacle. Un

    bâti en bois est indispensable et les représentations de fronton ou de rideau de scène y sont collées,

    campant ainsi l’espace. L’histoire une fois choisie, il s’agit de mettre en place le décor du fond,

    composé d’une image collée sur carton fort et consolidée par des baguettes de bois, de même pour

    les coulisses, regroupées par quatre ou par six sur une planche. Une fois découpés, les personnages

    sont stabilisés par un bout de bois. Tout est prêt pour la représentation, qui se déroule sur une table,

    à hauteur d’enfant. Par les coulisses, qui peuvent pivoter, les acteurs déplacent les personnages et

    déclament les répliques. Celles - ci sont souvent tirées de livrets d’opéra, mais peuvent aussi être

    improvisées à partir de contes et légendes bien connus, tels le petit Chaperon rouge et bien d’autres.

    Un résumé de la diversité des thèmes : les images « grandeur nature »

    Ces images se distinguent des autres par leur taille : la plupart mesurent 1,66m de haut, ce qui

    équivaut à celle de l’être humain, les dignitaires de l’Empire allemand dépassent même les 2 m.

    Toutefois, ces affiches représentent des sujets qui ne sont pas différents de ceux qui figurent sur les

    planches de taille habituelle : portraits de personnalités, héros de contes et légendes, allégories,

    personnages historiques, militaires, cibles, etc. La fonction de ces grands panneaux, en général

    constitués de trois lés, mais ne présentent chacune qu’un seul personnage, est toutefois autre. Vu

    leur taille, elles ne peuvent être affichées que dans des lieux suffisamment grands pour les mettre

    en valeur, en particulier lorsqu’elles vont par paires. Il est probable que ces affiches sont une façon

    pour les multiples associations qui se créent à la fin du 19

     

     

    e

    siècle d’affirmer leur présence dans les

    bâtiments, parfois très volumineux, qui font alors office de « maisons des associations ». Les

    animaux représentés se retrouvent, quant à eux, plutôt dans les foires ou les kermesses où ils sont

    fixés sur une âme en bois et dont une découpe recueille les balles lancées par les joueurs.

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    6. Le catalogue

    « Des mondes de papier. L’imagerie populaire de Wissembourg »

    Sous la direction de Malou Schneider. Introduction de Joëlle Pijaudier-Cabot.

    Avec les contributions de Serge Burger, Anne Cablé, Isabelle Chave, Monique Fuchs, Anny Claire

    Haus, Dominique Lerch, Josie Lichti, Jean-Hubert Martin, Dieter Nievergelt, Malou Schneider, Carine

    Schutz, Florian Siffer, Alexandre Tourscher, Konrad Vanja.

    256 pages, 300 illustrations

    ISBN catalogue : 978-2-35125-083-9

    Diffusion / Distribution : Le Seuil / Volumen

    EXTRAITS

    Entre France et Allemagne, une histoire et une historiographie : l’imagerie Wentzel de Wissembourg

    Dominique LERCH et Konrad VANJA

    Née sous la Monarchie de Juillet, se développant sous le Second empire, l’imagerie de Wissembourg

    a pour marché la France et l’Allemagne, avec surtout la Bavière, où des contemporains décrivent la

    présence des images de Wissembourg dans les intérieurs paysans. La frontière de la Lauter certes

    existe, mais est poreuse : des colporteurs de l’espace alsacien en viennent, les biens sont situés de

    part et d’autre, les mariages méconnaissent pour certains la frontière. Ainsi, 2 millions d’images

    sont diffusées en Alsace (11 %), en France (50 %), dans l’Europe de la Contre Réforme, et surtout

    l’Allemagne, notamment le Palatinat (11 %), la Westphalie, la Bavière,… Et d’un bord du Rhin à

    l’autre, on se copie, on se débauche les lithographes : quelles parentés entre May de Francfort et

    Wentzel de Wissembourg ! Meurt en 1869 le fondateur, Jean Frédéric Wentzel, éclate en 1870 la

    guerre franco-prussienne : les deux événements, cumulés, jouent un rôle dans une déstabilisation de

    la clientèle : la perte du marché français est réelle, malgré des clients fidèles.

    Mais les fils Wentzel ont tenté d’élargir leur clientèle : celle de l’image pieuse de dévotion, en

    rachetant des planches d’une des grandes firmes parisiennes qui fit faillite, la maison Dopter, celui

    du livre pour enfant, avec peut-être Jean Macé comme auteur. A quel moment la photographie,

    l’illustration dans le journal, les éditeurs de livres pour la jeunesse, viennent-ils défaire la

    combinaison originale de thèmes qui caractérise l’imagerie ?

    Cette imagerie, concurrente de celles de Metz, d’Epinal a pu être méconnue. Certes, les Vosges ne

    connaissent pas l’Annexion, et en France le label d’image d’Epinal s’impose : Pellerin, Pinot, Sagaire

    ont eu la durée pour eux, mais ils ne sont pas seuls, et doivent être considérés dans un espace large

    où Montbéliard, Pont-à-Mousson, Nancy - pour nous attacher à la France de l’Est - jouent un rôle lié à

    des entrepreneurs de qualité, peut-être sans dynastie industrielle. Méconnue oui, mais en France.

    L’historiographie de l’imagerie de Wissembourg ne peut certes pas négliger les noms de

    Champfleury (1864), Ristelhuber (1869, 1894), Gromer (1930) ou Martin (1967). Mais l’essentiel de

    l’étude de cette imagerie est portée par le conservateur du Musée des traditions populaires de

    Berlin, Adolf Spamer (+ 1953), avec en 1938 un article sur « Wissembourg, cité imagière », et le livre

    extraordinaire qui piste, de la fin du XVe siècle à 1900, les textes portant sur l’usage religieux du

    temps de la servante (

     

     

    Der Bilderbogen von der geistlichen Hausmagd

    , publié à titre posthume en

    1970). Viennent Klaus Lankheit et Rudolf Schenda : universitaires, aux articles variés, connaisseurs

    des sources françaises, ils ont donné rang à l’imagerie Wentzel de Wissembourg.

    Celle-ci a été exposée à plusieurs reprises, à Wissembourg, à Strasbourg, à Karlsruhe, donnant lieu à

    quelques catalogues. La dernière en date, à Karlsruhe et à Wissembourg, en 1999, portait sur les

    Saints, Souverains, Pantins

     

     

    . L’initiative de la conservatrice du Musée Alsacien remet donc en vue des

    planches issues des réserves des Musées strasbourgeois, réserves accumulées par Paul Martin,

    Adolphe Riff et Georges Klein. Grâce à l’ouverture d’esprit de feu M. Muller et de sa fille, Madame

    Bendel, une tradition d’imprimeurs, de conservateurs, de chercheurs permet à celles et ceux qui en

    font la démarche de contempler les pièces d’un temps pour partie révolu, celui où l’imagerie faisait

    la joie des enfants, la contemplation des parents, proposant un modèle culturel et religieux soumis à

    la censure et au contrôle des Eglises.

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    Le réveil de la couleur entre imagerie de Wissembourg et art moderne

    Jean-Hubert MARTIN

    On a largement décrit l’importance de l’inspiration populaire pour la génération d’artistes qui ont jeté

    les bases du modernisme en peinture. Les spectacles des foires et du cirque ont été des creusets

    pour l’inspiration de l’avant-garde. En ce qui concerne l’imagerie populaire, on la cite en général

    uniquement pour l’avant-garde russe. Kandinsky a reproduit dans l’Almanach du

     

     

    Blaue Reiter

    plusieurs planches de « loubok ». Malévitch a dessiné une dizaine de planches sur le thème de la

    Première Guerre mondiale dans la meilleure veine naïve et populaire. En France, la « découverte » de

    l’imagerie populaire a contribué à la renaissance de la gravure sur bois et à son épanouissement

    dans l’illustration, mais a aussi fortement marqué les peintres (Dufy). Leur enfance dans les années

    1880 et 1890 est baignée par l’imagerie populaire. Ils jouent comme tous les enfants de leur âge

    avec des soldats découpés, des pantins, des théâtres de poche et des architectures à assembler. Au

    regard de la production de Wissembourg, il est intéressant d’en analyser quelques caractéristiques

    qui n’ont pas manqué de marquer les esprits des futurs créateurs, les typologies étant très

    analogues d’un centre à l’autre. L’absence de texte ne doit pas rebuter le chercheur et le tétaniser.

    La transmission visuelle hors discours est un fait suffisamment avéré pour qu’il ne soit pas

    nécessaire de toujours exiger son secours.

    D’autres recoupements avec l’art moderne méritent d’être relevés. Il arrive sur certaines planches

    que la couleur n’épouse pas parfaitement le contour de la ligne, à cause d’un dérapage du pochoir.

    Ces feuilles ratées, mais sans doute quand même mises sur le marché, ne peuvent manquer

    d’évoquer le dogme de Fernand Léger prêchant l’autonomie de la forme et de la couleur. On retrouve

    également dans la céramique populaire ces formes prestement tracées indépendamment de la

    couleur appliquée par masse ou par tache. Voilà un autre précepte du modernisme qui trouve tout à

    fait son équivalent dans l’imagerie populaire qui le précède.

    Les feuilles à découper pour les enfants proposent une série de formules de représentation

    échappant à la perspective et à son mode conventionnel. Les surréalistes et plus tard le Pop art et

    les Nouveaux réalistes tirent le meilleur parti de ces méthodes. Les rangées de soldats alignés dans

    une répétition mécanique et glorifiant le corps militaire noyant l’individu renvoient aux

    accumulations en vogue dans l’art depuis les années 60. Les feuilles de têtes de père Noël ou de

    saint Nicolas destinées aux confiseurs exercent le même genre de fascination répétitive. Les

    poupées à découper avec leurs vêtements interchangeables, les architectures à construire, les

    coiffures militaires à assembler et les multiples pantins sont autant d’organisations anarchiques

    d’éléments matériels disposés de façon désordonnée sur la surface du papier. Ils font rêver à un

    ordre qui n’est pas celui de l’objet tridimensionnel qu’ils préfigurent. Les surréalistes, Max Ernst et

    les autres, y ont été sensibles, eux qui privilégiaient le monde de l’enfance et ses interminables

    rêveries. Les membres épars des pantins, répartis dans tous les sens et parfois répétés en série,

    voisinent avec le tronc auquel ils ont été arrachés. Leur positionnement pêle-mêle obéissant à une

    répartition optimale sur la feuille et ménageant de ce fait un espacement régulier postule

    l’ordonnancement d’une anatomie onirique.

    […] Le schéma classique de l’art savant qui crée et des arts mineurs qui copient est à remettre en

    cause en ce qui concerne l’imagerie populaire. Des inventions de signes et d’allégories d’une grande

    efficacité sémantique n’ont jamais été reprises par la peinture savante. De surcroît, les artistes de la

    modernité en quête de toutes sortes de formules leur permettant de remettre en cause les

    conventions traditionnelles trouvent dans l’imagerie populaire les ressources de solutions simples et

    efficaces. En reproduisant

     

     

    Les degrés des âges accroché au mur de sa chambre dans Mon intérieur

    ,

    1922 (MNAM Centre Pompidou), Foujita lui rend un hommage appuyé. L’apparition de planches de

    grand format à Wissembourg et à Epinal est contemporain et parallèle à l’élaboration du nouveau

    système de représentation de la modernité. Dans les deux cas, la couleur largement distribuée en

    aplats y représente un facteur de renouveau. Les sources du modernisme ont trop souvent été

    minimisées par rapport à leurs soi-disant inventeurs. Encore aujourd’hui beaucoup de

    commentateurs ne peuvent se passer de citer Picasso comme le grand inventeur de l’art africain,

    faisant l’impasse sur les conservateurs et ethnologues qui le présentaient au musée du Trocadéro où

    il l’a découvert. Ces quelques observations ont pour but de réfléchir à la création dans une

    perspective plus large que l’histoire de l’art savant, mais ne tendent en aucun cas à anoblir

    l’imagerie populaire d’un parrainage érudit. Elle possède une logique et un vocabulaire formel qui lui

    sont propres et qui en font l’attrait.

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    Les vues de villes dans l’imagerie Wentzel de Wissembourg

    Anny Claire HAUS

    Limitée au Moyen Age à un rôle de toile de fond dans le traitement du portrait ou de thèmes

    bibliques, la vue de ville ou

     

     

    veduta

    connaît du XVIe au XVllle siècle un fort engouement pour le rendu

    précis des vues topographiques. Des

     

     

    vedute

    , en effet, apparaissent dès le XVIe siècle dans la

    peinture flamande, notamment chez Paul Bril (1554-1626). Vers le milieu du XVIIe siècle, ce genre

    de paysage devient autonome. Comment ne pas évoquer à titre d'exemple, le portrait de la ville de

    Delft que Jan Vermeer réalise en 1660-1661 et auquel Proust rendra hommage dans son oeuvre

     

     

    A la

    Recherche du temps perdu

     

     

    (La Prisonnière

    , 1923) ? Au siècle d'or de la peinture néerlandaise, les

    vues à vol d'oiseau de villes comme Amsterdam, Haarlem...témoignent de la fierté des Hollandais

    d'appartenir à ces cités, immédiatement reconnaissables grâce aux silhouettes des édifices en

    étroite relation avec leur puissante hégémonie économique. Les

     

     

    vedute

    deviennent des sujets

    d'inspiration pour les peintres néerlandais et à leur suite, des artistes de l'Europe entière, anglais,

    français, allemands ou italiens. Venise, nimbée de lumière et suspendue entre ciel et mer, exerce

    depuis toujours une indéfectible magie sur le visiteur, sur l'artiste, cette cité lacustre, donc,

    concentre vers le milieu du XVIIIe siècle l'activité des « vedutistes » peintres de

     

     

    veduta

    -, dont les plus

    illustres sont les Guardi, Canaletto et son neveu Bellotto

     

     

    .

    L’installation de Canaletto à Londres et les

    séjours successifs du neveu à Dresde puis à Varsovie, vont favoriser la diffusion à travers l’Europe de

    la

     

     

    veduta

    comme genre de paysage.

    Les cités italiennes : vendre du rêve

    Les villes de Francfort et de Londres mises à part, ce sont les cités italiennes qui sont les plus prisées,

    comme en attestent les dépôts successifs de vues de Milan, de Florence (1868-1869) ou celles

    figurant Rome, Naples ou Venise, déposées dès 1855, et ce jusqu’en 1868. Il est clair que les seuls

    noms de Rome, de Naples ou de Venise sont synonymes de lieux exotiques dispensant magie et

    enchantement. Venise, en effet, empreinte des amours

     

     

     

    célèbres de George Sand avec Alfred de

    Musset, promptement assimilées à celles

     

     

    de Roméo et Juliette, reste la destination idéale des

    amoureux ou jeunes mariés. Cette ville inspire aux Wentzel, père et fils, et au successeur, Camille

    Burckardt (1889-1906) plusieurs séries

     

     

     

    d’images,

    proposant soit une vue globale de la place Saint-

    Marc depuis Notre-Dame de la Salute avec des gondoles ou des bateaux à vapeur, soit une scène

    isolée montrant un pêcheur tout alangui sur sa gondole ou un jeune couple quittant un palais pour

    rejoindre le gondolier qui attend au pied des marches. Le nom de Venise possède une telle puissance

    évocatrice que les imagiers wissembourgeois, en figurant une étendue d’eau, le détail d’un palais

    vénitien inventé, une gondole et une allusion furtive

     

     

     

    aux couples d’amoureux

    , vont atteindre leur cible,

    leur cible commerciale, celle de vendre du rêve.

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    13

    7. Autour de l’exposition

    VISITES TOUT PUBLIC

    ·

     

     

    Visites commentées

    Les dimanches à 11h (sauf le 1

     

     

    er

    dimanche du mois, le 26 décembre et le 30 janvier)

    La visite du 21 novembre est interprétée en L.S.F.

    ·

     

     

    Führungen in deutscher Sprache

    Samstag den 6. November, 4. Dezember und 8. Januar um 11.00 Uhr

    ·

     

     

    Une heure / une oeoeoeoeuvre

    Mercredi 17 novembre à 14h30

    « Le

     

     

    Struwelpeter

    et les modèles éducatifs »

    ·

     

     

    Le temps d’une rencontre

    Samedi 6 novembre à 14h30

    « L’imagerie Wentzel dans les écoles d’Alsace au 19

     

     

    e

    siècle » en compagnie de Josie Lichti, co-auteur

    du catalogue

    Samedi 27 novembre à 14h30

    « Jeux et jouets de papier pour petits et grands » en compagnie de Malou Schneider, conservatrice du

    Musée alsacien et commissaire de l’exposition

    Samedi 15 janvier à 14h30

    « Entre France et Allemagne, l'imagerie populaire de Wissembourg » en compagnie de Malou

    Schneider, conservatrice du Musée alsacien et commissaire de l’exposition

    ·

     

     

    « Voir » les musées autrement

    Les samedis 15 et 22 janvier à 10h

    Pour les visiteurs non-voyants, mal voyants et voyants

    Réservation indispensable au 03 88 88 50 50 du lundi au vendredi de 8h30 à 12h30

    Tarif des visites : entrée de l’exposition

    MUSÉES EN FAMILLE

    Les mercredis 27 octobre, 3 novembre, 8, 15 et 22 décembre à 15h

    « Histoires contées »

    A partir de 6 ans, accompagnés d’adultes

    Tarif : entrée de l’exposition, gratuit pour les enfants

    Les dimanches 17 octobre et 23 janvier à 15h

    « Planches imprimées pour jouets à emporter », dans le cadre du cycle inter-musées « Le musée

    comme plateau de jeu »

    Enfants à partir de 6 ans et accompagnés d’adultes

    Tarif : entrée de l’exposition, gratuit pour les enfants

    ATELIERS

    Mercredi 24 novembre de 14h30 à 17h au Musée d’art moderne et contemporain

    « Articulations...le pantin », en lien avec l’exposition « Des mondes de papier. L’imagerie populaire de

    Wissembourg.»

    Atelier d’illustration avec Clément Paurd, co-fondateur de la revue « Belles Illustrations ». Il découvre

    le fond Wentzel à Wissembourg qui va inspirer « La Traversée, bande dessinée » publiée dans « Belles

    Illustrations » puis « La Trêve », courte histoire récompensée du prix Jeunes Talents 2009 du Festival

    international de la bande dessinée d'Angoulême.

    Pour les ados/adultes. Tarif : 6 €

    DOSSIER DE PRESSE « DES MONDES DE PAPIER. L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG »

    GALERIE HEITZ- PALAIS ROHAN, 16 OCTOBRE 2010 - 31 JANVIER 2011

    14

    LES ATELIERS DES VACANCES

    Du lundi 25 au mercredi 27 octobre de 10h à 12h et de 14h30 à 17h.

    Rendez-vous le lundi 25 octobre à 10h à la caisse du Palais Rohan

    «Images couchées, images debout »

    Initiation à la technique de la lithographie et découverte de l’exposition « Des mondes de

    papier. L’imagerie populaire de Wissembourg.» avec Pascale Willem, chargée de cours. Les ateliers

    se dérouleront à l’Ecole Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg.

    Un cycle de six ateliers. Pour les ados/adultes. Tarif : 16 € le cycle

    Du lundi 20 décembre au jeudi 23 décembre de 14h30 à 17h

    « Personnages et décors de papier »

    Réaliser ses poupées, ses jouets de papier en s’initiant à la gravure pour des images en série et aux

    pochoirs pour la mise en couleur.

    Un cycle de 4 ateliers. Pour les 7 / 12 ans. Tarif : 16 € le cycle

    CONFÉRENCES

    Auditorium des musées (Musée d’art moderne et contemporain).

    Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles

    Samedi 16 octobre 2010 à 18h

    « Les grands centres imagiers d’Europe » par Konrad Vanja, directeur du Musée des Cultures

    européennes à Berlin et co-auteur du catalogue

    Mercredi 24 novembre à 19h

    « Wentzel et ses différentes productions » par Dominique Lerch, historien et co-auteur du catalogue

    Mercredi 15 décembre à 19h

    « Imageries de l'Est de la France » par Dominique Lerch, historien et co-auteur du catalogue

    Mercredi 12 janvier 2011 à 19h

    « Les images à construire d’Epinal et de Wissembourg » par Anne Cablé, attachée de conservation au

    Musée de l’Image à Epinal et co-auteur du catalogue

    SPECTACLE

    « Montreurs d’Images »

    Un conteur et un musicien font vivre des histoires anciennes dans la rue

     

     

    ,

    les places des marchés, et

    les médiathèques de la ville. Avec les comédiens Fréderic Duperray, Luc Schillinger et le musicien

    Jean-Louis Marchand de la Compagnie Hector Protector.

    Tarif : gratuit

    Médiathèques et maisons de retraite

    Dimanche 24 octobre à 16h : Maison de retraite Saint-Charles, 31 rue Saint-Charles, Schiltigheim

    Dans le cadre de la « Semaine bleue seniors » organisée par la Ville de Strasbourg

    du 18 au 24 octobre 2010 :

    Mercredi 20 octobre à 11h : Médiathèque de Strasbourg – Hautepierre Jeunes, 27 boulevard Victor

    Hugo

    Mercredi 20 octobre à 15h30 : Médiathèque de Strasbourg – Neuhof, 4 impasse Kiefer

    Samedi 23 octobre à 11h30 : Médiathèque de Strasbourg – Neudorf, 1 place du Marché

    Samedi 23 octobre à 15h : Médiathèque de Strasbourg – Elsau, 10 rue Watteau

    Dimanche 24 octobre à 14h30 : Maison de retraite Le Bartischgut –Meinau, 7 rue Bartisch

    Marchés :

    Jeudi 2 décembre à 9h et 10h30 : marché de la Montagne Verte, place d’Ostwald

    Samedi 4 décembre à 9h : marché de la Musau, place de Wattwiller

    Samedi 4 décembre à 10h30 : marché de Neudorf, place du Marché

    Jeudi 9 décembre à 9h : marché du Neuhof, allée Reuss

    Jeudi 9 décembre à 10h30 : marché du Neuhof, route d’Altenheim

    Mercredi 15 décembre à 9h marché de Cronenbourg, rue de Pfettisheim

    Mercredi 15 décembre à 10h30 : marché de Cronenbourg, place de Haldenbourg

    Samedi 18 décembre à 9h et à 10h30 : marché de Hautepierre, place du Maillon

    DOSSIER DE PRESSE « DES MONDES DE PAPIER. L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG »

    GALERIE HEITZ- PALAIS ROHAN, 16 OCTOBRE 2010 - 31 JANVIER 2011

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    Mercredi 22 décembre à 9h et à 10h30 : marché du Faubourg national, rue du Faubourg national

    Marchés de Noël :

    Dimanche 28 novembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait

    Dimanche 28 novembre à 11h : place du Marché aux Poissons

    Samedi 4 décembre à 14h30 : place du Marché aux Cochons de lait

    Samedi 4 décembre à 16h : place du Marché aux Poissons

    Dimanche 5 décembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait

    Dimanche 5 décembre à 11h : place du Marché aux Poissons

    Samedi 11 décembre à 14h 30 : place du Marché aux Cochons de lait

    Samedi 11 décembre à 16h : place du Marché aux Poissons

    Dimanche 12 décembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait

    Dimanche 12 décembre à 11h : place du Marché aux Poissons

    Dimanche 19 décembre à 10h : place du Marché aux Cochons de lait

    Dimanche 19 décembre à 11h : place du Marché aux Poissons

     

     

    .

    DOSSIER DE PRESSE « DES MONDES DE PAPIER. L’IMAGERIE POPULAIRE DE WISSEMBOURG »

    GALERIE HEITZ- PALAIS ROHAN, 16 OCTOBRE 2010 - 31 JANVIER 2011

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    8. Prêts et bibliographie sélective

    Prêts

    Cette exposition présente essentiellement des oeuvres des collections des Musées de la Ville de

    Strasbourg ; le Cabinet des Estampes et des Dessins et le Musée Alsacien en conservent la majeure

    partie, soit près de 800 feuilles à eux deux. Au Musée Historique se trouve un ensemble d’une

    trentaine de personnages grandeur nature, édités par F.C. Wentzel, C. Burckardt et les successeurs

    de Burckardt.

    Les acquisitions des musées strasbourgeois sont essentiellement dues à l’activité de Paul Martin,

    alors conservateur du Musée Historique, qui, le premier en France, s’intéressa à l’imagerie de

    Wissembourg et organisa la première exposition sur ce thème en 1967 au Cabinet des Estampes de

    Strasbourg (alors situé dans la même salle que celle qui reçoit l’exposition de 2010). L’exposition fut

    reprise à Wissembourg en 1975 et Paul Martin rédigea à cette occasion un petit catalogue

    présentant l’imagerie de Wentzel et de ses successeurs.

    En 1947, le Musée Alsacien bénéficia de dons de la part de Charles Ackermann, qui avait alors

    arrêté son activité d’impression d’images, mais poursuivait la vente de planches. Georges Klein fit lui

    aussi quelques acquisitions isolées et le musée a pu acheter en 2010 un ensemble de 88 images,

    assorti d’un don de Madame Anmarie Bendel et de Monsieur Jean-Frédéric Muller, aujourd’hui

    propriétaires du fonds subsistant dans les anciens bâtiments de l’entreprise à Wissembourg.

    Madame Bendel et Monsieur Muller ont bien voulu nous prêter aussi des éléments permettant

    d’évoquer les techniques de la lithographie, entre autres une presse de la fin du 19

     

     

    e

    siècle, des

    registres d’expédition et des recueils de planches, ainsi que des pigments de couleur et le matériel

    permettant de les appliquer. S’y rajoutent quelques pièces exceptionnelles, comme l’image triple (en

    allemand

     

     

    Harfenbild –image en harpe), confectionnée selon une technique déjà pratiquée au 18

    e

    siècle.

    Le Musée Westercamp de Wissembourg met à notre disposition un certain nombre d’images datant

    des débuts de l’entreprise Wentzel, dont une planche datée de 1840 et signée par Jean Frédéric

    Wentzel lui-même, qui l’envoyait au préfet pour approbation. S’y ajoutent des sujets décoratifs

    provenant de trois recueils d’images achetés en 1991 par la Ville de Wissembourg à l’initiative de

    Monsieur René Schellmanns, alors conservateur du musée.

    Bibliographie sélective

    Dominique LERCH,

     

     

    Imagerie et Société. L’imagerie Wentzel de Wissembourg au XIXe siècle

    ,

    Publications de la Société Savante d’Alsace et des Régions de l’Est, tome XXI, 1982, Istra,

    Strasbourg, 334 p.

    Dominique LERCH,

     

     

    Imagerie populaire en Alsace et dans l’Est de la France

    , Presses Universitaires de

    Nancy, 1992, 330 p.

    Faszination Bild

     

     

    , catalogue d’exposition, Museum Europäischer Kulturen, Berlin, Preussischer

    Kulturbestiz, 1999, 432 p.

    Saints, Souverains, Pantins, Imagerie populaire de Wissembourg

     

     

    , catalogue d’exposition, Badisches

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